Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 20/10/2018
      • CE QU'ON NE VOIT JAMAIS : ATELIER (Théâtre de la Bastille/tgStan, de Koe, M.Discordia)

          • Le comédien, comme tout artiste, a-t-il un atelier pour répéter et exercer son art ?

            Un spectacle sur l'art du théâtre, l'atelier du comédien, qui nous montre toutes les étapes qui mènent à la création d'un spectacle : les comédiens commencent par créer leur plateau, puis ils marchent sur ce plateau, l'essaient, travaillent avec leur corps dans l'espace ; élaborent leur décor (la scénographie), travaillent leur texte, se nourrissent pour prendre des forces avant d'entrer en scène, mettent leur costume, se lavent (avec des pulvérisateurs), mettent une perruque, vont aux toilettes (un urinoir), et entrent en scène (crucifixion, souffrance, don de soi : l'homme sur la poutre est un  Christ). Mais nous ne  verrons pas le spectacle : le noir se fait et on retrouve les trois hommes assis autour d'un feu (Léa, Casey)

            On entre dans la salle, le public est divisé en deux parties opposées qui se font face : le dispositif est bifrontal. Cela nous permet de voir les réactions des spectateurs qui se trouvent en face de nous : des gens riaient, d'autres baillaient, certains souriaient, certains n'avaient aucune expression. Nous faisions partie de la pièce, nos réactions étaient aussi intéressantes à observer que le jeu des comédiens. Ils étaient aussi une sorte de miroir de nous-mêmes. (Hugo) La situation nous permettait de constater la variété de nos réactions, notre diversité, de sentir la différence de nos sensibilité, la richesse à la fois du spectacle et de sa réception. (Lucy)

            Au début, les comédiens ôtent les caisses en plastique qui se trouvent sur scène. Ils les disposent par terre de manière régulière puis installent des planches dessus de manière assez violente : ils construisent leur plateau. Ce moment dure longtemps. On ne comprend pas ce qu'ils font exactement, ni le but de leur action. Ils le font au son d'un concerto de Beethoven assez endiablé et finissent la construction du plateau au moment où le morceau s'achève. Le contraste est fort entre la musique et le bruit des planches. Le spectacle joue beaucoup sur le comique visuel, sur les répétitions de gestes grotesques, sans parole. Cela  m'a fait penser aux films burlesques américains des années 40. (Jeanne, Corentin)

             

            Après avoir construit ce plateau, les trois comédiens s'arrêtent, se placent tous les trois d'un côté et se battent pour être le premier à commencer (ils se poussent, s'observent, se provoquent). Chacun à leur tour, ils traversent ce plateau dans le sens de la longueur. Leur démarche est comique, l'un imite la démarche des mannequins de mode, un autre se montre maladroit, etc.. On a le sentiment qu'ils cherchent à se mettre en valeur, comme pour être choisis par le metteur en scène.  (Jade

            Ce plateau de fortune n'est pas très stable : les planches ont tendance à bouger, les comédiens perdent parfois l'équilibre. C'est une manière, sans doute, de suggérer l'instabilité de la position du comédien sur scène, les risques qu'il y a à monter sur scène. Cela souligne l'audace, le courage qu'il y a à le faire. (Alice)

            Un bowling improvisé : les trois hommes prennent des objets divers, tout ce qui se trouve dans la salle et ils les lancent sur le plateau ou les posent à des endroits précis, sans que le spectateur en comprenne le sens (Jeanne). Ils posent la matière, puis ensuite la travaillent. Ils ne savent pas tout de suite comment cela sera utilisé, mais ces objets seront utilisés plus tard dans la pièce : le marteau (Jade)

            On a l'impression qu'ils protestent contre quelque chose, qu'ils traduisent leur mécontentement (Maya)

             

            Cela ressemble à un jeu, tout est source de distraction. Leur préparation pour le théâtre est déjà du théâtre.  On peut jouer, faire du théâtre avec tout. Cela souligne le rapport du théâtre à l'enfance, au jeu. (Lucy)

             

            Cette construction met beaucoup de temps à avoir du sens : ils utilisent une bâche, des planches, du papier, des clous, ils ont besoin d'un très long temps pour que cela prenne du sens. (Malo) Tâtonnement.

            Tout au long du spectacle, on voit les choses se construire et se déconstruire. Est-ce l'image de la construction d'un personnage, de la recherche sur un texte, de la tentative ? (Camille)

            Au début de la pièce, les trois comédiens sont habillés de la même manière : une veste de costume, un pantalon noir, et un débardeur noir. Ils se salissent beaucoup et à un moment, ils se changent : ils mettent leur costume de scène (Léa, Casey)

            Une vidéo est projetée à la fin du spectacle : un homme évoque le chaos et déclare que ce chaos est organisé. « Tout ce que vous avez vu a été voulu et chorégraphié. Il y aura trois morts et un non. Ou quatre personnes avec un mort et trois personnes qui partiront parler affaire ».  (Hugo, Corentin). Cette vidéo éclaire le sens du spectacle tout à la fin et nous invite à reconsidérer ce chaos en voyant en lui quelque chose de construit (Léa, Taïna)

            Henri Guillemin historien ?

            Une phrase est affichée sur scène : «une phrase incompréhensible... qui a du sens » : elle fait écho à notre perception du spectacle, nous invite à comprendre son sens (jeanne)

             

            Ils sont assis. Tous lisent un livre. L'un porte un grand livre et écoute les bruits de la nature. Un autre lit et arrache les pages au fur et à mesure de sa lecture. Le troisième lit tantôt sur un ordinateur, tantôt dans un livre papier qu'il peigne consciencieusement (Clara). Le comédien a l'air  concentré dans sa lecture de l'ordinateur, tandis que le public rit. C'est un jeu sur les accessoires : on peut transformer un ordinateur en livre (Clara) Cela suggère aussi la possibilité d'utiliser différemment un même accessoire, de lui donner des sens variés, différentes manières d'entrer dans un texte (Jade)

            A la fin du spectacle, les lumières s'éteignent et l'un des comédiens s'allonge sur une poutre, puis se suspend à une autre à la force de ses bras, il monte dans les cintres, s'élève. Les lumières s'éteignent, une lumière rouge apparaît, et on entend une musique classique. On a d'abord l'impression que c'est le début du spectacle, mais aussitôt la musique s'arrête et il redescend : il s'agissait peut-être uniquement d'une répétition. (Youna) Le ralenti de la montée crée une ambiance onirique : le comédien est dans un rêve de perfection (Taïna)

            Ce moment est associé à l'idée de mort : il porte une trace rouge sur le torse, on a en tête les mots de la vidéo sur le mort : C'est une sorte d'illustration de cette mort, évoquée dans la vidéo (Janet) Cela crée un lien entre la parole de la vidéo et ce qui se passe concrètement sur scène (Léa)

            D'une certaine manière, le comédien s'élève par son travail et son talent, par rapport aux autres hommes, il atteint une dimension autre, supérieure. (Héloïse)

             

            Le comédien est soulevé sur une poutre, en une sorte de crucifixion ou d'élévation. (Corentin) Moment de l'entrée en scène ? Douleur et métamorphose ?

             

            Noir : ellipse (Antoine)

            A la fin du spectacle, les trois comédiens sont réunis  autour d'un feu, dans la nuit, en une très belle image. On pense à des SDF, au fait que ces comédiens n'ont plus de travail, leurs costumes suggèrent leur pauvreté (Antoine, maya). Mais une ampoule descend du ciel, brillante, qui contient un liquide phosphorescent, chacun en boit une gorgée. C'est un symbole, peut-être, d'espoir (Antoine). C'est un symbole du savoir, de la recherche de la vérité, de la communion (Corentin) Elle symbolise l'idée du spectacle, l'inspiration, les choses deviennent belles à voir, esthétiques. Une idée tombée du ciel (Arthur)

            Croire à...

             

            On a l'impression d'un chaos total, d'une absence de maîtrise, mais le spectacle dure exactement 40 minutes. C'est un chaos extrêmement maîtrisé. (Thyl)

             

            Ce spectacle m'a donné l'impression d'entrer dans un cerveau d'artiste, un cerveau en ébullition. Les trois comédiens peuvent être interchangeables, ils sont vêtus de la même manière, réalisent des actions parallèles ; ou bien on peut penser que chacun occupe une fonction spécifique : l'imagination, l'homme, le comédien (Juliette)

            Ecart important entre la musique (classique, harmonieuse : concerto de Beethoven) et l'action (jet d'objets, chaos...). (Thyl)

            Une musique très forte. L'un des comédiens est allongé sur une poutre de bois qui est soulevée par des guindes. Un de ses partenaires trace sur lui une ligne de peinture rouge. Puis il est soulevé comme un dieu qu'on élèverait vers le ciel. On peut aussi avoir la sensation que cette scène est une figuration de la mort, une ascension vers le paradis. (Léa)

            Cette trace de peinture rouge et cette élévation faisait également songer à un sacrifice. (Casey)

            Tout devient jeu : les objets sont utilisés comme au bowling. (Casey)

             

            Comment ce spectacle raconte-t-il les étapes du travail du comédien ?

            En quoi consiste l'humour de ce spectacle ? En quoi aborde-t-il le métier du comédien de manière humoristique ?

            En quoi l'image donnée du travail du comédien est-elle singulière ?

            Quelle place ce spectacle accorde-t-il au public ?

            La place du risque dans le travail du comédien ?

             

             

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