Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 26/03/2018
      • BOVARY : Tiago Rodrigues

          • Ouverture :

            Lorsqu'on entre dans la salle, les comédiens sont sur scène, ils tiennent des feuilles blanches et les lancent, parfois par paquets, parfois une par une. Cela forme peu à peu un tapis blanc sur le plateau. Ils n'ont pas l'air de se soucier de ce qu'ils font, ils le font de manière un peu machinale en regardant le public. Il n'y pas de "quatrième mur", les comédiens montrent par leur regard qu'ils ont conscience de notre présence. Ces feuilles sont bien sûr une allusion au statut d'écrivain de Flaubert : un homme dont le papier est la matière première. Par la suite, ce tapis de feuille est utilisé par les comédiens : à chaque fois que l'avocat ou le procureur cite un passage, ils prennent une feuille au sol et la "lisent". (Hugo)

             

            Le procès :

            La pièce prend d'abord la forme d'un procès. On entend la voix du procureur impérial (Pinard) joué par une femme et de l'avocat de Flaubert. Le procureur résume le roman rapidement avec les faits principaux, en prétendant être objectif alors qu'il exagère d'emblée certaines choses : il insiste sur des détails auxquels il donne de l'importance pour montrer le caractère sensuel et immoral du roman (Emma se mord la lèvre). Son résumé a un aspect très comique par sa mauvaise foi, sa volonté de souligner certains éléments avec ironie (Charlotte)

            Ce qui est troublant et riche, dans la pièce, c’est le mélange des voix qu’on y entend. Ces voix sont parfois jouées par des comédiens distincts, tantôt par le même comédien qui change de rôle, ce qui est parfois très drôle. On entend la voix du procureur et de l’avocat, mais ensuite les avocats jouent des scènes du roman, ils jouent plusieurs rôles : l'avocat joue le pharmacien, le procureur joue la fille d'Emma et Charles, l'amant Rodolphe, le comte lors du bal. On entend Flaubert, l'accusé. On entend les personnages du roman : Emma et Charles, etc. Les voix sont multiples, les discours aussi (discours juridique, personnel, littéraire, discours réellement prononcé, discours fictionnel, etc.) (Charlotte)

            Au début du procès, le procureur accuse Flaubert, mais à la fin de la pièce, on voit qu'il accuse Emma. Là aussi, la réalité et la fiction sont mêlées (Charlotte)

            Le procureur est un personnage très rigide et sévère, joué par une femme. A un moment du spectacle, elle donne un baiser à Emma au moment où elle interprète l'un des personnages du roman. C'est un moment troublant : parce qu'elle est le procureur opposé à Emma, parce qu'elle est une femme, et parce qu'elle va l'embrasser ensuite à plusieurs reprises, comme si elle était devenue amoureuse d’Emma. Les comédiens enchaînent progressivement les baisers, tout le monde embrasse tout le monde. C'est une évolution qui fait beaucoup rire le public. (Charlotte)

             

            Scénographie :

            La scénographie contient peu d’éléments mais elle est en perpétuelle évolution. A un moment Charles dégage un passage pour sa femme au milieu des feuilles au début de leur histoire : cela suggère son admiration et son amour, comme s'il lui déroulait un tapis rouge. (Hugo)

            Les comédiens passent leur temps à déplacer les meubles qui se trouvent sur scène : des chaises des tables, des sortes de paravents. Ils commencent par les placer au milieu comme pour créer un tribunal : c'est le moment de l'audience. Ils s'adressent à nous directement, comme si nous étions les  auditeurs de ce procès, comme si nous étions dans le tribunal (les audiences sont publiques). (Hugo)

            Lorsqu'ils se mettent à jouer une scène en tant que personnages du roman, ils changement la scénographie. Par exemple, lorsqu'ils sont à cour, ils aménagent une pharmacie avec quelques tables et des chaises. On passe du tribunal à un lieu de la fiction romanesque. Cette alternance fonctionne pendant toute la pièce. (Hugo)

             

            Voix :

            La pièce permet d’entrer dans le roman, nous le parcourons, nous le découvrons ou le redécouvrons, il est mis en scène comme une action dramatique, mais il est aussi une analyse de ce roman par l'affrontement de l'avocat et du procureur. Cela opère un mélange entre une lecture et une analyse, une interprétation. On comprend « en action » ce que signifie lire une oeuvre, l'interpréter. (Hugo)

            La mise en scène du bal offre une vision très contemporaine d'Emma Bovary : danse, costume et musique d'aujourd'hui. Cette pièce est une manière de nous montrer l'actualité de ce roman qui n'a rien d'une oeuvre limitée au XIXe siècle (Hugo)

             

             

            En quoi cette mise en scène peut-être elle interprétée comme une réflexion en actes sur la notion de liberté ?

            Quel est l’intérêt de l’entrelacement de scènes du procès et de scènes du roman ?

            Qu’apporte à la pièce le travail sur l’enchevêtrement de voix différentes ?

            En quoi cette mise en scène propose-t-elle une réflexion en actes sur l’idée de danger ?

            Quel sens la distribution des rôles aux différentes comédiens (et de plusieurs rôles au même comédien) donne-t-elle à la pièce ?

             

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