Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 09/12/2014
      • UN PROJET ETWINNING SUR SHAKESPEARE (entre la classe de 2nde9 et une classe polonaise)

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            LES ELEVES DE 2NDE 9 ONT IMAGINE AVEC L'AIDE D'UNE CLASSE D'ELEVES POLONAIS UNE PREMIERE REECRITURE CONTEMPORAINE DU MACBETH DE SHAKESPEARE

            Dans le cadre d'un projet etwinning, cette réécriture sera jouée en plusieurs langues (anglais, français, polonais, espagnol, allemand), elle sera filmée et postée à une classe polonaise partenaire du projet.

            A leur tour, les élèves polonais enverront aux élèves de 2nde9 leur réécriture jouée et filmée de Roméo et Juliette.

            Les deux classes échangeront sur leur travail.

             

            Scène 1

            Un personnage insolite se lève du public et se positionne en plein milieu de la scène. Il s’adresse au public.

             

            Bonjour, moi c'est Dominique. Je suis là pour vous parler de Macbeth. Je ne vous en dis pas plus, je préfère que vous le découvriez par vous même. (Il montre du doigt deux hommes) Vous voyez nos deux amis Macbeth et Banquo assis là-bas ? Inséparables, jamais l'un sans l'autre depuis leur plus jeune âge. (Se redresse et parle plus fort). Et puis il y a eu l'ambition. Moi aussi j'ai connu ça. Ah l'ambition! Ca me fait penser à mes jeunes années, je rêvais déjà d'être détective, j’étais prêt à tout pour le devenir, même à tuer mon meilleur ami. Bref. On m'a contacté pour régler une grosse affaire. Ça vous intéresse ? Bon alors je vous raconte. Il se place sur le côté de la scène.

             

            Scène 2

            Macbeth et Banquo sont dans un bar.

             

            Macbeth: (Au barman) Deux bières, s'il vous plait.  (A Banquo) Ca valait le coup de travailler autant : on l'a enfin eu ce contrat tant attendu. Maintenant, nous sommes tranquilles.

            Le barman amène la commande.

            Banquo: (Prenant son verre) Je commençais vraiment à perdre espoir, les concurrents étaient tous déterminés. J'étais surpris qu'autant de personnes se battent pour l’avoir, ce contrat.

            Macbeth: Le combat était rude, mais on en est sortis vainqueurs ! Huit heures d'attente, de débat, de négociations. Huit heures d'écoute, de patience, de concentration. Je crois que c'était la journée la plus épuisante de toute ma vie.

            Banquo: Je dois t'avouer que tu as fais du bon travail, tu as de sacrés talents de négociateur, tu réussis à t'imposer comme il faut. Tu pourrais avoir une sacrée carrière (prenant une gorgée de son verre). Vraiment une belle carrière !

            Macbeth: C'est gentil, mais il ne s'agit pas uniquement de mon mérite, on est une équipe unie, soudée, qui s'entraide. Si on n'avait pas eu toutes ces qualités, on n’en serait pas arrivés là aujourd’hui.

            Banquo: Tu as raison, on est une bonne équipe. On a bien toutes les raisons de fêter cette victoire dignement! (Levant son verre) A la nôtre!

            Macbeth: (Répondant à son geste) A la nôtre, à notre équipe, notre entreprise et bien sûr, notre victoire!

            Macbeth et Banquo continuent à  boire leurs verres, et en commandent deux autres.

             

            Scène 3

            Macbeth et Banquo marchent dans la rue. Ils passent devant un groupe de trois prostituées. L'une d'entre elles apostrophe Macbeth.

             

            Première prostituée : Bonsoir mon chéri ! Eh, je te parle ! Oui, toi, toi, Macbeth!

            Macbeth : Comment connaissez-vous mon nom?

            Première prostituée : Comment pourrions-nous l’ignorer ?

            Deuxième prostituée : L'illustre Macbeth est connu des plus grands.

            Troisième prostituée : Sa destinée aussi est connue.

            Macbeth : Je ne vous crois pas. (A Banquo) Allez, allons-nous en, ce sont des folles. Elles font ça pour qu’on s’arrête, elles veulent nous faire des propositions.

            Banquo : Tu es sûr ? Mais elles connaissent ton nom. Tu devrais peut être les écouter.

            Macbeth : Tu crois ?

            Banquo : Qu’est-ce qu’on risque ?

            Macbeth (aux prostituées) : Alors comme ça, vous connaissez ma destinée ? Et qu’est-ce qu’elle me réserve, hein ? ça m’intéresserait de le savoir. Qu’est-ce que vous savez exactement, mesdames « je sais tout » ?

            Première prostituée : Tu deviendras un homme célèbre.

            Deuxième prostituée : Je te promets la gloire.

            Troisième prostituée : Je t’annonce le pouvoir.

            Macbeth : Ah oui, mais ça c’est un peu trop facile, parce que c’est bien vague !

            Première prostituée : Ducan saura reconnaître tes talents de cadre.

            Deuxième prostituée : Demain, il t’annoncera ta promotion.

            Troisième prostituée : Et le meilleur sera à venir.

            Macbeth : C'est à dire?

            Troisième prostituée : (Elle rit) A ton avis?

            Première prostituée : Tu prendras sa place : tu deviendras le PDG de l'entreprise.

            Deuxième prostituée : Les hommes d'affaire adversaires te respecteront.

            Troisième prostituée : Les femmes seront à tes pieds.

            Macbeth : Bien sûr, et ensuite je serai président de la République hein ? Pourquoi pas ?

            Banquo : Et moi, vous ne me dites rien ? Quel sera mon avenir à moi ? Eh ! Répondez !

            Les trois femmes s’en vont.

            Macbeth : Ce sont des folles, elles racontent n’importe quoi. Allez, on s’en va. Il ne faut pas rester là.

             

            Scène 4

            Le détective regarde Macbeth puis il s’adresse au public.

             

            Le détective : On croit que les mauvaises idées viennent des autres, mais ne soyons pas naïfs : elles sont en nous, elles sommeillent mais il ne faut pas grand chose pour qu'elles en viennent à se réveiller et qu’elles ne finissent par dominer notre conscience et nos sentiments. Comme vous venez de le voir, ces trois prostituées viennent de faire appel aux sombres pensées enfouies au plus profond de Macbeth. Cela ne présage rien de bon.

             

            Scène 5 :

            Bureau du directeur Duncan. On frappe.

             

            Duncan : Entrez !

            Macbeth entre dans le bureau.

            Macbeth, légèrement inquiet : Bonjour. Vous m'avez fait convoquer ?

            Duncan : C'est exact. Macbeth je vous ai demandé de venir me voir aujourd'hui pour vous parler d'une chose…

            Macbeth anxieux : Je vous écoute.

            Duncan : J'ai parlé à Banquo : Il m'a raconté votre dernier succès : très impressionnant.

            Macbeth, rassuré : Oh ce n'est rien monsieur. Je vous remercie.

            Duncan : Je crois que je sais comment vous prouver ma reconnaissance.

            Macbeth : Comment ça ?

            Duncan : Allons, vous êtes un cadre brillant et dynamique. Je devrais même dire que vous êtes maintenant un bon « directeur général ».

            Macbeth, n'en croyant pas ses oreilles : C’est une plaisanterie ?

            Duncan : Je n’ai jamais été plus sérieux. Félicitations. Ils se serrent la main.

             

             

            Scène 6 :

            Bureau de Lady Macbeth. Son assistante lui passe le téléphone.

             

            L’assistante : C’est votre mari.

            Lady Macbeth : Merci. (au téléphone) Oui, mon amour ?

            Macbeth : Excuse-moi de te déranger dans ton travail, mais je voulais t'annoncer une grande nouvelle. Je suis allé boire un verre aujourd'hui avec Banquo pour fêter le fameux contrat dont je t'avais parlé. En retournant au travail, il s'est passé quelque chose d'anormal...

            Lady Macbeth : Quoi donc ?

            Macbeth : Et bien figure-toi que trois prostituées m'ont accosté sur le chemin du retour...

            Lady Macbeth : Des prostituées ? Elles t'ont accosté ? Qu’est-ce que tu as fait ? Explique-toi !

            Macbeth : Ce n’est pas ce que tu crois. Elles ne m’ont pas fait de proposition malhonnête : elles m'ont en quelque sorte prédit l'avenir. Elles m’ont dit que ma carrière allait connaître le jour même un tournant et qu'un jour je finirai même par devenir le PDG de l'entreprise.

            Lady Macbeth : Elles t'ont sûrement raconté des mensonges. Comment pourraient-elles savoir ce genre de choses ? C’était un moyen pour te demander de l’argent.

            Macbeth : Mais écoute la suite : moi aussi je croyais qu’elles faisaient ça pour plaisanter mais je n’en reviens toujours pas de ce qui s’est passé. Lorsque je suis revenu au travail, le PDG de l'entreprise m'a demandé de venir dans son bureau pour me récompenser de mes bons résultats commerciaux. A la fin de l’entretien, il m’a annoncé qu’il me nommait directeur adjoint ! Le poste que tout le monde convoitait.

            Lady Macbeth : C'est formidable ! Je suis très fière de toi mon chéri !

            Macbeth : Oui, c’est formidable, mais c’est troublant aussi : c’est exactement ce qu’elles m’ont annoncé. Je ne sais plus quoi penser de leur deuxième prédiction : il n’y a aucun raison que je devienne PDG mais je n’arrête pas d’y penser.

            Lady Macbeth : Il n’y a aucune raison tant que ton patron est en vie. Mais il n’est pas immortel. Et manifestement le destin est contre lui. S’il venait à mourir, tu prendrais sa place, et on peut aider le destin. Tu devrais l’inviter à la maison dès demain pour fêter l’événement.

            Macbeth : Tu as raison, je vais lui faire la proposition. Nous en reparlerons ce soir.  Je te laisse travailler.

            Lady Macbeth : Tu as bien fait de m’appeler. Je suis fière de toi, ça va être merveilleux. Je t’aime.

             

            Scène 7

            Chez les Macbeth, à table, fin du repas, tout le monde est de bonne humeur, rires.

             

            Duncan (riant) – J’aurais aimé rester plus longtemps en votre compagnie mais il se fait tard, je dois partir. Merci pour ce succulent dîner. Macbeth je vous dis à lundi. (Il se lève)

            Macbeth – A lundi mon cher Duncan.

            Lady Macbeth – Au revoir Duncan, c’était un plaisir de vous recevoir, j’espère que nous aurons l’occasion de le faire plus souvent. (Ils le raccompagnent à la porte).

            Duncan : Oh, j’ai failli oublier mes clefs de voiture. Où sont-elles ? Ah ! les voilà ! Merci encore.

            Lady Macbeth (après avoir refermé la porte, à mi-voix) – As-tu saboté la voiture correctement ?

            Macbeth – Oui, j’ai saboté le frein. Mais que se passera-t-il si on découvre que l’accident a été préparé ?

            Lady Macbeth – Ce n’est pas le moment de penser à ça !

            Macbeth – Quand je pense à la manière dont il me traite, à sa bonté, sa générosité, je n’arrive pas à comprendre pourquoi je veux sa mort.

            Lady Macbeth – Arrête de penser comme un lâche. Tu le veux, ce poste ? Alors fais ce qu’il faut ! Sois un homme. Arrête de réfléchir, allons nous coucher et attendons demain matin.

             

            Scène 8

            Macbeth, Lady Macbeth (au téléphone : un policier)

            Dans le salon de Macbeth. Le téléphone sonne, Macbeth répond à l’appel.

             

            Le policier : Bonsoir, excusez- moi de vous déranger, il faut que je vous annonce une mauvaise nouvelle, monsieur.

            Macbeth : Je vous écoute, que se passe-t-il ?

            Le policier : Votre ami a eu un terrible accident de voiture, il est mort sur le coup, l’ambulance est arrivée trop tard, ils n’ont rien pu faire…

            Macbeth : Oh mon dieu ! quel cauchemar… comment est-ce arrivé ?

            Le policier : Nos équipes sont en train de mener une enquête, et, nous avons découvert un défaut avec les freins, nous soupçonnons un sabotage.

            Macbeth : Mais c’est horrible ! Qui aurait pu commettre une chose pareille ? Avez-vous des pistes ?

            Le policier : Nous n’en avons aucune idée, mais les recherches avancent  à grand pas, hélas je ne peux rien vous dire d’autre.

            Macbeth : Oui je comprends. Pourrez-vous me tenir au courant ? C’est un tel choc ! C’était un ami très proche vous savez.

            Le policier : Oui, bien sûr. Je vous laisse. Bonsoir Monsieur.

            Macbeth : Merci beaucoup, bonsoir. (Macbeth raccroche le téléphone et se tourne vers sa femme qui a l’air réjoui. Il a l’air inquiet.) Ça y est, Duncan est mort… Je n’en ressens aucun soulagement. Je croyais éprouver une joie brutale et je me sens en réalité comme écrasé.

            Lady Macbeth : Ne sois pas lâche. La chose est faite, enfin. Tu sais ce que cela veut dire ?

            Macbeth : Oui, demain je serai PDG.

             

            Scène 9

            Macbeth marche dans une ruelle sombre. Il rencontre trois femmes qui l’accostent.

             

            Les trois femmes : Bonjour Macbeth, nous t’attendions

            Macbeth (étonné) : Qui est là ?

            Trois femmes sortent de nulle part

            Les trois femmes : C’est nous, nous t’attendions

            Macbeth : Mais que faites-vous ici ?

            Les trois femmes : Nous avons une autre prédiction à te faire !

            Macbeth : D’où tenez-vous vos renseignements, comment avez-vous prédit que je deviendrai PDG ? Révélez-moi votre secret !

            Les trois femmes : Aucun homme ne découvrira votre secret

            Macbeth (choqué) Q…Q…Quoi ? Que voulez-vous dire ?

            Les trois femmes : Aucun homme ne saura que toi et ta femme avez saboté la voiture de l’ancien PDG, tu as bien entendu ? « aucun homme » !

            Macbeth : Mais …. Que ….

            Les trois femmes : Au revoir Macbeth

            Les trois femmes disparaissent.

            Macbeth : Attendez… attendez ! Revenez ! Pourquoi me dites-vous ça ? Espèces de folles ! Aucun homme ne découvrira mon secret ? Vous savez ce que ça veut dire ? hein ! Que je suis invincible ! Que je suis intouchable ! Hahahaha ! Que je resterai le numéro 1 jusqu’à ma mort !

             

            Scène 10

            Le narrateur/détective entre sur le scène et repose un gros dossier sur son bureau.

             

            Le détective : Affaire résolue ! Tous les éléments contre Macbeth sont là, dans ce dossier. Je vais l’arrêter. C’est lui le coupable. Lorsqu’il a reçu Duncan pour diner, il est sorti un instant de chez lui pour saboter les freins de la voiture de Duncan. (Regard moqueur sur le public) Certains doivent se demander comment j’ai fait pour trouver tout cela, alors que les prostituées avaient prédit qu’aucun homme ne pourrait découvrir ce qu’a fait Macbeth. (Il ôte son chapeau) C’est bien simple pourtant : je suis une femme !

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