Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 03/11/2019
      • JOURNAL DE BORD : TERMINALES FACULTATIVE THEATRE (PROJET : PINOCCHIO)

          • Séance du 15 octobre 2019 (Clara)

            Retour sur Pompiers

            Après avoir été (légèrement) dérangés par l’alarme incendie du lycée nous débutons notre discussion autour de la pièce Pompiers que nous avons vue le mardi 8 octobre au théâtre du Rond Point. Nous commençons par lire sur le blog du lycée les remarques des élèves du groupe de secondes, ces remarques pourront nous aider pour élaborer notre compte-rendu de mise en scène.

            Nous lisons d’abord des remarques sur la scénographie de la pièce, avec des analyses de la symbolique du décor. Les élèves de secondes ont fait des remarques sur l’utilisation de l’espace dans la pièce, qui peut avoir une dimension psychologique, avec l’importance du mouvement des corps et les rapports de force. On trouve aussi diverses interprétations possibles sur l’importance de leur position sur la scène. Les lumières ont une signification cruciale car elles mettent en lumière différents éléments de la pièce, comme les sentiments. Les costumes sont également une source d’inspiration pour nous, comme le fait que le personnage de la pièce soit habillée comme une enfant car elle n’avait pas encore la conscience d’être une femme.

            C’est à ce moment là que les élèves de notre groupe prennent la parole sur ce qu’ils ont lus, pour le compléter ou encore apporter des nuances. Léa et Jeanne apportent des précisions sur la scénographie et notamment la grande porte qui peut faire penser aux portes de l’enfer et au danger qui les attend, et donc par extension au jugement dernier, ce qui peut apporter une connotation religieuse. Léa précise la dimension symbolique de la lumière en expliquant qu’elle peut représenter l’espoir et que le pompier bloque la lumière et donc l’espoir de la jeune femme. Jeanne nous expose ensuite que la lumière rouge est très liée au pompier, elle peut représenter les flammes d’un incendie et la joie qu’il ressent au sortir du procès est équivalente à celle qu’il peut ressentir lorsqu’il sort du brasier triomphant. Cette impression d’exister peut être mise en parallèle avec le moment où la jeune femme entrait dans le camion de pompier. Marguerite ajoute que le costume final de la jeune femme est une robe blanche, une couleur qui correspond à l’innocence et à la pureté.

            Nous continuons notre lecture et lisons que cette pièce présente les rapports d’un personnage à l’autre, entre la manipulation et la naïveté, la colère et la douceur... Salomé ajoute sur la question des déplacements qu’il ne dépassent pas une limite, qu’ils se tournent autour presque comme un jeu du chat et de la souris. Même si pendant la scène du bal, qui est un flash-back, comme l’explique Jeanne, le pompier essaie de se rapprocher de la femme mais il finit par s’en aller et elle reste seule, comme si elle l’attendait, ce qui peut s’appliquer à toute leur relation. Nous nous concentrons donc sur le personnage du pompier et Charlotte nous dit qu’il est un personnage négatif, sans nuance donc manichéen, il n’a aucune évolution dans la pièce contrairement à la femme. Ce qui est peut-être trop, car un personnage sans nuance devient moins intéressant. Car même si nous aurions pu comprendre son acte, comme nous le dit Matthias, son discours de fin est cruel et enfonce encore le personnage dans la noirceur.

            Pour en revenir au personnage féminin, Charlotte ajoute qu’elle est présentée comme l’opposée du pompier et Antoine remarque que cela lui fait penser à Adam et Ève, c’est à dire un personnage pur qui commet un mauvais acte. Salomé précise que la scène de lutte fait penser à la fin à une piéta, c’est une scène lente et sans bruit qui provoque beaucoup d’émotions. Nous essayons de nuancer notre position à l’encontre du pompier : comme l’expliquent Taïna et Camille, cette femme est pleine de contradiction, car son désir est toujours animé. Même si à la fin, l’incohérence du fait qu’il ait été relaxé et qu’il revienne ensuite vers la jeune femme le fait être définitivement méchant.

            Nous proposons ensuite différentes problématiques qui peuvent nous être utiles pour notre compte-rendu.

            Rencontre avec Isabelle Rivoal

            Nous rencontrons la comédienne qui va nous aider à préparer notre pièce Pinocchio. Il s’agit d’Isabelle Rivoal, une comédienne qui travaille avec Joël Pommerat notamment pour sa pièce le Chaperon Rouge. Isabelle nous explique qu’elle a une formation de danseuse et qu’elle souhaite nous faire travailler sur l’engagement physique dans la pièce. Après un rapide tour de présentation de chacun d’entre nous, nous prenons notre inévitable goûter et nous démarrons nos deux heures de pratique.

            Nous nous mettons en cercle pour continuer à découvrir notre pièce. Isabelle nous indique que les personnes qui lisent doivent s’avancer au centre du cercle et travailler sur l’adresse, c’est à dire regarder et parler à son partenaire ou au public dans le cas du personnage du présentateur. Ce personnage-ci présente une caractéristique inédite, car il est difficile de s’adresser à beaucoup de personnes à la fois.

            Les élèves tournent donc sur eux-mêmes pour parler à tout le monde ou vont plus près des personnes pour leur dire vraiment les choses. Chaque élève est passé plusieurs fois ce qui permet de faire des propositions, le plus souvent humoristiques comme Gustave qui a lu le rôle de la fée. Les personnes au centre choisissent les suivants, parfois en ayant en tête une personne précise pour un rôle, parfois totalement au hasard ce qui peut donner lieu à des découvertes intéressantes et cocasses. Et la façon dont une personne jouera un rôle pourra même nous donner envie d’interpréter ce rôle. Pour faire travailler l’adresse, Isabelle a placé Youna et Clémentine assez loin, pour les pousser à se faire entendre. Notre professeure et Isabelle ont fait peu d’interventions, elles ont laissé les élèves jouer comme ils le voulaient, sans donner pour l’instant d’indications strictes.

            Cette découverte du texte dans son ensemble nous permet de choisir les scènes que nous souhaitons interpréter, bien que certaines aient plus de succès que d’autres. Immédiatement après la fin de la lecture, Mme Basuyaux a fait passer des feuilles où nous devions écrire dans l’ordre de préférence trois scènes que nous souhaitons interpréter. Ce choix a été fait à chaud, nous n’avons pas vraiment eu le temps d’y réfléchir longtemps. Ce qui indique que ce sont des choix spontanés, et donc assez forts.

            Faire des propositions

            Ensuite, notre professeure nous explique que pendant les vacances nous devrons trouver des idées pour la mise en scène car dans notre pièce certains éléments sont difficiles à transposer sur un plateau. D’abord la mer, que nous pourrions faire avec de la lumière bleue et des bruitages, ou encore avec une grande bâche bleue qui ferait du bruit lorsque quelqu’un irait dessus. Salomé nous donne aussi l’idée de mettre des masques aux deux escrocs, ce qui pourrait rappeler le conte original ou il s’agit d’un renard. L’idée de bonnets d’ânes pour la classe, et aussi plus tard lors de la transformation du pantin, apparaît également. Pour ce qui est du nez qui s’allonge, Clara propose d’utiliser les ombres chinoises derrière un drap blanc. Mais d’autres idées viendront après les vacances et le travail de chacun des groupes artistiques.

            Cette séance peut se résumer par la mise en commun de nos impressions sur la pièce Pompiers, notre rencontre avec Isabelle Rivoal, la fin de la lecture de Pinocchio et des premiers éléments de mise en scène que nous pourrons utiliser pour notre spectacle.

             

            Séance du 01/10/19 (Léa)

            Cette séance était un peu spéciale car au lieu des 3h habituelles, elle n’a duré qu’une heure en raison d’une sortie. Afin d’être efficaces, nous avons décidé de faire une demi-heure d’échauffement et dans le temps restant une lecture commentée du texte .

            L’échauffement :

            Nous avons commencé par monter sur le plateau, en nous plaçant comme toujours en ovale pour d’abord faire des exercices sur l’articulation sur des syllabes, puis par groupe de trois, nous devions jouer deux parents qui soutiennent leurs enfant en déséquilibre. Cet exercice nous a fait beaucoup rire mais il est aussi très compliqué et troublant car il demande une attention totale de la part de ceux qui joue les enfants. Cela faisait presque peur et il est aussi difficile pour celui qui joue l’enfant de se laisser-aller.

            Puis un groupe (toujours de trois : Camille pour l’enfant, et Salomé et Jane pour les parents ) est remonté sur scène pour refaire le même exercice mais avec de la musique lente ce qui donnait un rythme à l’enchainement.

            Notre professeure a fait évoluer les consignes : après avoir fait monter Lucrezia, les personnes présentes sur scènes devaient tous faire l’enfant (ou le pantin  , marcher au rythme de la musique ; derrière leurs propositions on pouvaient imaginer des gens ivres, boiteux, ou encore avec un membres qui ne fonctionne pas … on se demandait également si cette douleur était habituelle ou pas .

            Et enfin toujours avec la musique, ces mêmes élèves devaient faire comme des feuilles avec leur corps qui suivait le vent ( la musique), cet exercice-là était vraiment très intéressant et impressionnant car ils semblait vraiment désarticulés, sans volonté, et vides d’émotion comme des pantins.

            Lecture commentée du texte

            Ce jour-là, nous avons analysé le texte de la scène 4 jusqu'à la 7 .

            Le morceau 4 : on a tout de suite remarqué l'innocence et la naïveté qui se dégageait de Pinocchio, parti pour de nouvelles aventures, avec cet attrait pour le danger qui caractérise bien les jeunes enfants, curieux de découvrir le monde, c'est d'ailleurs son premier contact avec l'environnement extérieur. Notamment quand les 2 escrocs parviennent à le convaincre qu'il ne faut pas aller à l'école présentée comme dangereuse mais plutôt aller s'amuser dans une pièce qui se trouve à côté des interlocuteurs d'où en sortirait de la musique.

            Nous avons rapproché la fée (qui apparaît en milieu de scène) avec une représentation de la mère, donc une figure parentale de la raison, du sur-moi. Le pantin se montre franchement très insolent, et désagréable avec elle, qui reste calme, patiente. Finalement il n’écoute pas cette dernière et rentre dans l'étrange bâtiment (le franchissement, symbole de sa désobéissance ?)       .

            Le morceau 5 : très court, nous permet de mieux comprendre la situation : dans la fameuse salle se trouve une diva qui chante un chanson triste, les gens qui l'écoutent semblent l'implorer ; cette scène ressemble fort à celle des d'Ulysse avec les sirènes, ou encore à une cérémonie dans une secte, où les adeptes prieraient leurs gourou.          

            Le morceau 6 : le pantin, lui aussi totalement hypnotisé par la voix, prouve toutefois son absence de codes sociaux (ce qui nous rappelle Vendredi personnage dans « Vendredi ou la vie sauvage », et également l'enfant sauvage qui assiste pour la première fois à un spectacle), en montant sur la scène pour couvrir de baiser la diva qui le repousse ; on peut voir aussi cet acte comme une pulsion sexuelle (hypothèse 1 : la fée représente la mère et la diva représente la femme désirée par un adolescent ; hypothèse 2 : la deuxième est la face diabolique de la première qui serait donc le côté protecteur et maternel ; hypothèse 3 : la fée et la diva sont une seule et même personne (une fée) qui use d'abord du pouvoir d'attraction qu'elle possède pour attirer Pinocchio, puis le repousse pour lui donner une leçon ?). l'ensemble est très comique .

            Le morceau 7 : on assiste au retour du présentateur qui raconte la confrontation comique entre le directeur et Pinocchio (l'un fait une crise de larmes qui provoque une série d’éternuements de plus en plus intenses et répétitifs pour l'autre), nous nous sommes posé la question dont nous pourrions le mettre en scène. En jouant la situation avec le récit ? En ayant seulement les bruitages avec l'histoire ? En écrivant un dialogue entre les deux personnages en plus du jeux ? En utilisant uniquement le récit ? Dans la scène, le pantin dénonce la pauvreté de son père afin d'atténuer sa punition. Nous nous posons également la question de : comment jouer un enfant ? D'après le présentateur, le directeur est censé être à la fois très violent et méchant mais également très gentil, on peut donc peut-être rapprocher son comportement de la vision qu'ont les enfants de leurs parents (méchante quand ils les grondent, et gentils quand ils récompensent ou montrent leurs amour pour leurs petits) . Nous nous somme également posé d'autres questions de mise en scène : devrait-il y avoir une seule personne sur scène ou alors un chœur de gens ? Tous mélangés sur scène ou encore en dualité ? Finalement le directeur par compassion pour Pinocchio décide de ne pas le punir et va même jusqu'à lui donner de l'argent, en lui demandant de ne parler à personne, et de rentrer directement chez lui. Nous avons associé ce passage à l’épreuve du trajet dans le Petit Poucet.

             

             

            SÉANCE DU MARDI 24 SEPTEMBRE (Aliénor)

             

                        Durant la première heure de théorie, nous avons lu les premiers comptes rendus de séance faits par Salomé et Youna. Puis, une ancienne élève est venue nous voir pour nous parler de son épreuve de bac. Pour l’entretien, elle nous a conseillés d’être capables de faire des propositions différentes sur notre jeu, de rester ouverts pour pouvoir exécuter ce que le jury peut nous demander. Pendant l’entretien, la professeure lui a posé des questions sur son dossier, ainsi que sur des pièces vues pendant l’année.

             

                        Préparation de la sortie théâtre : Pompiers

                        Nous avons ensuite lu deux documents, un texte écrit par Jean-Benoit Patricot pour présenter sa pièce PompierS, ainsi que la retranscription d’un entretien de Catherine Schaub sur cette même pièce. Nous les avons lus afin de nous préparer à la vision de cette pièce. Nous avons par la même occasion cherchéle moyen d’introduire de manière plus dynamique notre compte rendu de mise en scène. Nous avons regardé deux vidéos en ligne : des extraits de la pièce PompierS, ainsi qu’un entretien avec Jean-Benoit Patricot qui nous expliquait comment il en était venu à écrire la pièce PompierS. Nous avons ensuite lu et commenté la méthode pour le compte rendu de mise en scène.

                        A la fin de la première heure de théorie, Marion, une autre ancienne élève, est venue nous rendre visite. Elle nous a expliqué comment s’était déroulé la journée de l’épreuve de bac. Les élèves sont venus au lycée à 6h45, ils ont préparé la scénographie, ils ont ensuite fait une répétition. Le professeur est arrivé, ils ont fait leur échauffement devant elle, puis ils ont joué leur pièce. Le professeur les a appelés un par un pour l’entretien. Marion nous a expliqué quel’entretien peut ressembler à une vraie discussion sur les pièces vues ou le sujet de recherche. Cela n’est pas une liste de questions, c’est vraiment un échange durant lequel on peut parler de ce qu’on a apprécié dans les spectacles, ou de ce qui nous a moins intéressé, en expliquant pourquoi.

             

                        Nous sommes échauffés.Comme nous ne nous connaissons pas encore très bien, nous avonsfait un travail de mémoire et d’attention aux autres et à l’espace : nous devions mémoriser les noms des personnes dans un premier temps, puis savoir qui se trouvait autour de nous et finalement décrire (les yeux fermés) la façon dont ils étaient habillés.

                        La moitié du groupe est restée sur le plateau. Par groupes de deux, nous avons travaillé sur les portés. Le travail consistait à se laisser tomber tandis que la deuxième personne devait rattraper. Il fallait alors accompagner le corps de la personne qui tombait. Puis deux groupes constitués de 6 personnes se sont formés. Une personne se tenait au centre et devait se laisser tomber, les 5 autres personnes devaient la rattraper et la porter. Deux personnes devaient maintenir le bas du corps et 3 autres devaient eux maintenir le haut du corps. L’exercice suivant consistait à ce qu’une personne marche et décide à un moment de simuler un évanouissement, les autres membres du groupe devaiten la suivre et se préparer à la rattraper et à l’allonger.

                        Marionnettes : Toujours par groupe de 6, nous avons fait un exercice de marionnettiste, une personne jouait le pantin et les 5 autres personnes s’occupaient individuellement des bras, des jambes et de la tête du pantin. Le pantin commençait allongé ou assis, il devait à la fin se retrouver debout. La deuxième partie du groupe reproduisait les mêmes exercices.

             

                       

            Pinocchio : Nous nous sommes ensuite mis en cercle pour faire la lecture de la pièce que nous étudions, Pinocchio de Joël Pommerat. Nous avons commencé à lire le morceau 2. Le texte n’était pas similaire selon l’édition que nous avions. Nous avons donc lu les deux versions du morceau 2.

             

            Remarques sur le morceau 2 :

            le pantin lorsqu’il demande de la nourriture à l’homme âgé, nous rappelle le personnage du petit prince quand il demande de manière abrupte à l’aviateur de lui dessiner un mouton. On peut alors voir un rapport entre l’enfant et l’adulte, d’un côté l’enfant est capricieux et égoïste, il veut que son désir soit satisfait tout de suite, il est dans l’urgence du désir.L’homme âgé reste très poli face au comportement du pantin.On peut voir qu’il ressent déjà de l’affection pour le pantin. Il y a une inversion des positions, le pantin est tyrannique et impertinent, l’homme âgé et quant à lui totalement soumis au pantin. On peut voir le pantin comme un personnage cruel, on a de la peine pour l’homme âgé. Le pantin montre beaucoup de ressources, il s’exprime très bien. Cette scène peut nous mettre mal à l’aise.  Le pantin est complètement hors de la réalité. L’homme âgé est dominé socialement, il l’est aussi avec une personne qu’il aime ou qu’il respecte.L’homme âgé est émouvant mais le pantin rend la scène comique. Le pantin est cruel, mais c’est parce qu’il est jeune et donc innocent, il ne se rend pas compte de ce qu’il dit. C’est son instinct qui s’exprime.Il ne faut donc pas jouer le pantin comme un personnage pervers. La scène se déroule selon les étapes suivantes : réaction logique, énervement, chantage affectif, menace. La pauvreté est le sujet au cœur du texte. 

             

            Remarque sur le morceau 3 :

            • L’enfant rêve d’une vie de luxe
            • Un lien se construit durant cette scène. Le pantin semble s’adoucir
            • L’homme âgé lui a donné à manger, ce qui a l’air de le satisfaire, de l’apaiser, de le rendre plus doux.Le pantin est agressif, puis quand ses instincts sont satisfaits il s’adoucit.
            • On comprend que le pantin a mangé, pas le vieil homme. L’homme âgé regarde le pantin manger.Le vieil homme est pudique, il ne dit pas les sacrifices qu’il faiT pour assouvir les désirs du pantin.
            • Le pantin a une certaine animalité, il est direct.
            • L’école est présentée par le pantin uniquement comme le moyen de gagner del’argent.

             

             

             

            SÉANCE DE MARDI 17 SEPTEMBRE (Salomé)

            Éléments méthodologiques

            Lors de notre première heure de théorie, nous avons commencé par nous répartir en équipes artistiques (dramaturgie, costumes, lumières, son, et scénographie), afin de connaitre les personnes avec qui nous travaillerons. Les équipes scénographies et costumes étant un peu trop nombreuses, nous nous  sommés séparés en deux groupes, ce qui nous permettra de faire plus de propositions.

            Nous avons ensuite eu la visite de deux anciens élèves de l’option théâtre du lycée, Arthur ayant passé son épreuve l’année dernière, et Dan, élève d’il y a deux ans. Ils nous ont expliqué leur expérience de l’oral de bac, le contenu de leur dossier ainsi que la pièce qu’ils ont présentée. Leur expérience lors de cette épreuve, les questions qui leur ont été posées et la façon dont ils ont vu l’entretien nous ont permis d’avoir une première approche sur l’épreuve que nous aurons à passer en fin d’année et de la façon dont nous devons la préparer.

            Après cette rapide visite, nous avons lu deux exemples de comptes rendus de séance comme nous devrons faire tout au long de l’année afin de nous familiariser avec l’exercice, de remarquer sa complexité et d’avoir des exemples de choses à faire et à ne pas faire. Les comptes rendus questionnent les différences dans la manière d’aborder une pièce, en fonction des personnes, mais aussi en fonction des différents axes de lecture ; ils nous ont permis d’envisager les questions que nous pourrons potentiellement nous poser pour notre mise en scène par rapport aux lumières, au son, à la façon de représenter certaines choses (comme la thématique de la transformation très présente chez Pinocchio). Cela nous a fait prendre conscience que le compte rendu de séance est utile dans sa fonction d’analyse et de description des problèmes rencontrés pendant les séances et des solutions qui ont été trouvées.

             

            Exploration de notre imaginaire de Pinocchio

            Après cet exercice pratique, nous nous sommes lancés dans le travail sur la pièce que nous allons étudier, mettre en scène et jouer cette année : Pinocchio, de Joël Pommerat. La professeure nous a proposé de commencer par un tour de table sur l’imaginaire de Pinocchio, et sur ce que cela inspirait à chacun de nous.

            Nous avons pu remarquer que de nombreux thèmes revenaient assez fréquemment, notamment celui de l’enfance, de l’imaginaire enfantin et des souvenirs d’enfants, intimement liés à Pinocchio, non seulement un conte pour enfants mais un conte sur un enfant. À partir de cette première impression, nous pouvons déjà imaginer le travail important que nous devrons réaliser sur la représentation de l’enfance dans la pièce, dans les costumes, le jeu des acteurs ou encore les moyens scéniques.

            L’autre thème revenu très fréquemment chez les élèves est celui de la peur, parfois même du traumatisme en lien avec certains aspects du conte comme le cri des ânes, les différentes transformations ou bien la scène de la baleine. Ici aussi le problème de retranscription de ces émotions se pose (par les lumières, les bruitages ?). Certaines images ont été marquantes, comme Pinocchio pendu, ou bien la première scène du dessin animé avec la nuit étoilée, l’étoile qui se transforme en fée qui évoque le rêve, souvenir rapporté par Léa.

            Les grands thèmes du conte que nous pourrons utiliser dans la pièce sont d’emblée apparus : la solitude, le changement, la passion qui prend vie. Enfin, à l’aide de cet exercice nous avons pu commencer à noter des références utiles pour la scénographie ou la dramaturgie comme le dessin animé Disney, le film de Luigi Comencini avec Nino Manfredi, Les Aventures de Pinocchio (1972), ou bien la scène de la baleine faisant écho à la scène biblique de Jonas.

             

            Explorations au plateau : le corps du pantin

            Dans la seconde partie de la séance, nous sommes passés au plateau et avons commencé par des exercices d’échauffement, pour apprendre à nous connaitre les uns les autres et à ne pas avoir peur du ridicule.

            Ensuite, nous avons fait un exercice de manipulation : une personne joue le rôle d’un pantin, se laissant manipuler par trois autres personnes. Cet exercice permet d’envisager la vision du pantin qu’a chacun d’entre nous : un pantin se laissant totalement faire, un corps mou difficile à maîtriser, ou bien un pantin plus raide, conservant les positions données par les autres personnes présentes en plateau. Il permet également de travailler la mise en relation du pantin avec son corps, sa capacité à bouger et son environnement, finalement sa prise de vie.

            Après avoir terminé cet exercice, nous nous sommes mis par groupes, de deux à quatre, et nous avons improvisé à partir de notre vision de Pinocchio. Les approches très différentes ont permis la mise en valeur de certains questionnements : Comment sculpter un corps ? Comment représenter une transformation ? Ou encore comment représenter le fait que le pantin prenne vie ?

            Des thèmes majeurs sont apparus comme la découverte de l’environnement dans un imaginaire enfantin, l’importance de la manipulation corporelle et l’idée d’une personne tirant les ficelles, ou le mythe de Pygmalion, revenu à deux reprises dans les improvisations. Ces premières manières d’approcher le conte par le jeu nous permettent de constituer un début de ligne conductrice pour notre travail au fil de l’année.

             

            Entrée dans le texte : Pinocchio, scène 1

            Pour terminer la séance, nous avons commencé une lecture de la pièce de Joël Pommerat, que nous avons comparée avec le début du conte de Collodi. La première chose qui nous a frappés est la dimension plus sombre du texte de Pommerat. Les deux textes montrent un présentateur et insistent sur le caractère fictionnel du récit.

            Une première analyse de la pièce de Pommerat pourrait nous amener à penser que le présentateur serait Pinocchio, plus âgé, racontant son histoire. Pommerat joue sur des doubles sens : le présentateur est aveugle au sens propre comme au figuré, il refuse de voir la réalité en s’enfermant dans un monde imaginaire. Il insiste sur la vérité, et utilise à quelques reprises le mot « compagnie » qui pourrait faire référence à la compagnie de théâtre et crée par cette allusion un effet métathéâtral. Dès le début de la pièce, nous sommes invités à nous demander quel rapport cette pièce entretient avec le théâtre. Peut-être dit-elle quelque chose du théâtre ? Du comédien ? Du metteur en scène ? De la manière de donner vie à un personnage ?

            Le thème de la solitude et de la monotonie apparaissent dans le personnage du vieil homme et se ressentent dans le récit qui marque une froideur pouvant aussi représenter une misère sociale (donnée sociale très présente dans la pièce de Joël Pommerat). Le personnage du vieil homme est étrange : il tient des discussions incompréhensible.

            Cette première scène évoque pour nous certains univers : l’esthétique des films d’horreur par exemple (la nuit d’orage, la créature et son créateur qui nous rappelle Frankenstein, la tronçonneuse même qui rappelle un célèbre film d’horreur).  Nous remarquons la présence importante de bruitages : l’action est narrée, on remarque plus de bruits que de dialogues, ce qui pourrait être traduit par des scènes uniquement d’images sur le plateau. Nous avons également eu un premier aperçu du personnage de Pinocchio, insolent et semblant tirer les ficelles à la place de son créateur.

             

            Cette première séance nous a permis de nous familiariser avec notre méthode de travail cette année ainsi qu’avec notre objet d’étude qu’est le conte Pinocchio et sa réécriture au théâtre par Joël Pommerat.

             

             

            SÉANCE DE MARDI 17 SEPTEMBRE (Youna)

            Lors notre première heure de théorie, nous avons rapidement fait la répartition des groupes artistiques afin qu’ils soient bien équilibrés. Suite à cela, deux anciens élèves d’option facultative de théâtre nous ont rejoints. Ils nous ont expliqué le déroulé de l’épreuve de bac avec leur ressenti : les questions les plus fréquentes durant l’entretien sont celles sur le choix du sujet de recherche, notre rôle au sein du groupe, ou encore des questions sur les pièces de théâtre vues dans l’année. Le principal conseil qu’ils nous ont donné est d’élaborer son dossier de recherche tout au long de l’année et de façon régulière (parce que l’année passe très vite et on est vite submergés de travail).                                                                                                        
            Après le passage des anciens élèves, nous avons débuté la lecture d’exemples de journaux de bord afin de nous initier dans ce domaine. Chaque semaine deux personnes seront chargées de prendre des notes tout au long du cours afin d’élaborer un journal de bord pour laisser une trace de notre travail. Ce journal, relatant l’ensemble de notre travail de l’année, pourra nous être très utile pour l’épreuve de bac, notamment lors de l’entretien. Cette semaine c’est Salomé et moi-même (Youna) qui sommes chargées de ce travail. Le premier extrait de journal de bord que nous avons lu était incomplet et manquait d’analyse. Le deuxième extrait d’un journal de bord était beaucoup plus détaillé et nous montrait à quoi devrait ressembler le travail que nous devrions faire : l’élève met en évidence les difficultés et les problèmes rencontrés au cours de leur séance, il explique leur travail dramaturgique, et il donne une description très concrète du travail au plateau.                                                             
            Ensuite, nous avons mis en commun notre imaginaire de Pinocchio :

            • Eugénie a le souvenir d’un dessin animé effrayant avec notamment la scène des enfants qui se changent en âne. Elle assimile également l’image de Pinocchio à une marionnette qu’elle possède depuis toute petite.
            • Salomé se remémore un film italien dont l’atmosphère mystérieuse l’a marquée (avec la présence d’une fée). Les émotions qu’elle évoque sont la tristesse, la peur, et la mélancolie.
            • Mathias se souvient de la scène avec la branche, et parle de la laideur d’une reprise 3D.
            • Charlotte n’a pas de souvenir précis, mais évoque tout de même différents lieux comme la rue où se promène Pinocchio, ou encore le ventre de la baleine.
            • Aliénor garde le souvenir d’un pantin dont le nez s’allonge.
            • Louise n’a pas de souvenir, mais elle ressent un véritable rejet par rapport à cette histoire.
            • Léa apprécie le film. Elle est fascinée par la première scène avec la vue du ciel étoilé, la naissance de Pinocchio, les étoiles qui se transforment en fées, et Gepetto qui donne une partie de son âme au pantin.
            • Nathan assimile la scène de la baleine à une référence biblique.
            • Clara explique que l’histoire de Pinocchio a été un véritable traumatisme dans sa jeunesse. Le seul souvenir qu’elle en a ce sont les hurlements atroces des ânes provenant d’un conte audio.
            • Grégoire a le souvenir d’une affiche de film de Pinocchio avec Roberto Benigni. Il évoque également un dessin qu’il qualifie de « glauque » où Pinocchio est représenté pendu.
            • Lucrezia évoque le souvenir de son grand-père qui pendant la guerre jouait avec des morceaux de bois, ce qui lui rappelle Pinocchio.
            • Camille ne se souvient que de l’adaptation de Disney avec la transformation de Pinocchio. Il évoque également la parole de sa mère qui lui disait que s’il mentait son nez s’allongerait.
            • Clémentine garde le souvenir d’un film surréaliste. Elle nous explique également une « expérience » assez troublante où lors d’une attraction elle se sentait dans la peau de Pinocchio.
            • Apolline se souvient de l’île de tous les plaisirs avec le marchand d’âne, et également de la transformation en âne à cause des tromperies.
            • Marguerite déteste le dessin animé qu’elle qualifie « d’angoissant ». Elle évoque également une transformation mi-homme mi- bête.
            • Ella explique que Pinocchio est son dessin animé préféré. Elle garde un très bon souvenir de celui-ci puisqu’étant petite, elle a assisté à l’adaptation à la radio de Pinocchio.
            • Jeanne énumère des images de la baleine, de Gepetto et Pinocchio. Elle garde également un souvenir du dessin animé avec Alain Chabat : « Avez-vous déjà vu ? ».
            • Gustave se souvient de l’adaptation de Disney avec notamment le personnage de Jiminy Cricket et Figaro.
            • Armelle éprouve une grande peur et semble encore profondément marquée par cette histoire. Elle décrit des corps informes avec des oreilles d’âne.
            • Solerine décrit l’adaptation Disney comme étant oppressante lorsqu’on la regarde, mais contrairement aux autres cela ne l’a pas marquée.
            • Taïna éprouve de l’admiration pour le personnage de Gepetto avec son don de la vie et ses valeurs.
            • Antoine n’a aucun souvenir de Pinocchio.
            • Berfin évoque l’image des vagues avec la baleine, et elle parle également de solitude.
            • Yannick explique avoir lu le livre en cm1, mais il n’en a gardé aucun souvenir.
            • Pour ma part je n’ai jamais visionné de film ou dessin animé sur Pinocchio, mais je sais Pinocchio est un enfant naïf et dès qu’il ment son nez s’allonge.

            Suite au généreux goûter apporté par Armelle, Grégoire et Louise, nous passons à la pratique. On a commencé tout d’abord par un échauffement : l’ensemble du groupe s’est placé en cercle sur le plateau. Chaque personne devait dire son prénom puis l’associer à un geste. Puis on devait répéter celui de la personne avant nous. Cet exercice simple a pour objectif d’unifier notre groupe afin que nous puissions connaitre les prénoms de tout le monde. Le second exercice d’échauffement consistait à nous envoyer une balle imaginaire : il faut rester concentré afin de créer un contact visuel avec un camarade pour lui envoyer la balle, et celui-ci doit la recevoir de manière concrète. C’est-à-dire que si Berfin envoie la balle très rapidement à Yannick, celui-ci devra avoir en conséquence un mouvement de recul proportionnel. L’important est d’être concret dans sa manière de recevoir, pour faire exister l’envoi.                                                                                                                                

            Après cet échauffement, nous avons travaillé la figure du pantin sur le plateau, nous nous sommes exercés à manipuler un corps inerte ou à être ce corps sans vie. Ce travail consiste à manipuler le corps d’une personne par groupe de trois, puis à l’immobiliser dans une position au choix. Aucune parole n’est autorisée, le travail de groupe doit se faire en symbiose. À l’issue de ce travail, on peut distinguer deux types de pantins différents : le pantin articulé qui lorsqu’on lui lève le bras par exemple reste en place (corps rigide), et le pantin que l’on peut qualifier de « mou » qui a les membres extrêmement détendus (corps relâché). Une fois que les pantins sont positionnés comme le veut son groupe, celui-ci se retire du plateau et nous assistons alors au réveil des pantins. Les pantins découvrent alors leur corps et l’espace qui les entoure. Certains sont habiles et se lèvent immédiatement. D’autres font bouger un à un les membres de leur corps et apprennent petit à petit à marcher.
            Nous enchainons ensuite par des improvisations en petit groupe allant de deux à quatre personnes. La consigne : f

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