Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 03/04/2016
      • ECHEC ET MAT EN NOIR ET BLANC : TARTUFFE (Molière/Luc Bondy/Odéon)

          • UN ESPACE MODULABLE PLACE SOUS LE SIGNE DU NOIR ET DU BLANC

            On voit une salle à manger qui se transforme en salon. La maison est habitée dans toutes ses parties par une famille nombreuse et par ses domestiques.

            Le noir et le blanc dominent, au sol un damier comme une symbolique du bien et du mal (Elian) ou comme un jeu d'échec : Tartuffe est mis échec et mat. (Arthur) Tartuffe paraît pur, « blanc », et se révèle noir. (Héléna)

             

            Cet  espace est à deux niveaux : le 2e étage permet d'introduire la scène suivante, par exemple Monsieur Loyal arrive et place des panneaux pour la saisie avant d’intervenir oralement. Cela nous met dans un état d'attente.

            Cela crée aussi une impression de surveillance : on ne sait jamais qui vous écoute. (Ulysse).

             

            La pièce est organisée avec une ouverture au plafond. On voit une lumière blanche au début qui se situe au petit matin, puis plus jaune et à la fin cela s'assombrit. (Théophile)

            Au début la lumière est crue, grise, dans ce décor noir et blanc et avec ce fauteuil roulant, on se croirait dans un hôpital (Joseph, Théophile, Bastien)

             

            Les rideaux : à chaque fois que Tartuffe est sur scène, les rideaux sont tirés. Certains membres de la famille sont-ils dans le déni (Orgon, Mme Pernelle) ? Refusent-ils de voir la vraie nature de Tartuffe ? (Tania)

            Les rideaux permettent du jeu : Tartuffe fait des tours de magie avec son assistant, cela évoque l'univers du théâtre : Tartuffe est un comédien (rideau de velours rouge). (Théophile). Cela permet aussi un travail sur la surveillance, la cachette...

             

            Des trophées sont accrochés aux murs (tête de gazelle, cornes d'animaux).

            Doit-on y voir un symbole diabolique ? Un symbole de cette famille qui est comme la proie de Tartuffe ? Ou les cornes du futur cocu ? (Tartuffe accroche la culotte d'Elmire sur les cornes) ! (Joseph, Ulysse, Théophile)

             

            La domestique fait les poussières. Orgon essuie une tache sur le carrelage.

            Un collier (un chapelet) se casse : Tartuffe et Orgon se mettent à chercher les perles, les ramassent. Certains membres de cette famille sont obsédés par la propreté, la pureté. Cette obsession  excessive les conduit à leur perte (Bastien)

             

            TARTUFFE AUX PIEDS NUS

            Tartuffe marche pieds nus : il est chez lui (Joseph).

            Puis il gagne en importance et s'habille de mieux en mieux, pour ressembler à Orgon (Bastien)

            Le comédien est très grand et maigre, comme désarticulé : il croit être le manipulateur, et il finit comme un pantin (Elian, Joseph)

            Il frappe le fils derrière le dos du père : c'est un imposteur, un sadique, il aime faire souffrir le fils.

            Il fait semblant de se flageller, il joue la victime, mais très vite il frappe le fils avec cruauté. (Daria, Elian)

            Il fume de manière nonchalante, il salit la maison avec ses cendres, il fait (des) taches. Il brûle cette famille de l'intérieur ?

            Il a un air mielleux. Il a les cheveux sales. Il a un petit ventre : il est bien nourri.

             

            Tartuffe descend les escaliers à Cour et on voit son ombre : une ombre gigantesque, monstrueuse, inquiétante (Tania)

             

            BURLESQUE :

            Dorine, se cache, puis se ferme elle-même la bouche. Elle intervient de manière répétée et comique.

            Lorsque le mari se met sous la table, mais il ressort aussitôt avant d'y entrer à nouveau comme un enfant qui ne voudrait pas obéir. (Daria)

            Dorine beurre et farcit un poulet, le caresse presque : il y a une forte présence de la chair (elle est l’inverse de Tartuffe qui a peur de voir son « sein »). (Elian)

             

            DEBUT ET FIN : UN TRAJET

            Orgon : fier, fort, imposant au début. Il porte une mallette, c’est l'attaché-case de l'homme d'affaire important, sûr de lui. Mais par la suite c'est Tartuffe qui domine (Théophile)

            Au dîner final, il a perdu toute sa force, il est devenu discret. Lorsqu’il veut faire un discours, il se limite à une phrase. (Elian)

             

            la pièce s'ouvre sur un petit déjeuner austère, silencieux et gris.

            A la fin on a le dîner joyeux, du vin, de la chair, de la danse, de la parole : la vie et le plaisir reviennent (Bastien).

             

             

             

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