Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 17/10/2019
      • JOURNAL DE BORD SEPTEMBRE : Première Spécialité théâtre

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            SEMAINE DU 9 SEPTEMBRE (Lara)

             

            Échauffement

            Nous avons commencé par un échauffement comme toutes nos séances de pratique. Toute la classe monte sur le plateau, nous commençons alors par l’exercice de l’« équilibre du plateau » qui consiste à équilibrer le plateau de manière égale. Il faut alors marcher et imaginer que chacun d’entre nous a une bulle autour de soi, Isabelle Rivoal qui est une comédienne qui participe a nos cours, frappe parfois dans ses mains ce qui nous donne l’ordre de s’arrêter pour qu’elle puisse vérifie que l’espace personnel de la bulle est respecté. Cet exercice permet de découvrir tout le plateau sur lequel nous allons jouer, en prenant nos marques, nos repères en établissant une confiance réciproque et individuelle. Certains tournent en rond : « dès qu’on marche en rond c’est que dans la tête sa tourne aussi en rond ».
            Suite à cet exercice nous commençons alors un exercice de « mémoire», nous devons tous fermer les yeux et en nous touchant, elle nous interroge sur la tenue d’une personne en particulier, la connaissance des prénoms de notre groupe, et parfois même elle nous demande si nous nous souvenons de notre position sur la scène ou alors elle nous interroge sur le décor de la salle dont l’emplacement des affiches, de l’armoire et du projecteur dans la salle...
            Après cela nous reprenons l’exercice d’« équilibre du plateau » mais en changeant de rythme de marche en allant plus vite ou plus lentement, la bulle personnelle est alors quelquefois cassée.

             

            Marches au plateau
            Suite à cet échauffement Isabelle décide de diviser le groupe en deux, et de n’en laisser qu’un seul sur le plateau ce qui permet d’avoir un plus petit groupe tout en restant sur l’exercice d « équilibre du plateau » mais cette fois-ci nous étudions la manière de nous déplacer.
            Elle demande alors :

            • « Imaginez comment marche Tom »: ils n’ont pas tous la même manière de marcher car Tom est un personnage difficile à cerner dans la pièce.
            • « L’imaginer ivre » : certains exagèrent sur le fait de ne pas marcher droit et d’autres le cachent en assurant un certain contrôle de leur corps.
            • « Furieux » : Tout le monde marche assez vite, ce qui fait plus de bruit sur le plateau.
            • « Comment est le corps quand il est furieux contre sa mère ? » : c’est alors que le visage doit aussi exercer une tension et dégager une expression. Les corps commençant à se chevaucher, Isabelle explique que « quand on est trop près des autres plus rien ne peux se jouer ».
            • « Trouver la marcher de Laura » : presque tout le groupe regarde par terre, marche lentement, et se tient les mains ce qui exprime bien le côté renfermé de Laura et son manque de confiance en elle. Isabelle précise que « Laura veut avoir une grande bulle autour d’elle » : il faut donc imaginer la bulle de Laura.

            Nous avons alors changé de groupe et c’est le groupe auquel j’appartient qui est allé sur le plateau. L’autre groupe est alors passé en exercice de «spectateur » et de prise de note. Elle nous demande alors :

            • « Imaginez l’état d’Amanda quand elle est sûre d’elle » : beaucoup d’entre nous marchaient très vite et même certains dansaient.
            • « Imaginez Jim » : tout le monde avait le regard et la marche sûrs.
            • « Jim quand il n’est pas sûr de lui » : le regard et la marche sont devenus plus hésitants.

            Ces exercices nous permettent de rentrer dans la peau des personnages et d’étudier la manière, les traits de personnalité et le caractère des personnages de la pièce que nous devrons exprimer.

             

            Interprétation chorale du rôle de Tom

            Nous commençons par un exercice de jeu choral et de placement texte en main. « Prendre le rôle de Tom tel que chacun l’imagine ». La consigne consiste à faire une proposition d’entrée en ayant une attitude, une posture, une façon d’être en marchant puis rester, puis lire deux phrases chacun en s’adressant au public. Isabelle explique que dans cet exercice d’improvisation « Nous allons composer avec chacun de vous », « On doit se voir composer le même personnage qui est Tom».
            Cet exercice est intéressant car dans chacun peux montrer le personnage tel qu’il l’imagine et tel qu’il se comporte pour lui : On peut se mettre assis, debout, au devant de la scène en descendant du plateau, au fond, sur l’escalier ou même au milieu si le comédien le souhaite.

            • Inès commence son interprétation de Tom, elle décide de prendre avec elle une cigarette et de s’assoir au devant de la scène tout en mimant le geste d’allumer la cigarette.
            • Amet décide lui de prendre une chaise et de la monter sur le plateau. Isabelle lui propose même de ne pas avoir peur de monter dessus la prochaine fois puisqu’il était en fond de scène.
            • Simon se place sur le rebord de la fenêtre de la salle, coté jardin. Des problèmes pratiques surviennent : notre professeure prévient que ce placement sera un peu complexe pour le spectacle car les rideaux des fenêtres côté jardin sont mécaniques, et que le noir est nécessaire pour la représentation, cet espace sera donc sûrement inaccessible.
            • Je trouve ces prestations intéressantes car elles montrent l’interprétation d’un Tom plus extraverti.

            Isabelle propose au groupe de refaire l’exercice, mais elle change légèrement la consigne, elle propose cette fois-ci d’entrer en changeant de rythme; de se placer, de trouver une attitude puis parler et chacun doit commencer à rentrer sur le plateau quand l’autre comédien commence à parler. Il faut cependant rester dans l’équilibre du plateau en se plaçant.

            • Cette fois Paloma décide de rester assise, accoudée sur les marches. Cette proposition est intéressante car l’escalier est un endroit important dans cette pièce et même symbolique.
            • Camille s’adosse en fond de scène sur le mur, elle lui propose même de ne pas hésiter à mettre son pied sur le mur la prochaine fois pour donner une allure plus détenue de Tom.
            • Hamet se place cette fois-ci sur le devant du plateau mais laisse une fesse hors du plateau, dans une attitude décontractée.
            • Noah montre une entrée assez surprenante, en sautant sur le rebord du plateau.

            Le rythme était parfois dur à enchainer et l’équilibre du plateau n’était pas toujours bien exécuté mais c’est normal car c’est la première fois que nous faisons ce type d’exercice. Je trouve que cet exercice est intéressant car il permet juste de prendre l’attitude de Tom, de voir comment il peu se déplacer ou se placer pour chacun d’entre nous .

            Répétition de la scène 2 (Dorian, Anne-Laure, Laura)

            Dorian interprète Tom, Anne-laure Amanda et moi Laura. Nous avons placé sur le plateau deux tables et trois chaises et nous avons pour le moment respecté les didascalies : « Amanda fait face au public. Tom et Laura sont assis de profil. » (page 17).

            Parmi les remarques reçues, nous avons noté qu’Anne-laure doit faire exister ses galants autour d’elle et ne pas hésiter à s’enthousiasmer de manière excessive, dans l’énergie d’Amanda. Dorian doit montrer son agacement incessant pour sa mère Amanda. Les disputes entre Tom et sa mère conduisent Laura à se renfermer, à chercher à s’effacer, ce qui explique que je reste à ma place pendant presque toute la scène.

             

            Observation d’un journal de bord

            Notre professeure nous a montré quelques conseils sur la tenue du journal de bord. Il doit contenir quelques éléments simples : la date, notre nom, la description de la séance pratique et des éléments de théorie. Il est notamment important d’interpréter et de trouver l’objectif et l’intérêt des exercices et plus largement de la séance, ce qu’elle a apporté, de conserver les conseils, les questions, et d’expliquer son regard personnel. Nous avons observé un exemple de journal de bord d’une autre classe.

            Au fil des échanges, nous précisons plusieurs termes comme :

            Sous-texte : l’écart entre ce que le personnage dit et son objectif véritable.

            Cadre de scène : la limite entre l’espace du plateau et le public.
            Dans La Ménagerie de verre, il y a deux cadres de scène (celui du plateau et celui du salon qui sert de chambre à Laura) ce qui permet de suggérer que les personnages jouent des rôles.

            Nous rappelons l’importance de la forme de la mise en abyme du théâtre, du théâtre dans du théâtre (comme dans Hamlet avec la scène des comédiens)
            Métathéâtre : Quand une pièce met en scène un personnage qui entretient un rapport avec le théâtre, ou lorsqu’un personnage parle du théâtre ou nous parle directement à la manière d’un présentateur.

             

             

            ANALYSE DRAMATURGIQUE :

            La didascalie de présentation des personnages :

            Nous lisons le texte ensemble pour en faire une analyse dramaturgique avant de l’interpréter au plateau. Les personnages sont présentés dans une première didascalie. Avant d’entrer dans le détail des scènes, nous nous interrogeons plus globalement sur les personnages et leur ligne de force dans la pièce.
            Pour Laura une question se pose à nous : « comment faire comprendre que Laura a un handicap physique et psychologique et comment l’incarner concrètement ?».

            Pour Tom, nous nous demandons « comment montrer qu’il est à la fois  un personnage du passé, différent des membres de sa famille et de ses amis, et qu’il est le narrateur qui nous parle au présent. Comment incarner le fait qu’il a deux statuts : narrateur et personnage ?».
            Nous avons constaté en lisant la fin de la pièce que c’est une pièce basée sur le remord d’un souvenir trop présent pour Tom. Il tente de se délivrer de ce souvenir. Comment rendre concret le fait que nous voyons un souvenir ?
            Nous avons aussi remarqué que Laura doit être au centre de la pièce, car le centre du souvenir de Tom est Laura et son regret de l’avoir laissée pour échapper à sa mère reste dans sa mémoire

             

            La didascalie liminaire sur le décor : pistes de scénographie

            D’après la didascalie du début de la pièce, nous avons vu que l’immeuble est à l’arrière donnant sur une ruelle sombre « C’est par ces ruelles que se font les entrées et sorties extérieures ».

            « comme une verrue » cette expression est une image forte venant de l’écrivain, une dénonciation des conditions de vie des personnages.

            Cependant, nous constatons que la première didascalie est tellement importante et littéraire que nous demandons si nous pouvons la faire entendre au public : quelqu’un pourrait marcher parmi les spectateurs en leur décrivant la scène par la didascalie ou alors une voix off déjà enregistrée par un élève au début de la pièce, pour que le spectateur puisse se créer l’ambiance et se faire le décor lui même de ce souvenir.

            Comment utiliser l’escalier ? : l’escalier d’incendie représente dans la pièce un symbole important pour Tom, il montre que la pièce a un côté étouffant car Tom ne peut plus respirer en raison de l’oppression de sa mère il fuit l’incendie. Cet escalier a donc une dimension à la fois sociologique (milieu pauvre) et poétique (symbole de la pression exercée par sa mère).
            Nous avons aussi remarqué l’importance du matériau de l’escalier : le métal qui est esthétiquement et physiquement froid. Cela nous fait penser au film West Side story qui se passe souvent dans une arrière d’immeuble avec des escaliers d’incendie (1961).

            • La pièce a un statut particulier : « La pièce étant faite de souvenir ». Le metteur en scène commente l’action : « il nous donne à voir ses souvenirs » dans la préface. Nous ne sommes pas obligés de montrer un espace réel, nous nous demandons comment représenter un espace mental de souvenir.
            • Emma propose de jouer sur la lumière en donnant une impression de flou. On peut jouer avec la lumière en cachant des choses que l’on ne voit pas au début mais plus tard dans la pièce pour la faire évoluer. Je suis d’accord car la lumière fait ressortir certaines choses diffuses et poétiques.
            • Quelqu’un d’autre propose un fond sonore qui donnerait une ambiance particulière.
            • Paloma propose une paroi de verre
            • Isabelle avait proposé à son tour au dernier cours un tulle pour le souvenir, créant une séparation entre la réalité et le souvenir tout en voyant ce qu’il se passe. Mais la question ce pose de comment l’accrocher ; peut être avec du fil et des pinces à linge. Il faudra se les procurer.
            • Pour représenter le souvenir j’ai imaginé qu’il pourrait y avoir des espaces vides sur le plateau et non pas des objets partout, car on ne se souvient pas forcement de tout quand il s’agit d’un souvenir.
            • Notre professeure nous dit que l’« on peut aller jusqu’à des choses folles, qui partent de sensations très concrètes » en donnant l’exemple d’une mise en scène où il y avait des assiettes cassées partout par terre.
            • Les élèves ont alors suivi cette piste : en proposant pour Tom « Une cage (métallique), une prison, un piège, un cocon de plume, ou alors un nid, ce qui pourrait apporter une transposition poétique et qui montre à la fois son attachement et son enfermement, le sentiment qui le retient.
            • Camille propose « d’attacher Tom à une ficelle tout au long de la pièce », d’utiliser des « Cordes entremêlées ». Mattéo propose l’image de la toile d’araignée.

            Une élève ne comprenait pas l’utilité du rideau derrière la scène madame Basuyaux lui explique alors que l’enjeux de voir la scène et de se contextualiser la scène dès l’installation du public est aujourd’hui très utilisé dans le monde du théâtre.
            « Comment va-t-on jouer sur cette situation théâtrale »

             

            Distribution

            Nous passons ensuite au debriefing des répartitions de rôle. Moi: Laura dans la scène 2, Noah : Jim dans la scène 5, Emma Tom dans la scène 6… La distribution sera en ligne. Notre professeure nous demande de choisir quelques pages du moment que l’on souhaite particulièrement interpréter.

            Pour le rôle d’Amanda la consigne de jeu est « pas de réalisme ». Nous évoquons le personnage de Scarlett O’Hara dans Autant en emporte le vent. Nous en regarderons des extraits pour observer son jeu.

            Dans cette pièce Laura est un personnage qui n’a pas de chambre, pas d’intimité, donc elle n’a pas d’espace privé, son espace personnel est donc rétréci et étouffant pour Laura notamment par l’espace que prend sa mère sur sa vie.


            La ménagerie de verre qui est le titre de cette pièce a une place importante dans celle-ci, nous nous demandons alors « Est ce qu’on fait exister concrètement ces animaux de verre sur scène ? » « Est ce qu’on brise quelque chose sur scène ?». Allons nous travailler sur ce côté concret ou alors abstrait et poétique par une projection, par un son ?
            Vient alors la question de la « photographie du père » qui est le grand absent de la pièce et en même temps la grande présence. Par le rôle de Tom on comprend que pendant la pièce Amanda «Se bat pour que quelque chose ne se produise pas mais il se reproduit » par le départ de Tom. « Qui est ce père ? », « Est-ce qu’on met une photo d’un comédien qui joue le rôle de Tom ? » « Un vêtement spécifique ? », la question de la taille de la photo se pose. J’ai pensé que le cadre du portrait pourrait être vide car nous ne connaissons pas ce personnage et que si cette famille est dans cette situation c’est bien sûrement à cause de ce père, donc le vide serait intéressant pour montrer que depuis qu’il est parti, il y a un vide et que sa place est irremplaçable.

             

             

             

            SEMAINE DU 23 SEPTEMBRE 2019 (Milla - Ousmane)

             

            Rappel sur les équipes artistiques : Lors de cette séance de pratique, Isabelle et notre professeure nous ont rappelé de faire des propositions de scénographie, de costumes, etc. pour la mise en scène de La ménagerie de verre et d’apporter ce qu’il faut comme matériel pour réaliser nos idées, pour les mettre ne pratique.

             

            Échauffement :

            Isabelle nous demande de faire 5 groupes de 4 personnes et de faire une improvisation dans laquelle nous devions résumer la pièce. Les groupes doivent être mixtes. Nous pouvons résumer la pièce comme nous le souhaitons, soit avec seulement des narrateurs ou bien avec les personnages pour pouvoir observer les différents points de vue de chaque élève. Nos professeurs nous rappellent quelques règles pour l’improvisation (se mettre d’accord sur un début et une fin, ne jamais refuser une proposition, écouter le partenaire pour réagir, ne pas parler sans cesse, travailler aussi avec le silence). Isabelle nous conseille de nous souvenir des démarches pour le personnage que nous devons interpréter. Chaque exercice doit enrichir le passage au plateau de la semaine suivante. Nous devons aussi parler plus fort pour être audibles et être « dans l’action » avant d’entrer en scène. Nous devons nous demander ce que fait le personnage avant d’entrer, il est déjà dans une action et il vient pour une raison précise.                                                              

            Le 1er groupe est celui d’Hamet et GaÏa. Leur groupe a  fait une très bonne mise en scène, Isabelle leur a dit qu’ils ont bien compris les consignes mais qu’ils doivent mieux soigner la fin de leur scène pour les prochaines fois.                                                                                                                                                                   

            Le 2ème groupes est celui de Matteo , Noa, Camille et Milla ils jouent un groupe d’amis qui donne leur avis sur le livre en se parlant au téléphone, La mise en espace était très intéressante, ils ont su accueillir l’imprévu et l’utilisation du téléphone est une bonne idée.                                                                                                                                   

            Le 3ème groupe est celui de Damien, Julie, Simon et moi. On a fait une mise en scène sur les retrouvailles des personnage principaux, dès années plus tard, c’est une sorte de thérapie familiale. Les rires nerveux d’Amanda sont à réutiliser et la position de Laura et Jim était intéressante                                                                                                                                                               

            Le 4ème groupe à être passé est celui d’Emma, là aussi c’est une sorte de thérapie familial, Isabelle leur a dit que leur posture était bien et d’avoir placé Laura au milieu de Tom et Amanda était une bonne idée car Amanda et Tom se disputé en faisant des gestes sans faire attention à Laura, qui elle essayé de les calmer.

            Le dernier groupe à être passé est celui d’Inès, Casey, Lara et Paloma qui eux se sont fait passer pour des voisins qui racontaient la vie qu’avait Tom, Jim, Amanda et Laura. Certains élèves doivent parler plus fort.

            Travail sur les scènes

            Nous sommes ensuite rapidement passés au jeu des scènes. Nous avons commencé à jouer à partir de la 2ème scène, texte en main. Nos professeurs nous demandent de faire des propositions, de nous demander ce que fait Laura avant l’arrivée de sa mère, de réfléchir à notre placement dans l’espace, d’essayer de nous projeter dans la situation et de nous l’approprier en nous demandant, par exemple, comment nos parents réagiraient si nous leur avions menti comme le fait Laura, cela peut nous donner un point de départ.

             

            Le théâtre baroque, présentation par Isabelle Grellet

            Mercredi, pendant le cours de théorie, madame Isabelle Grellet, une metteuse en scène spécialisée dans le théâtre baroque est venue nous rendre visite. C’est grâce à elle que la spécialité théâtre a été créée au lycée Montaigne. Isabelle Grellet a créée l’option théâtre au lycée Montaigne avec Eugene Green. Eugène Green, écrivain et metteur en scène français a renoncé au théâtre baroque dans les années 2000 car il y avait beaucoup de violence contre ce théâtre et il a commencé à faire du cinéma, sa carrière marche très bien aujourd’hui. Eugène Green avait créé des pièces de théâtre avant de connaître Isabelle Grellet. Il a travaillé sur le répertoire du 17ème siècle ; La Fontaine, Saint-Amant, Desmarets de Saint Sorlin, il a essayé de retrouver la « fraicheur originelle de ses textes ».


            Le théâtre baroque a été créé environ vers le milieu du XVIe siècle et a duré jusqu’au milieu du XVIIe siècle. Les textes du théâtre baroque ont comme caractéristiques la démesure, l’illusion, les structures en déséquilibre. C’est une période durant laquelle on dit que « l’incroyance n’était pas envisageable ». Parmi les pièces emblématiques du théâtre baroque, on trouve L’illusion comique de Corneille. Le baroque est reconnaissable grâce au thème de l’illusion, de la mort, du déséquilibre, de la mise en abyme, du mélange des arts (musique, théâtre, danse, chant).

            Isabelle Grellet nous a par la suite raconté les caractéristiques du « jeu baroque». En France, le baroque était joué dans une salle fermée avec un éclairage à la bougie, c’est pourquoi les représentations actuelles en jeu baroque reprennent ce type d’éclairage.

            Les comédiens ont un maquillage blanc pour aller avec l’éclairage aux bougies. Pour ne pas éblouir les spectateurs avec la lumière des bougies, une rampe était installée devant les bougies. Nous nous interrogeons sur la nature des costumes. Isabelle Grellet nous explique qu’ils appartenaient aux comédiens et que c’étaient des costumes qui coutaient très chers : « Ils portaient leur fortune sur eux ».

            Dans le baroque, il y avait une prononciation particulière, la déclamation baroque. Les pièces baroques étaient parfois jouées devant plus de 3000 personnes. Pour pouvoir entendre ce que les comédiens disaient, les comédiens portaient toujours leurs voix en direction du public.  Isabelle Grellet nous rappelle que la langue baroque n’est pas la langue de tous les jours.

            Le théâtre baroque se caractérise par une gestuelle, qu’on retrouve grâce à un travail sur la peinture du 17ème siècle (Le jugement de Salomon de Poussin). Il y a d’autres traditions théâtrales, comme la commedia dell’arte qui est une comédie italienne reconnaissable grâce a un jeu masqué. Cette technique de jeu force les comédiens à jouer avec leur corps car si leur visage est masqué leur seul moyen d’expression est le corps.

            Le but du baroque n’est pas de faire une reconstitution ou un cours mais bien de faire un spectacle et de faire redécouvrir des textes, de trouver une démarche artistique. Dans les mises en scène baroque, on cherche à  retrouver, y compris par cette prononciation, la fraicheur de l’origine de ces textes. C’est le cas pour le travail de Benjamin Lazar dans Les Etats et empires de la lune (la pièce que nous sommes allés voir le samedi 28 septembre). Ce texte de Cyrano de Bergerac est parfois représenté comme le premier texte de science-fiction.

            Nous apprenons ensuite les bases de la prononciation baroque : nous faisons vivre tous les sons, toutes les liaisons, et tous les « e » muets, toutes les consonnes sont prononcées devant une voyelle. « La déclamation agit comme un conservatoire de la langue. ». Isabelle Grellet nous explique de quelle manière on a pu faire des hypothèses sur la nature de cette prononciation, quelles ont été les sources. Nous nous sommes ensuite entrainés à déclamer de manière baroque la fable de La Fontaine « Le corbeau et le renard », chacun à notre tour nous disions deux vers.

            On peut travailler en jeu baroque des textes qui ne viennent pas forcement du théâtre. La principale chose est la magie du théâtre et sa liberté. Pour ce qui est des costumes, lorsqu’elle était enseignante, Isabelle habillait ses élèves en noir et prenait souvent des bougies. Le maquillage blanc fait ressortir le visage grâce aux bougies, tous les traits du visages et les mains ressortent bien. Isabelle Grellet nous a aussi parlé de l’endroit où ils jouaient du théâtre : dans le sous-sol du lycée Montaigne mais cette salle a été fermée à cause de problèmes de sécurité.

            Ensuite nous avons regardés un extraits de « L’Autre monde ou les états et empires de la lune », on observe un comédien seul en scène qui revient sur les théories scientifiques de la Terre comme la rotation de la Terre et qui porte un regard critique sur la société qui est la notre.

            Pour finir Isabelle Grellet nous a entrainés à faire des sons à la manière baroque et nous a lu le « Corbeau et le renard » en déclamation baroque. Nous avons essayé d’en dire deux vers chacun. Au plateau, nous avons fait un exercice qui consiste à tordre notre corps dans des directions différentes.  Elle a appelé cette exercice « le tire-bouchon baroque »

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