Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 25/07/2019
      • ENSEIGNEMENT DE SPECIALITE THEATRE : PROGRAMME POUR LA RENTREE 2019

          • Bonjour à tous,

            Vous êtes inscrits en enseignement de spécialité théâtre pour la rentrée 2019 (4 heures de cours par semaine). Les œuvres travaillées (en théorie et en pratique) cette année seront les suivantes :

            -Première partie de l'année : Tennessee WILLIAMS, La Ménagerie de verre (1944)

            -Seconde partie de l'année : William SHAKESPEARE, Hamlet (vers 1600)

            Deux comédiennes dirigeront les temps de pratique théâtrale : Isabelle Rivoal (sur La Ménagerie de verre), et Garance Rivoal (sur Hamlet).

            Vous trouverez ci-dessous l'indication des éditions à acheter pour la rentrée et quelques précisions sur les perspectives d'étude pour ces deux textes.

             

            1/LA MENAGERIE DE VERRE :

            EDITIONS ET TRADUCTIONS DU TEXTE :

            Il existe trois principales traductions du texte : celle de Marcel Duhamel (1958), de J.M. Déprats (2000), et d’Isabelle Famchon (2018).

            Nous travaillerons à partir de celle d’Isabelle Famchon, éditées à l’Avant-scène théâtre (11€).

            Commandez-la dans la librairie la plus proche de chez vous pour l’avoir à la rentrée.

            Lisez-la pendant les vacances pour commencer à vous l’approprier. Pensez à l’apporter à chaque cours.

            PERSPECTIVES D'ETUDE :

            La Ménagerie de verre de Tennessee Williams met en scène une cellule familiale asphyxiante (une mère qui impose un chantage affectif à ses deux enfants : un fils, et une fille maladivement timide) présentée à travers la mémoire du fils qui est aussi le narrateur de l’histoire. Elle repose sur un conflit de génération, sur la tension entre des vies en devenir, qui aspirent à s’affranchir, à se réaliser, et des vies ratées, frustrées, déçues.

            Elle est surtout une pièce sur le souvenir, sur le remords, sur l’exploration d’une mémoire qui ne reproduit pas strictement la réalité. Dans la mémoire, tout peut être déformé en fonction de la charge affective. En cela, elle pose des questions de mise en scène spécifiques. Comment reconstituer ce qu’est un espace intérieur, ce qu’est une subjectivité, une conscience ? Comment faire coexister sur le plateau deux types de réalités différentes ?

            La Ménagerie de verre soulève avec acuité la question du jeu de l’acteur. La pièce (1944)  est contemporaine de la fondation de L'Actors Studio (1947), école d’acteurs fondée par Elian Kazan, puis dirigée par Lee Strasberg. L’Actors Studio enseigne la méthode Strasberg, inspirée de la « Méthode Stanislavski » (ou Système Stanislavski), principes d’interprétation théâtrale mis au point par Constantin Stanislavski en Russie dans les années 20.  Elle est liée aux pratiques d'acteur développées par cette école, autour de la notion de mémoire affective et de construction du personnage, qu’elle invite à explorer et à mettre en perspective.

            Elle a été adaptée à plusieurs reprises au cinéma et à la télévision ; cet intertexte cinématographique, qui fait pleinement partie de son histoire, est un des enjeux possibles de mise en scène.

             

            2/HAMLET

            CHOIX DE L’EDITION ET DE LA TRADUCTION

            William SHAKESPEARE, Hamlet, traduction de Jean-Michel DEPRATS, Gallimard, Folio théâtre n° 86, 2008 (2002) ISBN : 9782070304301. Cette édition bilingue (4,90 euros) nous permettra de confronter le texte anglais à sa traduction.

            Si vous ne parvenez pas à acheter cette édition, vous pouvez vous procurer la même traduction dans une autre collection, toujours chez Gallimard : Jean-Michel DEPRATS, Gallimard, collection FolioPLUSclassiques, 2005 (2002 pour la traduction) (6,20€) ISBN : 9782070306794

             

            PERSPECTIVES D’ETUDE

            « Pourquoi, après avoir passé une bonne part de la pièce à chercher la preuve de la culpabilité de Claudius, une fois qu’il l’a obtenue sous nos yeux de façon certaine, Hamlet sursoit-il à son acte ? » (Anne-Françoise Benhamou).

            Cette énigme, placée au cœur de la pièce, montre que plus que l’histoire d’une vengeance, Hamlet est surtout une histoire de doute, une interrogation sur ce qui est vrai et ce qui est faux, sur ce qui est simulé et ce qui est réellement éprouvé, sur le réel et la fiction. La pièce met en scène une enquête dont l’instrument est paradoxalement le jeu théâtral, fiction agissante chargée de révéler le vrai.

            Le thème du théâtre parcourt la pièce à plusieurs niveaux : dans sa structure (par la mise en abyme du « piège »), dans sa distribution (des personnages d’acteurs), dans ses références (à Jules César de Shakespeare), dans ses adresses au public (« Spectateurs silencieux de cette scène »). Comment la pièce utilise-t-elle le théâtre à la fois comme instrument de dissimulation et comme instrument de connaissance ?

            Parmi les multiples entrées possibles dans cette pièce monstre (Hamlet, ou l’histoire d’un jeune homme plein de rancœur contre sa mère et contre son beau-père, l’histoire d’un fils qui se sent indigne de son père, l’histoire d’une jeune génération qui porte un regard critique sur le monde dont elle hérite et dont elle ne veut pas, l’histoire de spectre et interrogation devant la mort, l’histoire de la folie et de la raison…), nous privilégierons peut-être la questionnement sur la théâtralité de la pièce et ses enjeux.

            Le travail sur Hamlet permettra d’étudier les caractéristiques du théâtre élisabéthain, cette production dramatique exceptionnelle qui commence sous le règne d’Elisabeth Ire (1558) et s’achève à la fermeture des théâtres par les puritains en 1642 : étude à la fois des conditions concrètes de représentation (les lieux théâtraux, la vie des compagnies, le statut des auteurs), et des caractéristiques du drame élisabéthain, genre hybride, sous influence baroque.

             

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