Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 17/02/2015
      • ELLE COURAIT COMME SI SA VIE EN DEPENDAIT : ROSES (Shakespeare/N. Béasse/Théâtre de la Bastille)

          • Les lumières s’éteignent, ça commence, et des voix disent : « excusez-moi, excusez-moi, pardon ». Surprise. Malaise. Est-ce que quelqu’un arrive en retard ? Quelqu’un se sent mal ? Quelqu’un s’en va ? Quelqu’un est énervé dès le début ? (Shahineze)

             

            J’ai vu une femme dans la pénombre se tenir en équilibre sur le bord de la table. Cela semblait presque surnaturel, comme si la suite de la pièce n'allait être qu'illusion, magie, sans nous raconter une histoire mais plutôt en nous enveloppant dans une atmosphère.  (Adèle) J’ai vu une femme voler sur une table, j’ai pensé à une séance de spiritisme (Shahineze)

             

            J’ai vu une femme transformer l’eau en vin, ou en sang, comme l’annonce d’un mauvais présage (Ines).

             

            Une pièce faite de fragments : à la fois une pièce sur le pouvoir, et les répétitions de cette pièce par des comédiens qui jouaient de très nombreux personnages. Je ne pouvais m’accrocher à un fil narratif ou même chronologique: j’étais perdue. (Adèle)

             

            J'ai vu une femme courir, suivie par les autres comédiens. J'ai eu l'impression qu'elle courait comme si sa vie en dépendait, et qu'elle cherchait un but  à sa course ou à sa vie : le bonheur ? (Marie) Elle court, elle tombe, elle est progressivement rejointe par d’autres, ils courent ensemble, dans un cercle, comme des amoureux qui courent les uns après les autres, des êtres qui courent après le pouvoir, des moutons, des hommes pris dans un courant, des gens qui veulent être ensemble. (Damon)

             

            Un groupe transporte un comédien qui s’agite dans tous les sens en criant « un cheval, mon royaume pour un cheval ! ». Une image de folie, de claustration, d’échec. (Damon)

             

            Des hommes portent un tissu de velours au bout de bâtons pour abriter une personne qui souffre : une tente, une image de guerre, un abri pendant l’offensive sur le champ de bataille (Ines)

             

            Des hommes secouent un vaste tissu : le mouvement des vagues, la force de la nature, une image sublime qui tranche avec le chaos des autres scènes. L’ai-je rêvée ? (Léa)

             

            J'ai vu une femme tenir une feuille représentant une couronne au dessus de la tête de son mari. Une image de la superficialité du pouvoir. Richard III a eu le trône par la force et non par le mérite. L’importance excessive des apparences. (Marie)

             

            Une large tache rouge sang sur la chemise d’un homme. Il s'énervait très fort contre celui qui avait renversé son verre sur lui mais aussi contre ceux qui riaient de cette situation cocasse. Un incident dans un dîner de famille. (Adèle) Une scène burlesque qui vire au tragique, un petit accident qui dérègle tout (Damon).

             

            J'ai vu un homme se faire violemment repousser par les autres, assis autour d’une table, les deux côtés d'un aimant qui se repoussent. (Marie) Il marche autour du banquet mais les gens attablés ne le voient pas, ne prêtent pas attention à ses convulsions. Il avait l’air d’un possédé, comme si on essayait de s’emparer de son corps ou qu’il essayait d’en sortir. (Ines).

             

            J’ai vu trois hommes transformés en marionnettes grotesques, qui n'étaient plus maitres de leurs actions ni de leurs paroles, qui étaient comme des pantins. (Adèle) Des mains de femmes, des corps d’homme, un texte anglais dit par une autre voix, des corps composés, réarticulés, simiesques. J’ai pensé aux sorcières de Macbeth mais je ne savais pas trop ce que ça faisait là (Lucie)

             

            Des animaux empaillés comme dans les vieilles maisons ou les vieux châteaux. J'ai trouvé ça dérangeant, et décalé. (Marie)

             

            J’ai vu deux hommes se plonger violemment le visage dans une bassine d'eau comme deux ennemis qui essaieraient de se noyer l’un l'autre. (Adèle)

             

            Un vaste rideau recouvre des comédiens, agité par leurs mouvements, leurs coups, leurs combats, comme si on essayait de retenir quelque chose qui allait exploser, comme si on devinait la violence cachée de la guerre. (Joy, Léa).

             

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