Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 04/05/2017
      • ENERGIES REVOLUTIONNAIRES : La Chose commune (David Lescot, Emmanuel Bex)

          • TROIS STYLES :

            Le spectacle rassemble trois chanteurs qui ont chacun leur style : du slam (David Lescot), du chant lyrique ou de la chanson française (Elise Caron), du jazz improvisé (Mike Ladd). Cette variété fait d’une certaine manière écho au fait que le spectacle raconte différents aspects de la Commune, différents trajets : la femme raconte l’engagement de plusieurs femmes, David Lescot peut être envisagé tantôt comme un Communard qui vit les événements, tantôt comme un historien, Mike Ladd incarne un Communard, il porte un costume qui rappelle celui des fédérés, et improvise des textes engagés avec une énergie contemporaine. (Paul).

            On a le sentiment que les comédiens/chanteurs s'impliquent progressivement, deviennent progressivement des personnages alors qu'ils étaient davantage dans le récit au début (Dan)

            UN GENRE HYBRIDE : THEATRE MUSICAL / CONCERT HISTORIQUE ?

            Tout le spectacle est construit sur des chansons et des musiques, sans action dramatique, sans dialogues. Il s'agit malgré tout d'un spectacle théâtral, il est question de personnages (même s'ils sont historiques) qui racontent leur histoire. Ce dispositif qui s'apparente à un concert est surprenant, car différent de ce que pourrait être une pièce sur la Commune de Paris, cela permet d'exposer plusieurs points de vue (Louise) Ce que cette forme met en avant, c'est la musique, le rythme : au début par exemple, le batteur et le pianiste accélèrent le rythme et créent une urgence pour la parole de David Lescot qui raconte la première journée de la Commune. La tension dramatique ne passe pas par une action fictionnelle, ou une identification aux personnages, mais par la musique, son énergie et ses variations (Théophile).

             

            SCENOGRAPHIE EN BLEU, BLANC, ROUGE

            On voit quatre panneaux blancs derrière les interprètes, quatre panneaux qui ne sont pas tout à fait blancs.  A jardin, le panneau est entièrement blanc. Plus on s'approche de cour, plus on voit apparaître des couleurs créées par les lumières, des lumières bleues et rouges, qui évoquent le drapeau français. Le blanc est la couleur de la monarchie, il laisse progressivement apparaître le bleu et le rouge, couleurs de Paris (Aurélien)

            Au milieu du spectacle, les lumières deviennent rouges, symboles de la Commune. (Marion)

            La robe de la chanteuse est également rouge (Lorraine) Un néon au dessus des musiciens est rouge, ainsi que les néons verticaux. Certains vêtements ont un détail rouge : le T-shirt rouge du batteur, les chaussures rouges de la saxophoniste, une ligne rouge sur la casquette du slameur américain, etc. (Marion, Lorraine, Camille).

            Au dessus des chanteurs : une forme en néon. Evocation de l’esthétique des clubs de jazz de la Nouvelle Orléans ? Un « M » (pour Marx ?) Une signature ? Un mouvement, une manifestation ? Une vague ?

             

            ETAPES :

            Le 18 mars (texte David Lescot) : récit de la première journée, barricades, arrestations, récit par un homme de sa promenade dans Paris : David Lescot poursuit son texte sans s'arrêter, on entre dans la Révolution sans s'en apercevoir, la parole enfle, se prolonge (Théophile).

            On sentait une urgence dans sa manière de parler : il parlait vite et le rythme des instruments renforçait cette impression. Il ne chantait pas avec la musique, il parlait. On ne sentait pas ses émotions : cela traduit sa surprise, son état de choc (Lorraine, Thyl)

             

            Together we are strong (texte Mike Ladd) : Une énergie vocale considérable.  Chant parlé, en partie écrit (le début) puis improvisé.  On peut y voir un écho entre cette révolution de 1871 et le courant des last poets des années 1970 (chant improvisé engagé).

             

            Elisabeth Dmitrieff (texte David Lescot) : Ce passage prenait la forme d'un chant lyrique proféré par Elise Caron. Elle passait de l'aigu au grave, cela créait une impression étrange, une discordance. Elle faisait le récit de la vie d'Elisabeth Dmitrieff, amie de Karl Marx, venue observer cette révolution des ouvriers en France. Cela mélangeait deux impressions différentes : un élan, une arrivée, et quelque chose de tragique (Marion). Elle présentait son identité à plusieurs reprises ("prénom : Elisabeth, patronyme : Dmitrieff"). Cela donne l'impression qu'elle est sans cesse contrôlée (Lorraine)

            Style décalé entre Mike Ladd et Elise Caron

             

            La Canaille (Texte Alexis Bouvier, Chant révolutionnaire de 1865, précurseur de la Commune) : David Lescot explique que ce chant est chanté aux Tuileries par une chanteuse engagée « si c’est ça la canaille, j’en suis ! ». La chanteuse s’associe aux Communards par cette chanson, c’est une marque de soutien qui lui a coûté cher. (Bastien)

             

            Versailles assault (texte Mike Ladd) et La Semaine sanglante (texte Mike Ladds et David Lescot, texte Arthur Rimbaud « Chant de guerre parisien ») : A la fin, entre le moment de gloire de la Commune et l'écrasement par les Versaillais, on a un solo de batterie, tout le monde est parti, et le batteur suggère les coups de feu : la musique nous fait entendre l'action (Théophile)  Ce solo de batterie est plein d’énergie. On voit un autre engagement : un engagement physique et musical du batteur qui tient un discours avec son instrument (Bastien).

             

            Fin : Il y a eu un salut, les présentations des comédiens, David lescot nous souhaite « bon dimanche », allusion aux élections présidentielles du lendemain, référence au caractère engagé du spectacle, jeu sur le contexte et la connivence avec les spectateurs (Bastien, Joseph) puis hésitation du public qui commence à sortir, et retour des musiciens. (Bastien)

             

            Le sillage (Texte David Lescot d’après le texte de Louise Michel « La Commune ») : Moment onirique, lumières bleutées, texte tiré du journal de déportation de Louise Michel vers la Nouvelle Calédonie : elle raconte qu’elle a toujours voulu voyager et qu’elle se sent coupable du plaisir qu’elle éprouve. Le texte est chanté par Elise Caron et donne l’impression d’être hors du temps. Après un spectacle nerveux, et sur un événement historique, on termine sur une note douce, apaisée. (Joseph)

             

            Comment ce spectacle fait-il écho aux énergies révolutionnaires à l’œuvre dans la Commune ?

            En quoi la forme de ce spectacle entretient-elle des relations étroites

            avec l’épisode de la Commune ?

            Comment cette mise en scène aborde-t-elle le motif de la révolution ?

            En quoi ce spectacle questionne-t-il la notion d’engagement ?

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