Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 23/12/2018
      • DORMIR CENT ANS (Pauline Bureau/Théâtre de la Colline)

          • La pièce évoque le passage de l’enfance à l’adolescence, le tout début de l'adolescence. L'auteure le dit dans sa note d'intention : "le corps qui change. La honte. L'arrivée du désir. La difficulté à entrer en contact avec les autres. La prise de conscience de la solitude. L'enfermement. Le besoin, l'envie de ne rien faire." Aurore se prend en photo car elle sent que quelque chose change en elle. Elle compte tout ce qui l’entoure : respiration, pas, mots. Cela suggère une aspiration à la perfection. C’est le signe d’une inquiétude. Elle voudrait se trouver elle-même.  (Thomas, Aurélien).

            Au départ,on voit les deux enfants seuls, chacun dans son univers. Aurore avec ses activités, Théo avec les siennes. Puis l'arrivée de Théo dans la classe d'Aurore entraîne leur rencontre. On voit à leurs gestes, à leurs visages, leur gêne lorsqu'ils sont assis côte à côté. Lorsque leurs bras entrent en contact, cela provoque une sorte de décharge électrique. On sent la maladresse que l'on a à cet âge dans les relations avec les garçons ou les filles.

            Les parents d’Aurore s’en vont et la laissent seule avec son gâteau. Elle est assise dans le noir, éclairée par la lueur des bougies. Elle souffle les bougies. C’est une image de grande solitude. (Aurélien)

            Ensuite, elle danse en comptant ses mouvements. Elle ressemble alors à une petite poupée mécanique qui danserait sans émotion. (Aurélien)

            Théo au même moment s’endort et se fait transporter sur un diable, il est déplacé par le crapaud sur la scène. C’est cet ami imaginaire qui le conduit vers l’univers du rêve. (Aurélien)

            On a le sentiment que les deux enfants rêvent d’abord séparément puis qu’ils vont être réunis dans leur rêve : Aurore est dans une forêt, les plumes du coussin crevé par Théo deviennent des feuilles mortes au sol. C’est un premier lien. Elle voit un tigre blanc. Théo voit un saule pleureur. A chaque fois, on les voit l’un après l’autre, mais jamais ensemble. Puis nous les voyons ensemble : ils arrivent de cour et jardin et se cognent l’un à l’autre. C’est un coup de foudre ! Théo pleure alors qu’au départ il ne savait pas pleurer ; Aurore rugit comme le tigre. Dans la suite du spectacle ils avancent ensemble dans le rêve, ils traversent l’étang pour rencontrer le lapin qui leur donne une morceau de champignon étrange. Ce rêve commun se conclut par un baiser. A la fin du spectacle, on les voit sur le skate board de Théo, réunis. (Julien, Aurélien)

            Lorsqu’Aurore s’endort, elle cherche son chemin, demande s’il y a quelqu’un, entend un bruit, un grognement : c’est un tigre blanc majestueux. Elle le regarde, semble attirée vers lui, a envie de partir, mais elle reste. Elle caresse cette bête. Cette scène montre qu’elle dompte sa peur, se transforme : elle peut se défendre, apprend à le faire, le tigre lui apprend à changer, à se transformer. La metteuse en scène a voulu mettre en scène deux histoires différentes qui se lieront ensuite (Thomas). C’est un univers poétique d’une grande beauté formelle, la réalité et le rêve se confondent grâce à l’univers sonore et l’image. (Thomas)

            Comment ce spectacle met-il en scène la solitude de l'entrée dans l'adolescence ?

            Quelle image des relations entre les adolescents et les parents propose cette mise en scène ?

            Comment le spectacle de Pauline Bureau donne-t-il forme à la vie intérieure des jeunes adolescents ?

            Quelle image du début de l'adolescence construit ce spectacle ?

            Comment cette mise en scène articule-t-elle le réel et l'imaginaire ?

            En quoi cette mise en scène rend-elle compte de la complexité et de la richesse de cet âge de la vie ?

            Comment cette mise en scène articule-t-elle gravité et humour pour rendre compte de l'entrée dans l'adolescence ?

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