Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 26/12/2015
      • SHAKESPEARE RETOURNE AU LYCEE : Rencontre autour de la traduction des Sonnets

          • Shall I compare thee to a Summer’s day ?

            Thou art more lovely and more temperate.

             

            Lundi 14 décembre 2015, on a pu entendre ces vers de Shakespeare dans la salle i 17.

             

            Joël Hillion est un ancien professeur d'anglais qui est venu rendre visite à la classe de seconde 7 au lycée Montaigne pour lui parler de sa passion : les sonnets de Shakespeare. Depuis plusieurs années, Joël Hillion s'intéresse énormément à cet auteur à qui, maintenant qu'il est à la retraite et qu'il a plus de temps libre, il se consacre entièrement. Il travaille surtout à la traduction et à la maîtrise des sonnets. En tout, Joël Hillion a traduit les 154 sonnets de Shakespeare qui sont connus du public à ce jour (Louise)

             

            Il nous a, dans un premier temps, présenté la vie de Shakespeare dans les plus profonds détails. Nous avons appris que le poète était né en avril 1564 (date de son baptême, donc date approximative de sa naissance ), et qu'à l'âge de 17 ans il commença ses études à la "Grammar school". Mais c'est aussi à 17 ans qu'il eut son premier enfant. Pendant 5 ans, il ne donne plus aucune nouvelle de lui et jusqu'à aujourd'hui personne ne sait où il a pu être pendant ces 5 années. C'est en 1590 qu'il débute l'écriture de ses pièces et il devient par la suite un très grand auteur à succès. En 1610, il retourne à Stratford, sa ville d'origine. Il meurt le 23 avril 1616 et est encore aujourd'hui un des plus grands poètes. (Tatiana)

             

            Depuis son enfance, Monsieur Hillion était un passionné de Shakespeare. Il a lu plusieurs traductions différentes des sonnets mais n'était jamais satisfait. "Pourquoi ne le ferais-je pas moi-même ?" s'est-il dit, et c'est à partir de ce jour que son livre a commencé à naître. (Christine)

             

            Aussi nous a-t-il donné de précieuses indications sur ces sonnets tellement personnels qu'ils ont failli ne jamais être publiés. Ils sont liés entre eux et racontent une histoire. Comme des "selfies de Shakespeare" selon Joël Hillion, ces sonnets racontent un passage de la vie de l'auteur et mettent en scène trois personnages : un jeune homme, qui se nomme W.H, une femme sombre, l’amante de Shakespeare, et l’auteur lui même (Victoire)

             

            Ces sonnets ont quelque chose que les autres oeuvres de Shakespeare n’ont pas : à travers ces vers, l’auteur exprime ses sentiments personnels. Cela explique peut-être le fait que ces travaux ne furent jamais publiés par l’auteur. Nous devons notre connaissance de ces sonnets à Thomas Thorpe, un de ses admirateurs de l’époque qui les a récupérés et publiés après sa mort. Joël Hillion nous a expliqué que son objectif n’était pas simplement de traduire mot à mot les textes mais plutôt de les adapter afin d’en transmettre de manière optimale le sens et les émotions. De plus, il a essayé d’utiliser le plus de mots simples, afin que cela soit compréhensible à un auditoire plus large. (Xiu-Heng)

             

            Bien qu'il ne reproduise pas les rimes de Shakespeare, Joël Hillion essaie, dans la majorité de ses traductions, de faire apparaître des figures de style. Joël Hillion a ensuite lu certaines de ses traductions, parfois sur un fond musical, parfois sans. (Louise)

             

            Avant de nous quitter, certains ont récité le sonnet 18 en anglais devant Joël Hillion. Il nous a fait remarquer que l’anglais était une langue dans laquelle il fallait accentuer plus qu’en français, un peu comme si on chantait. Il nous a ensuite expliqué que cela était dû au fait que la proportion voyelles - consonnes était différente en anglais et en français.

            (Xiu-Heng)

             

            J’ai appris que la poésie anglaise répondait à une mélodie appelée le pentamètre iambique (« dim dam dim dam dim dam dim dam dim dam ») alors que la poésie française en alexandrin ferait plutôt « dadadam dadadam dadadam dadadam ». Joël Hillion a fait le choix de traduire les poèmes en alexandrins. Il a essayé de respecter les émotions que l’auteur voulait transmettre tout en trouvant une forme adaptée en français. Ce qui m’a marqué, c’est d’apprendre qu’à l’époque de Shakespeare, l’accent anglais était différent d’aujourd’hui. Le fameux « to be ol not to be » se prononcait en fait « tou bai or not tou bai ». J’ai trouvé que Joël Hillion était très chaleureux avec nous et captivant dans ses explications. (Nabil)

            Ah, te comparerai-je à un beau jour d’été,

            Toi qui es tellement plus beau, plus tempéré ?

             

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