Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 12/01/2015
      • LECTURES DE QUELQUES ESSAIS : Bryson, Kott, Brook

          • EXPOSES SUR DIFFERENTS ESSAIS

            CONSACRES A SHAKESPEARE ET A SON OEUVRE

             

            Chacun d’entre nous a lu un petit texte consacré à Shakespeare (Bill Bryson, Jan Kott, Peter Brook, etc.). Nous avons présenté les principaux éléments de chaque ouvrage lundi 12 janvier en cours. Merci à Damon d’avoir pris des notes au fil des exposés et de permettre leur mise en commun sur le blog Shakespeare du lycée.

             

             

            Bill BRYSON : SHAKESPEARE, ANTIBIOGRAPHIE (2007), éditions "Petite Bibliothèque Payot"

             

            Ines : Les costumes.


            Bill Bryson est un écrivain américain né en 1951. Majorité de sa vie au Royaume-Uni.

             

                        Ce livre retrace la biographie de Shakespeare : un artiste inconnu, dont on ne connait même pas l'apparence ni la véritable orthographe du nom qui est approximative (Une coïncidence ? Je ne crois pas).

             

                        Le livre resitue le personnage dans son époque. Il a eu des jumeaux avec Anne Hathaway : Judy et Hamnet (qui lui a inspiré son chef d'oeuvre Hamlet)

             

                        La seule représentation d'un théâtre élizabéthin nous vient d'un néerlandais du nom de Witt. Avant les comédiens jouaient dans les cours d'auberge, c'est dés l'arrivée de Shakespeare qu'on trouve des théâtres dans les faubourgs. La reine Elizabeth aimait beaucoup le théâtre qui rapportait également beaucoup d'argent à son gouvernement (le livre montre même le prix des entrées qui varie si le spectateur est debout (1 penny), assis (2 pences) ou assis avec un coussin (3 pences)).

             

                        Décor : Le cadre devait être défini en quelque mots en raison des conditions de jeu auquel les représentations étaient soumises et faisaient appel à l'imagination des spectateurs, mais aussi du metteur en scène et des comédiens.

             

                        Les costumes étaient très élaborés ; on y consacrait un budget important. Ils devaient respecter les codes de l'époque qui étaient assez précis en fonction des différents rôles et rangs représentés. Il y avait également énormément de superstition : le vert par exemple est maudit au théâtre.

             

                        Macbeth est pour son passé considéré comme une pièce maudite ! On l'appelle la "pièce écossaise".

             

                        (Un jour par semaine le théâtre est fermé pour "laisser les fantômes jouer".)

             

             

            Bill BRYSON : SHAKESPEARE, ANTIBIOGRAPHIE (2007), éditions "Petite Bibliothèque Payot"

             

            Marie R: L'avènement du théâtre à Londres (Chapitre 4)

             

                     A la fin du XVIème siècle, on construit de nombreux théâtres qui n'attendent qu'à être utilisés pour rapporter de l'argent au gouvernement. Les théâtres n'avaient pas bonne réputation (personnages louches ou prostituées). En dépit de la concurrence avec Marlowe, Shakespeare est parvenu à s'imposer sur la scène.

             

            Tous les rôles sont interprétés par des hommes, les acteurs ont de faibles salaires.

             

            Quand la peste arrive, le théâtre ferme et Shakespeare disparait...

             

            La chronologie des oeuvres de l'auteur n'est pas facile à définir.

             

            Il s'est inspiré d'autres auteurs (ex : fable de Roméo et Juliette).

             

            Shakespeare emploie de nouveaux mots qu'il crée en quantité énorme : on lui attribue plus de 3000 mots nouveaux.

             

            "Le génie de Shakespeare n'avait pas tant à voir avec la vérité historique qu'avec l'ambition, le complot, l'amour et la souffrance, toute chose que l'école ne nous enseigne pas. Il était doué d'une sorte d'intelligence assimilative qui lui permettait d'opérer la synthèse de nombreux fragments disparates de son savoir."

             

            Bill BRYSON : SHAKESPEARE, ANTIBIOGRAPHIE (2007), éditions "Petite Bibliothèque Payot"

             

            Adèle :  Ce qu'il nous reste de Shakespeare

             

            Evocation de toutes les suppositions sur Shakespeare vraies ou non prouvées. On cherche à montrer que la plupart des choses que nous connaissons à propos de Shakespeare ne sont qu'hypothèses ou mystères non-résolus.

             

             Shakespeare est l'équivalent littéraire d'un électron : instable.

            Un portrait de Shakespeare a fait l'objet de nombreuses suppositions : le pourpoint fait-il de lui un noble ?

             

            Le troisième auteur le plus traduit au monde.

             

            Il y avait une énorme production de pièces dans le théâtre élisabéthain à cette époque, mais très peu ont été conservées : les 38 pièces de Shakespeare représente 15% des oeuvres conservées de l'époque.

             

            Il est né en 1564 (pas de jour précis...). Cette année-là, la peste fait rage en Angleterre, et chanceux, Shakespeare est parvenu à survivre et à nous offrir ses oeuvres. Il a été éduqué dans une très bonne école, il a appris le latin et le grec et tous les procédés rhétoriques imaginables : la discipline était très stricte dans son école. Shakespeare est parti à Londres laissant derrière lui sa femme et ses deux enfants. Mais il a envoyé de l'argent à sa femme jusqu'à la fin de sa vie.

             

                     La période de son apogée est la plus floue pour les historiens. De nombreux écrivains ont formulé de nombreuses suppositions sans pouvoir reconstituer ces années perdues. A l'époque Londres était une ville de criminels, la population était entassée, les rues suintaient la maladie et les déjections... Bill Bryson détaille la ville avec un indéniable sens du concret.  On ne peut qu'adhérer à la pensée de Bryson qui se base sur des anecdotes et des théories logiques qui ponctuent la lecture de l'essai qui est très agréable.

             

            Jan Kott : SHAKESPEARE NOTRE CONTEMPORAIN, 1962 (Edition Petite Bibliothèque Payot).

             

            Damien : En quoi Hamlet peut-il entrer en résonnance avec notre époque ? ou avec celle à laquelle écrivait Jan Kott (les années 1950)

                     Ian Kott est l'un des plus célèbres critiques et théoriciens polonais de son époque. A partir de 1966, il s'installe aux Etats-Unis, enseigne à Yale et Berkeley. Il nous quitte en 2001 laissant derrière lui son essai qui détaille les questions que Shakespeare pose sur notre monde d'aujourd'hui.

                     Dans le chapitre "Hamlet en ce milieu du siècle" Jan Kott montre comment cette pièce peut entrer en résonnance avec le contexte des années soviétiques. Il s'appuie sur Richard III, Hamlet, Le Roi Lear et Othello. Le trait commun des études de cette tragédie est examiné sous l'angle du théâtre : "Le scénario du prince Hamlet dépend de Fortinbras. Que doit-il représenter ? Le metteur en scène doit décider."

                     Ainsi les rôles offrent au metteur en scène certaines marges de manoeuvre afin d'actualiser les problèmes de son époque. Il s'appuie sur son expérience de spectateur dans son époque et notamment dans le contexte de l'U.R.S.S dans son siècle. Assistant à une représentation d’Hamlet dans les années 1950, il a le sentiment que le mot qui résonne le plus souvent sur la scène est le mot « surveillé » : dans la pièce comme dans sa société, tout le monde est surveillé.

                     " Le point de départ des mises en scène polonaises de Hamlet était fort semblable. Pour les Polonais des 50's, c'est une pièce politique, le personnage du prince de Danemark est complexe."

                     Finalement cette lecture bien intéressante offre une thèse claire qui désigne les rapports de force que met en scène Shakespeare dans son théâtre. « Son livre a la fraîcheur d'un témoignage écrit par un spectateur resorti du globe."

                     " Hamlet est comme une éponge. Il absorbe immédiatement tout notre temps."

                     " Le théâtre devrait trouver l'occasion de défendre avec vigueur les intérêts de son époque (Bertolt Brecht)"

             

             

            Peter Brook : AVEC SHAKESPEARE

             

            Oriane : Critique des "anti-stratfordiens"

             

                     Peter Brook est un metteur en scène anglais du Xxème siècle  né en 1925 qui a été initié au théâtre par son travail sur Shakespeare. C’est en travaillant sur son œuvre qu’il  a tout appris. Tout ce qu'on a sur Shakespeare n'est qu'approximation : ce dramaturge reste un grand mystère. C'est plus une icône qu'un homme. Peter Brook critique les « anti stratfordiens », ceux qui disent que Shakespeare n'a rien écrit. Peu importe son nom, cela ne change rien au mystère.

                     Chaque pièce et chaque personnage a sa propre identité : ce n'est pas l'acteur qui choisit la pièce, c'est la pièce qui choisit les acteurs. Ex : Lear. Pour la mettre en scène, il faut trouver le comédien.

                     « J'essaie de vous laisser entrevoir que nous sommes face à quelque chose que nous ne pourrons jamais comprendre ».

             

            Léa :

            "Oublier Shakespeare" : P. Brook explique l'importance des mots : ce sont les mots que le personnage utilise qui nous indiquent qui il est. Il faut jouer des êtres humains, et non des personnages littéraires. Un comédien doit donner la vie à des êtres humains.

                     Pour pouvoir jouer Shakespeare, il faut l'oublier pour commencer à le trouver.

                     « Propos sur Shakespeare »:  Brook insiste sur l'aspect intemporel de ses pièces, même si selon les pays, la façon de voir Shakespeare n'est pas la même. Il nous interroge sur l'extrême et singulière mémoire de Shakespeare qui a pu s'imprégner de tout ce qu'il a vu et entendu lors de ses voyages.

                     P. Brook nous parle de la fonction de poète de Shakespeare : il associe le langage commun à un langage élaboré qui donne un caractère hybride à ses pièces.

                     « Le roi Lear : La pièce est le chemin » (Entretien avec Georges Banu) : Brook a monté cette pièce sous trois formes différentes : à la télévision, au théâtre et au cinéma. On ne peut monter une pièce d'une envergure telle que le roi Lear que quand on trouve l'acteur capable d'endosser le roi Lear. La monter ne peut partir que d'une conviction nourrie par des acteurs capables de donner vie à la pièce.

                     "Le texte n'est pas une analyse psychologique des personnages."

                     Le roi Lear est une grande pièce métaphysique !

                     " Chez Shakespeare, chaque vers est un atome qui, si on sait le faire éclater, libère une énergie infinie "

             

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