Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 03/11/2019
      • JOURNAL DE BORD DES SPÉCIALITÉS THÉÂTRE : Septembre

          • SEMAINE DU 30 SEPTEMBRE 2019 (Noa)

             

            Échauffement. Au lieu d’un échauffement classique de repère dans l’espace et d’interprétation des personnages, Isabelle nous propose un exercice d’adresse et de révision du texte. Nous sommes en cercle et chacun doit adresser une des répliques qu’il a apprise dans un travail préparatoire à la séance à une autre personne en cherchant son regard au préalable. Cela nous permet de nous familiariser avec les lumières des projecteurs qui sont nouvelles pour nous ainsi que de nous remémorer les répliques de nos personnages. Le but de cet exercice est de s’imprégner de notre personnage et de répondre à une réplique par une autre de la manière la plus naturelle possible. Nous avons des difficultés à bien trouver le regard de la personne à qui nous voulons nous adresser mais également à ne pas faire de commentaires parasites. Progressivement, la concentration s’installe.

            Poursuite des répétitions : scène 3. Ensuite nous passons à un travail plateau scène par scène. Nous débutons la scène 3 avec un monologue d’Amanda interprété par Emma. Isabelle nous rappelle qu’une entrée n’est pas toujours nécessaire et que le personnage peut déjà se trouver sur scène, en action. La scène est une des nombreuses scènes où Amanda essaye de vendre une revue à des clientes. Emma doit réussir à imaginer ce que faisait son personnage juste avant que la scène ne commence et dans quel état d’esprit il est au moment de sa scène. Emma propose une Amanda assise sur sa chaise et occupée à boire ou à lire un journal. Les idées plaisent à Isabelle mais elle rappelle quand même que Amanda est un personnage très dynamique et incapable de rester immobile sur sa chaise. Emma rejoue donc la scène et étant plus dynamique et elle doit « mener les actions jusqu’au bout ». Les gestes d’Amanda n’ont rien à voir avec les paroles qu’elle prononce et il est difficile de se détacher du texte pour s’occuper des actions menées par le personnage. De plus, comme Amanda est au téléphone, Emma doit laisser des silences sur scène pour rendre l’impression de conversation téléphonique. Nous réalisons à quel point faire exister un silence lorsqu’on est sur scène est un exercice compliqué.

            Ensuite, nous avançons dans la scène 3 avec Amanda interprétée par Julie et Tom joué par Camille. Cette scène est une scène de confrontation où les personnages sont éloignés physiquement l’un de l’autre. Laura est également présente mais elle est seulement spectatrice des actes de son frère et de sa mère. La notion d’espace est abordée : nos professeurs nous indiquent que lors d’un affrontement, les comédiens ne doivent pas reculer, sans quoi toute la tension de l’affrontement se perd. Comme dans la scène précédente, il faut prendre un certain recul par rapport aux personnages. Isabelle dit même qu’il faut « prendre une certaine liberté par rapport au texte » ainsi que savoir ce qui fait réagir le personnage dans la réplique de l’autre. Deux problèmes surviennent : celui de se faire mal à la gorge dans une scène où il faut crier et celui de réussir à garder l’énergie nécessaire jusqu’à la fin de la scène. Isabelle nous dit que pour éviter de se faire mal à la voix, il faut être dans un état d’énervement identique à celui du personnage. Pour l’énergie, il faut bien connaître à son texte afin d’être dans une continuité du début à la fin de la scène. Ensuite, notre professeure nous fait remarquer que les interjections (« Ah ! Ah ! Ah ! ») indique  une réaction sans mots mais avec des sons du personnage et qu’il ne devait pas toujours être interprété par des rires. À nous de les « traduire » en fonction de ce que nous sommes.

            Scène 4 : ivresse. Nous passons à la première partie de la scène 4 avec Julia dans le rôle de Laura et Dorian dans le rôle de Tom. Dorian fait une proposition avec un chapeau et un foulard en premier lieu mais le chapeau n’est pas stable sur sa tête et l’encombre. Isabelle propose donc de garder le foulard pour illustrer les propos de Tom mais d’enlever le chapeau de la scène. Julia et Dorian commencent à jouer dans l’escalier qui représente l’entrée de la maison de Wingfield mais nos professeurs proposent d’aller encore plus loin en utilisant la porte se trouvant à côté du plateau. Dorian commence donc hors de la pièce et doit se faire comprendre par le son avec des gestes tels que les clés contre la porte ou même les clés qui tombent au sol.  Dorian ne doit pas hésiter à se mettre à quatre pattes pour chercher les clés et doit trouver une démarche d’homme ivre. La difficulté est de se représenter ce que voit et ce que ne voit pas un homme ivre. Julia doit réussir à prendre son temps lorsqu’elle entend quelqu’un qui essaye de pénétrer dans la maison des Wingfield, elle doit travailler « par palier ». Une autre difficulté se présente quand est introduite l’idée que Laura doit attirer Tom comme un enfant ou un animal à l’aide des clés. Il y a un double-jeu qui mêle actions et gestes. Les deux élèves doivent se concentrer sur deux choses à la fois en ne négligeant pas l’une d’entre elles.

            Dans la suite de la scène 4, Catherine joue la mère, Julia Laura et Simon interprète Tom. Comme précédemment, les élèves doivent réussir à lier les gestes et la parole même si ces derniers n’ont pas de rapport direct. C’est la grande scène de réconciliation entre Amanda et son fils, le côté rancunier des deux personnages doit se ressentir dans l’ambiance qui doit être pesante. Les deux personnages sont en opposition dans leur état car Amanda est dynamique comme à son habitude alors que Tom a un réveil difficile car il était ivre la veille, il a donc très mal dormi. Simon propose des gestes comme se frotter les yeux ou se cacher les yeux. Les respirations sont très importantes dans le passage car la tension entre les deux personnages se fait sentir. Le personnage de Tom s’y reprend à plusieurs fois avant de présenter ses excuses à sa mère. Notre professeur nous fait remarquer que « Amanda n’existe que par les mots » car le personnage prend de la place en parlant sans cesse et ne peut s’empêcher de tout dire ou de tout faire pour rendre heureux ses enfants.

            Les autres élèves ne jouant pas sur le plateau devaient prendre des notes sur l’attitude ou la mentalité de leur personnage en vue de leur interprétation future. Les différentes équipes artistiques se concertaient également sur quelques unes de leurs idées. Par exemple, l’équipe artistique des lumières a pu se familiariser avec les projecteurs.

            Rappel de méthode. La séance théorique a débuté sur une lecture du journal de bord de la semaine précédente écrit par Lara et Casey. Notre professeure nous donne des conseils pour améliorer le contenu de ce dernier puis nous rappelle que le journal de bord est « une mémoire » et sert à nous remémorer les idées et les propositions faites par Isabelle ou les élèves.

            L’autre monde : description chorale. Nous avons ensuite effectué une analyse chorale de la pièce L’autre monde ou les états de la lune (mise en scène et interprétation par Benjamin LAZAR) vue au théâtre de l’Athénée le samedi. Cette analyse chorale correspond à une description et une interprétation de la pièce, il faut partir d’un élément concret précis puis en proposer une interprétation.

            L’analyse débute sur l’entrée du comédien par la salle, dans le noir complet avec une bougie à la main et sa montée sur scène se fait devant un rideau de scène doré. Cela crée un effet de surprise qui est une mécanique classique du théâtre. L’entrée du comédien crée également une proximité et une intimité qui peut nous rappeler l’histoire du soir de notre enfance. De plus, les jeux d’ombres permettent d’amplifier le rapport à l’enfance avec des ombres inquiétantes et se réfèrent à l’univers du conte. Lorsque le rideau de scène se lève, le public découvre un univers et la voix du conteur le transporte dans un univers de fiction.

            Une fois l’univers visuel découvert, nous passons à une interprétation du rôle et de l’importance des musiciens présents sur scène. Les musiciens font vivre le mouvement par la sonorité des instruments ; par exemple, ils servent de bruitages lorsque le personnage dort. De plus, la musique permet de rendre réaliste et concrète les actions du conteur. Les musiciens ont à leur disposition un instrumentarium baroque et participent au jeu. Les instruments présents sur scène sont : une viole, un violoncelle, une petite guitare, un luth, un théorbe. La musique en direct et sur scène accompagne l’interprète et les musiciens réagissent aux affirmations ou aux paroles du conteur grâce à leurs instruments. Leur présence entre en résonance avec le texte lorsque le conteur évoque le langage des gens de la lune. Etant donné que les classes populaires s’expriment par le mouvement et que les classes aristocratiques s’expriment par la musique, une symphonie est créée lors des disputes entre personnes de hautes classes sociales. Les musiciens pourraient donc être une figuration des habitants de la Lune car l’interprète entre en dialogue avec les musiciens grâce aux sifflements ou au chant. La pièce aborde la question du langage et la capacité de se faire comprendre, les différences de langages suggèrent que la musique est un moyen de communication universelle. Enfin, la musique fait exister l’espace par son importance dans la pièce et a donc un rôle dans la scénographie.

            Le conteur débute la pièce sur des remarques d’astronomie liée à l’héliocentrisme. Il représente le Soleil par une bougie qu’il bouge pour mettre en scène ses propos. Le texte est fantaisiste mais aborde des questions polémiques avec une position moderne et audacieuse.

            Après nous être posés des questions telles que : le monde de la Lune est il une dystopie ou une utopie ? En quoi ce monde est-il différent du notre et nous dit-il quelque chose sur notre société ? Qui est véritablement homme ?, nous nous appuyons sur des éléments précis de décors, des gestes ou des accessoires pour forger notre analyse. La marionnette, qui était le comédien en modèle réduit, est une mise en abyme. En effet, il raconte son histoire pour se figurer lui-même. Cette marionnette a un effet comique lorsqu’il la place sur son épaule ce qui fait écho à la disproportion entre les terriens et les luniens. De plus, cette marionnette est un moyen pour lui de se transformer et d’adopter deux rôles. La marionnette renvoie également à l’enfance et aux spectacles.

            Nous parlons ensuite de la scénographie modeste constituée d’un escabeau, d’une chaise en bois, d’un écritoire, de deux portants pour les instruments ainsi que deux chaises pour les musiciens. L’escabeau est utilisé de manière variée comme celle d’une prison à fonction de miroir de notre société avec un questionnement sur la peur de l’étranger ou comme celle de la déclaration publique pour faire ses excuses. De plus la position de l’interprète sur la chaise ou l’escabeau montrait à la fois une élévation physique, une autre dimension, une déclaration publique.

            Ensuite nous nous attardons sur les accessoires. La baguette qui lui sert à pointer les différentes parties du corps de sa marionnette nous renvoie à une fonction didactique, comme un professeur et un enfant. Le conteur parle ensuite de Dieu en désignant les bougies se trouvant dans l’écritoire puis les éteint. On peut interpréter ce geste comme une crainte de l’ignorance si Dieu venait à ne pas exister. Le geste de soufflement des bougies peut aussi s’apparenter à un accompagnement vers le rêve d’enfant. Nous apprenons que l’utilisation de la rampe de bougie imposait des entractes pour pouvoir changer les bougies, c’est pourquoi les actes de tragédie duraient environ 30 minutes.

            Nous en venons ensuite à parler de la scène de description et d’imitation d’un chou et de l’interprétation que le conteur en fait. Il monte sur une chaise derrière l’escabeau, une bougie est accrochée et éclaire son visage et ses mains sont mises de part et d’autre de son visage comme des feuilles de chou. Il critique l’anthropocentrisme et apporte un regard moderne qui résonne avec notre époque avec la réflexion sur le statut de la souffrance animale et la hiérarchie des espèces. Le personnage met ensuite en place un questionnement sur le respect des anciens, critique ce respect sacralisé et propose un renversement de cette domination mise en lien avec la notion de liberté.

            Nous avons ensuite lié certains éléments de la pièce à l’utopie. Par exemple, la monnaie des gens de la lune est le vers, l’utopie sexuelle lorsque le conteur est pris pour la femelle du petit animal du Roi. De plus, les gens s’expriment avec leur corps ce qui peut être relié à l’art du comédien et qui forme une utopie sur le plan théâtral. De nombreuses choses du récit renvoient également à notre époque comme le livre confié au conteur par la princesse qui ressemble étrangement à un livre audio ou même la vision provocatrice et moderne qu’adopte le comédien sur certains sujets.

            Enfin, le langage utilisé est très articulé et la classe se questionne : en quoi était ce intéressant d’utiliser cette forme pour le jeu baroque ? Peut-être que le langage théâtral permet de nous rendre plus attentifs à certains autres aspects de l’oeuvre, le langage chanté ou la déclamation baroque « font vibrer la parole autrement » et permettent de nous emmener ailleurs.

            Pour finir, nous avons cherché des problématiques possibles pour le compte rendu de mise en scène à faire : En quoi cette mise en scène nous amène-t-elle à garder l’émerveillement de l’enfance tout en nous poussant à nous questionner sur la société ? En quoi cette mise en scène baroque nous rend-t-elle sensibles à la modernité de ce texte ? En quoi cette mise en scène a-t-elle une dimension onirique ? Comment cette mise en scène met elle en valeur l’autre monde ? En quoi cette mise en scène brise la barrière du langage ?

             

             

            SEMAINE DU 30 SEPTEMBRE (Catherine)

             

            Échauffement : Nous avons commencé la séance en montant tous sur le plateau, et en nous mettant en cercle debout. L’exercice consiste à jouer une phrase de nos scènes respectives, tout en nous adressant à un camarade, avec un regard, une posture, une attitude dirigée vers la personne à qui l’on s’adresse. Cet exercice nous permet d'entraîner notre adresse, et de vérifier que l’on connaît notre scène.

            Scénographie : Après cet exercice Isabelle nous explique l’importance du décor et de l’espace ou l’on joue. Elle nous demande de faire des propositions de scénographie, d’apporter des éléments concrets. Personnellement je trouve que le décor donne un aspect de réalité pour le spectateur ou l’acteur comme des chaises, des tables, des journaux qui aident également à se plonger plus facilement dans la scène. Mais notre analyse dramaturgique durant la séance théorique d’il y a deux semaines montre que l’on peut aller beaucoup plus loin.

             

            Répétition : Nous commençons par le début de la scène 3 où Amanda discute au téléphone, elle est interprétée par Emma. Pour cette scène isabelle explique qu’Emma doit la jouer hypocrite, et qu’elle ne s’intéresse pas en réalité de la vie de cette femme au téléphone. Emma a fait certaines propositions de jeu intéressantes, elle a posé les pieds sur la table ce qui montre une sorte d’ennui, les soupir qui souligne un agacement et un sourire forcé qui démontre son hypocrisie. Dans la proposition d’Emma on perçoit bien le fait qu’Amanda est plus intéressée par son magazine que la conversation au téléphone. Nous avons ensuite poursuivi la scène, avec la venue sur le plateau de Camille jouant Tom et Julie jouant Amanda. Isabelle leur donne des conseils sur certaines postures liées aux sentiments de colère, qui sont très présents dans ce début de scène. Au lieu de reculer, il faudrait mieux avancer vers la personne à qui on s’adresse. Les élèves s’occupant des lumières proposent d’éclairer le plateau avec une lumière rouge signifiant dans un contexte négatif le danger, la violence, l’agressivité, qui donne une atmosphère tendue.

            Après la scène 3 nous passons à la scène 4, qui est jouée au début par Dorian dans le rôle de Tom, Julia dans le rôle de Laura et Catherine dans le rôle d’Amanda. Avons de commencer, les élèves s’occupant des lumières choisissent une lumière bleue, qui évoque le matin dans le contexte de la scène jouée. Les scénographes placent une lampe de chevet dans le fond du plateau entre Julia et Catherine, qui sert tout d ‘abord à situer l’espace (les chambres d’Amanda et Laura) et cela crée pour moi un côté réaliste. Isabelle a proposé que Dorian rentre par la porte, et qu’il cherche ses clés avec Julia à quatre pattes par terre. La proposition de Dorian est concrète : le fait qu’il titube, qu’il se rattrape sur ses jambes quand il est sur le point de tomber, qu’il fasse de grands gestes. S’il avait buté sur certains mots ou certaines phrases, ou s’il changeait d’humeur d’un coup, s’il éclatait de rire et une seconde après devenait sérieux, cela l'aurait rendu encore plus juste.

            Après vient le tour d’Amanda de se lever, Isabelle a donné plusieurs conseils sur la manière de jouer Amanda, comme le fait d’aller plus loin quand elle est en colère, triste, joyeuse, protectrice... Isabelle suggère qu’Amanda reste debout et force Tom (joué par Simon) à manger, en l’oppressant, elle s'assoit quand elle fait une confidence sur Laura en se rapprochant de Tom. Les scénographes sont allés chercher dans une armoire plusieurs d’objets de décor, pour les placer sur la table utilisée pour la scène. Ils ont apporté des carafes, des verres, des mugs, des tasses, un pichet et une assiette remplie de viennoiseries.

             

            Analyse de mise en scène : Nous faisons une analyse du spectacle vu le samedi 28 septembre “ L’autre monde ou les états et empires de la lune “. Chacun de nous formule une remarque précise sur le spectacle et cherche à l’interpréter.

            Entrée du comédien : Au début de la pièce le comédien entre par une porte, dans le noir, une bougie à la main. L’espace est très important car il entre “comme nous” par une porte ce qui crée pour le spectateur un effet de réalisme.

            Une pièce qui renvoie à l’enfance : Dès le début quand le comédien entre avec une bougie, et commence à raconter une histoire, renvoie une image de l’enfance, le fait de raconter une histoire à un enfant avant qu’il dorme.

            Les musiciens rendent concrète l’histoire : Il y a deux musiciens sur le plateau, une femme et un homme, assis sur des tabourets, à droite du comédien. Les instruments présents sur scène sont une viole de gambe, un violoncelle, un théorbe, une guitare et un luth. A la différence de plusieurs autres pièces de théâtre où la musique est principalement en régie, les musiciens étaient directement sur scène avec le comédien, ce qui fait vivre d’autant plus la musique. Car en effet dans la pièce les instruments prennent une grande place, ils rendent concrète la pièce, comme par exemple au moment où le protagoniste veut s’envoler, ou quand il ronfle, les instruments imitent le bruit que pourrait faire le comédien et donne un effet humoristique et réel. Les musiciens accompagnent la pièce, ils ne sont pas neutres, ils jouent, réagissent et communiquent avec le comédien, ils font exister son discours.

            Astronomie : L’histoire de la pièce est centré sur l'astronomie, et le système solaire. Il aborde la question de l'héliocentrisme (la place du soleil dans le monde) qui est un thème délicat et dangereux car la pièce date du 17ème siècle.

            Différence entre les êtres de la lune/terre : La pièce pose la question de la communication, car les gens venant de la lune de classe moyenne s’expriment par les mouvements ce qui crée une cacophonie et les classes supérieures s’expriment en musique ce qui crée une symphonie et quelque chose de beau. Elle pose également la question de qui est légitimement homme et qui ne l’est pas. Car la pièce montre que les luniens se croient “Homme” mais les Terriens aussi, ce qui va alors créer un désaccord entre les deux peuples.

            Une marionnette : Le comédien est représenté par une marionnette, elle met en abyme sa présence ou sa situation, elle apporte un côté comique comme par exemple le moment où il la place sur son épaule, et cela fait écho à la disproportion entre les luniens et terriens.

            Une scénographie modeste : Sur le plateau il y a très peu de décor, seulement un escabeau, une chaise, une écritoire et un portant pour les instruments. Ces décors vont tous être utilisé par le comédien, par exemple quand il monte sur la chaise pour s’envoler, quand il utilise l’escabeau comme une prison.

            Le placement et les deux rôles du comédien : Le placement du comédien dans l’espace est très important dans cette pièce, car il joue plusieurs personnages. Le rôle du comédien se sépare en deux. Il y a d’un côté le conteur ou le narrateur, de l’autre le personnage quand il est en action. Ces deux rôles très distincts, font écho dans notre esprit à notre pièce “ La ménagerie de verre “ et à Tom qui a un rôle de narrateur (il s’adresse au public ) et quand il est en action.

            L’importance des bougies : L’utilisation de la bougie au début quand il entre sur scène crée une intimité entre le comédien et les spéculateurs, et renvoie à l’enfance. Quand le rideau est encore baissé, le comédien jouait avec la bougie en l’approchant et en s'éloignant de son visage ce qui créait des ombres gigantesques et inquiétantes sur le rideau. Les bougies qui s’éteignent peuvent souligner le temps de son histoire car au début de son histoire elles sont toutes allumées et à la fin elles sont pratiquement toutes éteintes.

            Statut de l’animal : A un moment dans la pièce le comédien monte sur la chaise, derrière l’écritoire, une bougie est accrochée pour l’éclairer. Il place alors ses mains de part et d’autre de son visage, pour imiter les feuilles qui entourent le chou, qui est sa tête, cette situation renvoie à un effet comique. Elle renvoie également à notre époque, avec le statut de l’animal et la hiérarchisation dans le monde, quand il parle de la violence quand on le coupe, cela fait écho au courant actuel des vegans.

            Geste et diction du comédien : Dans le théâtre baroque, Chaque geste est porteur de sens, au même titre que les mots : la position des doigts, des mains et du corps symbolise une pensée ou un sentiment précis. Cette gestuelle change en fonction de l’intensité, du rythme et de la signification du texte pour créer un véritable alphabet du corps, un langage muet. La prononciation du "r" roulé, du "l" mouillé, des voyelles nasales, du “â” fermé, du “a” ouvert, du "e" muet et des consonnes finales, rappelle certains accents encore présents dans nos régions ou dans les pays francophones comme le Québec.

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