Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 03/11/2019
      • JOURNAL DE BORD : PREMIÈRE FACULTATIVE THÉÂTRE (CIRCULATIONS)

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             JOURNAL DE BORD

            SÉANCE DU JEUDI 3 OCTOBRE 2019 (Safiya)

            Retour sur un spectacle

             Nous procédons à un tour de table pour exprimer nos opinions et raconter les souvenirs qui nous ont marqués lorsque nous avons assisté à la représentation de L’animal imaginaire de Valère Novarina. Premièrement notre professeure nous a demandé de commenter  la scénographie donc le choix des tableaux, comment l’espace était occupé et comment il a évolué au cours de la représentation. Selon Blandine les tableaux étaient abstraits mais une fois positionné à la suite comme une frise ils formaient un ensemble logique et compréhensible comme les mots,  qui lorsqu’on les entend seuls ne veulent rien dire mais qui, ensemble, ont un sens. Puis nous sommes passés à une interprétation plus générale : Lélio trouve que le texte lu est presque incompréhensible mais quand on le voit joué sur scène on comprend mieux grâce aux comédiens qui jouent et interprètent avec le texte et leur corps. En revanche comme le disent Ondine, Malou et Safiya cette pièce comporte des moments très énigmatiques et qui font réfléchir comme la question de la mort qui est évoquée à plusieurs reprise : L’animal imaginaire nous fait approcher ce que l’être ressent, exprime, raconte juste avant le moment fatidique, et la pièce nous fait sentir la manière dont l’homme s’accroche aux mots pour prolonger sa vie.

            La rencontre avec Garance :

             Enfin le moment tant attendu est arrivé, nous avons fait la rencontre de Garance Rivoal, la comédienne qui va devoir nous supporter pour le reste de l’année ! Nous avons donc dû préparer un travail sur notre perception du théâtre afin de nous présenter. Garance nous demande d’être efficaces, il faut donc se mettre vite en place et en silence, ce qui est difficile pour certains d’entre nous.

            Une fois tout le monde installé, Garance fait une mise au point sur ce qu’elle attend de nous au cours de l’année. Tout d’abord elle a insisté sur l’écoute en tant que spectateur et acteur au sein du groupe, l’écoute et le respect sont primordiaux pour produire de belles choses. Elle a aussi mis en avant qu’être un bon acteur est autant un travail qu’être un bon spectateur, il faut être attentif et interpréter ce que l’on voit. Enfin elle a insisté sur la rigueur, le sérieux et l’investissement qu’elle attendait de nous pour pouvoir avancer pleinement.

            Pour débuter ces premiers échanges, nous nous sommes présentés sous forme de « cadeaux scéniques » : nous avons réalisé de petites improvisations sur notre vision du voyage en général.

            -Malou et son groupe ont proposé de donner vie à des cartes postales en les lisant puis en les jouant

            -Ondine seule a joué l’espoir d’un migrant d’entrer dans un nouveau pays

            -Julien Gabriel et Arthur ont chanté une chanson sur plusieurs lieux très connus de notre monde.

            Après toutes ces prestations Garance s’est présentée, elle est metteuse en scène , sa compagnie est installée à Angers et elle fait partie d’une compagnie très engagée sur les enjeux de l’actualité (le climat, les migrations..) et elle essaye de l’exprimer à travers son art. Elle donne aussi des cours à la faculté de Nanterre.

            Elle est très exigeante, avec une grande précision et vise la justesse la plus parfaite avec ses élèves. Elle a souligné qu’elle aimait particulièrement le théâtre de situation et qu’en cours de théâtre elle donnait de l’importance à la pratique d’exercice afin d’obtenir une groupe plein de confiance, mature et soudé ; qui ne forme plus qu’un. Puis elle a réexpliqué d’une manière plus profonde cette fois qu’être un bon public est un enjeu majeur pour notre réussite, qu’il fallait émettre et recevoir des propositions, des critiques constructives bonnes et mauvaises car c’est en se trompant qu’on arrive à créer de belles choses. Et l’idée de notre projet est particulièrement intéressante pour pouvoir s’exprimer, réveiller notre sensibilité, s’approprier des documents pour en tirer des résultats.

            La pratique

            Nous faisons un premier exercice, Garance nous a demandés de repartir les chaises dans toute la salle pour jouer au chat et aux souris ; malgré ce qu’on peut croire ce jeu est très stratégique et difficile ; il consiste à occuper toute les chaises excepté une qui doit être libre mais le chat doit essayer de s’asseoir dessus et les souris doivent tout faire pour l’en empêcher.

            Pour finir nous avons mobilisé tout l’espace en marchant, nous effectuons un jeu de mémorisation qui est plutôt difficile : on doit enregistrer le prénom qu’on reçoit pour le redonner et ainsi de suite.

            Puis occupons l’espace d’une autre manière, une manière plus individuelle cette fois : nous devons exprimer des états comme le stress, la joie, l’ivresse à travers notre corps, notre démarche, nos expressions faciales. Nous sentons vraiment que Garance veut former de nous un groupe uni et performant.

            Enfin, nous avons expérimenté ce que produisent nos corps dans l’espace, lorsqu’ils occupent l’espace de manière déséquilibrée : un groupe soudé, et un corps isolé. Julien a été invité à occuper la place du spectateur et à raconter ce qu’il voyait. L’élève isolé a également été interrogé : isoler une personne sur scène, tandis que les autres sont rassemblées, cela raconte quelque chose sur la mise à l’écart, l’exclusion. On peut raconter beaucoup de choses sans prononcer de paroles.

                 

            SÉANCE DU 10 octobre 2019  (Karima)

             

                      Matériaux pour le projet : Tout d’abord, commençons par les propositions de textes à étudier, qui seront les bases de travail pour notre projet commun. Plusieurs élèves lisent des extraits de sobéir, du Monde d'hier de Stefan Zweig, d’Ellis Island de Perec ainsi que de L’Usage du monde de Nicolas Bouvier. L’objectif attendu pour ces textes est de les faire entendre en réussissant à y associer des images. Suite à la relecture d'un extrait de 10ème Chambre Instant d’audience par deux élèves, un sondage pour la répartition des textes a été fait puis chacun est désigné dans un groupe pour travailler sur un texte et pour faire une proposition de mise en voix et de mise en espace. 

                       Nous débutons notre échauffement par deux exercices. Pour le premier exercice, nous nous sommes placés en cercle et, en fermant les yeux, nous devons nous toucher le visage, la tête et le cheveux puis nous devions bouger notre corps de manière dynamique.

            Nous chantons ensuite en choeur la comptine « A la claire fontaine » en suivant les indications de force sonore. Pour finir nous devons, suite à un équilibre de plateau, nous déplacer dans l’espace tous ensemble à l’image d’un banc de poisson et enfin en reproduisant ensemble et identiquement la gestuelle d’un chef de groupe.

                        Utilisation de l’espace / liberté du corps : Nous travaillons ensuite en deux groupes : le premier groupe respecte l’équilibre de plateau, puis de se meut en harmonie au rythme de la musique, à l’image de la feuille qui s’envole avec le vent. Pendant ce temps, le deuxième groupe observe attentivement afin de faire ensuite ce même exercice.

                        Mettre en scène un texte sur le voyage : Les groupes de travail se mettent ensuite en place afin de se répartir quelques parties de texte et de réfléchir à une mise en scène. Ce travail dure une trentaine de minutes. A la fin du temps accordé, nous asseyons pour voir les propositions des élèves qui n’ont pas pu passer la semaine dernière : il s’agissait de préparer un « cadeau scénique » sur le thème du voyage. Ensuite, chaque groupe a mis en scène le texte qui lui était donné.

                     Pour la semaine prochaine : nous devons apprendre un paragraphe du texte de Stefan Zweig Le Monde d’hier. Nous devons également chercher un discours politique réel sur les migrants et pouvoir le lire à la manière d’un politique. Nous avons le droit de le modifier un peu.

             

            SÉANCE DU 19/09/2019 (Malou)

            Journal de bord

            Deux élèves ont été choisis comme premiers responsables du journal de bord pour la séance, à savoir Gabriel et moi-même. Le journal de bord sera une référence pour notre groupe tout au long de l’année, la mémoire de notre travail et une occasion de réfléchir sur les activités que nous pratiquons en cours. Nous y ferons une description précise et objective de chaque cours, en précisant les propositions faites par les élèves, la professeure ou encore les intervenants au cours de la séance à l’aide par exemple de citations. Chaque rédacteur y mentionnera aussi ses réflexions personnelles sur l’intérêt des propositions ou sur les trouvailles du cours.

            Nous avons ensuite procédé à la lecture de deux exemples de journaux de bords réalisés par des élèves de l’année précédente afin d’avoir quelques repères sur ce travail.  Les élèves y racontaient une séance de pratique et cela nous a permis de nous rappeler quelques conseils de jeu : avant d’entrer en scène, s’interroger sur l’état de son personnage, sur le lieu d’où il vient, sur ses raisons de venir, sur son objectif. Ces éléments, si nous parvenons à les préciser nous permettront de trouver le « concret » dans le jeu. Avant le passage au plateau Thomas et Domitille ont lu des extraits du deuxième journal dans lequel sont exprimées les interrogations des terminales quant au costume et la mise en scène de leur texte.

             

            Une écriture collective sur la liberté de circuler

            Après ces mises au point méthodologiques, nous sommes entrés dans notre projet proprement dit. Dans le cadre de l’option facultative théâtre du lycée Montaigne, nous travaillons avec la Maison du Geste et de l’Image (MGI) dont la thématique est, cette année, celle de « la liberté ». De multiples approches sont possibles sur un thème aussi ouvert, et notre groupe va s’intéresser plus précisément à un thème étroitement lié à l’idée de liberté, celui du voyage, et plus particulièrement la notion de liberté de circulation.

            Notre professeure et la comédienne avec laquelle nous travaillerons, Garance Rivoal, nous proposent de ne pas partir d’un texte dramatique, mais de réaliser une création collective à partir de recherches documentaires et de matériaux apportés par tous les membres du groupe. C’est une démarche intéressante, un peu angoissante aussi car d’une certaine façon, nous ne partons pas de quelque chose de précis ou de solide, et nous ne savons pas où on nous allons arriver. Mais après tout, sur un sujet comme le voyage, cette incertitude sera sans doute fructueuse.

            Dans la perspective de ce travail, notre professeure nous a chargés d’apporter un document chaque semaine sur la notion de voyage et de liberté de circulation, peu importe sa nature, afin de nourrir notre réflexion et notre imaginaire. Presque tous les élèves ont apporté quelque chose et nous avons réalisé un premier tour de table pour exposer nos propositions : des chansons, des poèmes, des images, des romans, des citations et même une sculpture ont été présentés. J’étais plutôt étonnée de cette diversité et de l’inventivité dont certains ont fait part, ce qui est plutôt de bon augure. Notre professeure nous a donné l’extrait qu’elle avait apporté : L’usage du monde de Nicolas Bouvier.

             

            Echauffements

                Après la pause goûter, nous sommes passés au plateau pour la partie pratique. De petits exercices avaient pour but de prendre possession de l’espace et de faire mieux connaissance avec les membres du groupe. Premier exercice : un travail sur la respiration. Pour certains, la concentration et l’écoute ont été un peu laborieuses. Ce fut l’occasion de rappeler l’importance de l’écoute au théâtre : « au théâtre on regarde autant le comédien qui reçoit la réplique que celui qui l’a prononcée. C’est la manière dont une réplique est reçue qui lui donne son importance. ».

            Le deuxième exercice consistait en un tour des prénoms, tous en cercles nous avons d’abord fait un premier passage en prononçant simplement notre prénom accompagné d’un geste que l’ensemble du groupe devait reproduire ensuite. Puis deuxième passage, cette fois-ci nous annoncions le nom d’un camarade en lui lançant une balle fictive. L’objectif était d’une part la mémorisation et d’autre part de réussir à travailler avec son corps. Nous avons parfois eu quelques difficultés à nous investir physiquement et à nous relâcher. Mais ce n’était finalement que notre première vraie séance, il est normal que, ne connaissant pas le groupe, on ne soit pas tous immédiatement en confiance. Cet exercice a donc été repris trois fois et à la fin l’ambiance était déjà bien plus détendue.

            Pour le troisième travail, le groupe a été séparé en deux. Une partie passait au plateau sur une musique afin de travailler notre vision latérale, notre capacité à nous écouter et à former un choeur. Un meneur était désigné et devait proposer un enchaînement de mouvements au ralenti tandis que les autres légèrement derrière s’efforçaient de le suivre tout en gardant les yeux fixés sur un point, « le secret ». Pour les membres aux extrémités la tâche était d’autant plus difficile et certains meneurs étaient trop rapides mais dans l’ensemble le rendu était plutôt beau et l’illusion de synchronisation plutôt réussie.

             

            Voyages rêvés

            Enfin, pour achever cette séance de pratique, la classe a été séparée la classe en quatre groupes d’improvisation avec pour seule consigne : présenter un voyage imaginaire. Nous avons eu droit a de très belles propositions comme un voyage aquatique, un safari, un voyage dans les paradis artificiels ou encore un voyage sur la lune. Chaque groupe effectuait un premier passage puis nous en discutions et ils proposaient à partir de nos conseils une versions améliorée ou complètement différente de la précédente. Nous avons pu mesurer combien le ralenti et la musique nous ont aidés à créer des atmosphères singulières.

            Matériaux

                 Pour clôturer le cours nous avons effectué une lecture chorale du texte de Nicolas Bouvier avant d’entamer le visionnage d’un court extrait du documentaire : 10e chambre, instant d’audience, par Raymond Depardon.

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