Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 15/10/2019
      • JOURNAL DE BORD : OPTION FACULTATIVE Terminale (PROJET : PINOCCHIO de J. Pommerat)

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            SÉANCE DU MARDI 24 SEPTEMBRE (Aliénor)

             

                        Durant la première heure de théorie, nous avons lu les premiers comptes rendus de séance faits par Salomé et Youna. Puis, une ancienne élève est venue nous voir pour nous parler de son épreuve de bac. Pour l’entretien, elle nous a conseillés d’être capables de faire des propositions différentes sur notre jeu, de rester ouverts pour pouvoir exécuter ce que le jury peut nous demander. Pendant l’entretien, la professeure lui a posé des questions sur son dossier, ainsi que sur des pièces vues pendant l’année.

             

                        Préparation de la sortie théâtre : Pompiers

                        Nous avons ensuite lu deux documents, un texte écrit par Jean-Benoit Patricot pour présenter sa pièce PompierS, ainsi que la retranscription d’un entretien de Catherine Schaub sur cette même pièce. Nous les avons lus afin de nous préparer à la vision de cette pièce. Nous avons par la même occasion cherchéle moyen d’introduire de manière plus dynamique notre compte rendu de mise en scène. Nous avons regardé deux vidéos en ligne : des extraits de la pièce PompierS, ainsi qu’un entretien avec Jean-Benoit Patricot qui nous expliquait comment il en était venu à écrire la pièce PompierS. Nous avons ensuite lu et commenté la méthode pour le compte rendu de mise en scène.

                        A la fin de la première heure de théorie, Marion, une autre ancienne élève, est venue nous rendre visite. Elle nous a expliqué comment s’était déroulé la journée de l’épreuve de bac. Les élèves sont venus au lycée à 6h45, ils ont préparé la scénographie, ils ont ensuite fait une répétition. Le professeur est arrivé, ils ont fait leur échauffement devant elle, puis ils ont joué leur pièce. Le professeur les a appelés un par un pour l’entretien. Marion nous a expliqué quel’entretien peut ressembler à une vraie discussion sur les pièces vues ou le sujet de recherche. Cela n’est pas une liste de questions, c’est vraiment un échange durant lequel on peut parler de ce qu’on a apprécié dans les spectacles, ou de ce qui nous a moins intéressé, en expliquant pourquoi.

             

                        Nous sommes échauffés.Comme nous ne nous connaissons pas encore très bien, nous avonsfait un travail de mémoire et d’attention aux autres et à l’espace : nous devions mémoriser les noms des personnes dans un premier temps, puis savoir qui se trouvait autour de nous et finalement décrire (les yeux fermés) la façon dont ils étaient habillés.

                        La moitié du groupe est restée sur le plateau. Par groupes de deux, nous avons travaillé sur les portés. Le travail consistait à se laisser tomber tandis que la deuxième personne devait rattraper. Il fallait alors accompagner le corps de la personne qui tombait. Puis deux groupes constitués de 6 personnes se sont formés. Une personne se tenait au centre et devait se laisser tomber, les 5 autres personnes devaient la rattraper et la porter. Deux personnes devaient maintenir le bas du corps et 3 autres devaient eux maintenir le haut du corps. L’exercice suivant consistait à ce qu’une personne marche et décide à un moment de simuler un évanouissement, les autres membres du groupe devaiten la suivre et se préparer à la rattraper et à l’allonger.

                        Marionnettes : Toujours par groupe de 6, nous avons fait un exercice de marionnettiste, une personne jouait le pantin et les 5 autres personnes s’occupaient individuellement des bras, des jambes et de la tête du pantin. Le pantin commençait allongé ou assis, il devait à la fin se retrouver debout. La deuxième partie du groupe reproduisait les mêmes exercices.

             

                       

            Pinocchio : Nous nous sommes ensuite mis en cercle pour faire la lecture de la pièce que nous étudions, Pinocchio de Joël Pommerat. Nous avons commencé à lire le morceau 2. Le texte n’était pas similaire selon l’édition que nous avions. Nous avons donc lu les deux versions du morceau 2.

             

            Remarques sur le morceau 2 :

            le pantin lorsqu’il demande de la nourriture à l’homme âgé, nous rappelle le personnage du petit prince quand il demande de manière abrupte à l’aviateur de lui dessiner un mouton. On peut alors voir un rapport entre l’enfant et l’adulte, d’un côté l’enfant est capricieux et égoïste, il veut que son désir soit satisfait tout de suite, il est dans l’urgence du désir.L’homme âgé reste très poli face au comportement du pantin.On peut voir qu’il ressent déjà de l’affection pour le pantin. Il y a une inversion des positions, le pantin est tyrannique et impertinent, l’homme âgé et quant à lui totalement soumis au pantin. On peut voir le pantin comme un personnage cruel, on a de la peine pour l’homme âgé. Le pantin montre beaucoup de ressources, il s’exprime très bien. Cette scène peut nous mettre mal à l’aise.  Le pantin est complètement hors de la réalité. L’homme âgé est dominé socialement, il l’est aussi avec une personne qu’il aime ou qu’il respecte.L’homme âgé est émouvant mais le pantin rend la scène comique. Le pantin est cruel, mais c’est parce qu’il est jeune et donc innocent, il ne se rend pas compte de ce qu’il dit. C’est son instinct qui s’exprime.Il ne faut donc pas jouer le pantin comme un personnage pervers. La scène se déroule selon les étapes suivantes : réaction logique, énervement, chantage affectif, menace. La pauvreté est le sujet au cœur du texte. 

             

            Remarque sur le morceau 3 :

            • L’enfant rêve d’une vie de luxe
            • Un lien se construit durant cette scène. Le pantin semble s’adoucir
            • L’homme âgé lui a donné à manger, ce qui a l’air de le satisfaire, de l’apaiser, de le rendre plus doux.Le pantin est agressif, puis quand ses instincts sont satisfaits il s’adoucit.
            • On comprend que le pantin a mangé, pas le vieil homme. L’homme âgé regarde le pantin manger.Le vieil homme est pudique, il ne dit pas les sacrifices qu’il faiT pour assouvir les désirs du pantin.
            • Le pantin a une certaine animalité, il est direct.
            • L’école est présentée par le pantin uniquement comme le moyen de gagner del’argent.

            SÉANCE DE MARDI 17 SEPTEMBRE (Salomé)

            Éléments méthodologiques

            Lors de notre première heure de théorie, nous avons commencé par nous répartir en équipes artistiques (dramaturgie, costumes, lumières, son, et scénographie), afin de connaitre les personnes avec qui nous travaillerons. Les équipes scénographies et costumes étant un peu trop nombreuses, nous nous  sommés séparés en deux groupes, ce qui nous permettra de faire plus de propositions.

            Nous avons ensuite eu la visite de deux anciens élèves de l’option théâtre du lycée, Arthur ayant passé son épreuve l’année dernière, et Dan, élève d’il y a deux ans. Ils nous ont expliqué leur expérience de l’oral de bac, le contenu de leur dossier ainsi que la pièce qu’ils ont présentée. Leur expérience lors de cette épreuve, les questions qui leur ont été posées et la façon dont ils ont vu l’entretien nous ont permis d’avoir une première approche sur l’épreuve que nous aurons à passer en fin d’année et de la façon dont nous devons la préparer.

            Après cette rapide visite, nous avons lu deux exemples de comptes rendus de séance comme nous devrons faire tout au long de l’année afin de nous familiariser avec l’exercice, de remarquer sa complexité et d’avoir des exemples de choses à faire et à ne pas faire. Les comptes rendus questionnent les différences dans la manière d’aborder une pièce, en fonction des personnes, mais aussi en fonction des différents axes de lecture ; ils nous ont permis d’envisager les questions que nous pourrons potentiellement nous poser pour notre mise en scène par rapport aux lumières, au son, à la façon de représenter certaines choses (comme la thématique de la transformation très présente chez Pinocchio). Cela nous a fait prendre conscience que le compte rendu de séance est utile dans sa fonction d’analyse et de description des problèmes rencontrés pendant les séances et des solutions qui ont été trouvées.

             

            Exploration de notre imaginaire de Pinocchio

            Après cet exercice pratique, nous nous sommes lancés dans le travail sur la pièce que nous allons étudier, mettre en scène et jouer cette année : Pinocchio, de Joël Pommerat. La professeure nous a proposé de commencer par un tour de table sur l’imaginaire de Pinocchio, et sur ce que cela inspirait à chacun de nous.

            Nous avons pu remarquer que de nombreux thèmes revenaient assez fréquemment, notamment celui de l’enfance, de l’imaginaire enfantin et des souvenirs d’enfants, intimement liés à Pinocchio, non seulement un conte pour enfants mais un conte sur un enfant. À partir de cette première impression, nous pouvons déjà imaginer le travail important que nous devrons réaliser sur la représentation de l’enfance dans la pièce, dans les costumes, le jeu des acteurs ou encore les moyens scéniques.

            L’autre thème revenu très fréquemment chez les élèves est celui de la peur, parfois même du traumatisme en lien avec certains aspects du conte comme le cri des ânes, les différentes transformations ou bien la scène de la baleine. Ici aussi le problème de retranscription de ces émotions se pose (par les lumières, les bruitages ?). Certaines images ont été marquantes, comme Pinocchio pendu, ou bien la première scène du dessin animé avec la nuit étoilée, l’étoile qui se transforme en fée qui évoque le rêve, souvenir rapporté par Léa.

            Les grands thèmes du conte que nous pourrons utiliser dans la pièce sont d’emblée apparus : la solitude, le changement, la passion qui prend vie. Enfin, à l’aide de cet exercice nous avons pu commencer à noter des références utiles pour la scénographie ou la dramaturgie comme le dessin animé Disney, le film de Luigi Comencini avec Nino Manfredi, Les Aventures de Pinocchio (1972), ou bien la scène de la baleine faisant écho à la scène biblique de Jonas.

             

            Explorations au plateau : le corps du pantin

            Dans la seconde partie de la séance, nous sommes passés au plateau et avons commencé par des exercices d’échauffement, pour apprendre à nous connaitre les uns les autres et à ne pas avoir peur du ridicule.

            Ensuite, nous avons fait un exercice de manipulation : une personne joue le rôle d’un pantin, se laissant manipuler par trois autres personnes. Cet exercice permet d’envisager la vision du pantin qu’a chacun d’entre nous : un pantin se laissant totalement faire, un corps mou difficile à maîtriser, ou bien un pantin plus raide, conservant les positions données par les autres personnes présentes en plateau. Il permet également de travailler la mise en relation du pantin avec son corps, sa capacité à bouger et son environnement, finalement sa prise de vie.

            Après avoir terminé cet exercice, nous nous sommes mis par groupes, de deux à quatre, et nous avons improvisé à partir de notre vision de Pinocchio. Les approches très différentes ont permis la mise en valeur de certains questionnements : Comment sculpter un corps ? Comment représenter une transformation ? Ou encore comment représenter le fait que le pantin prenne vie ?

            Des thèmes majeurs sont apparus comme la découverte de l’environnement dans un imaginaire enfantin, l’importance de la manipulation corporelle et l’idée d’une personne tirant les ficelles, ou le mythe de Pygmalion, revenu à deux reprises dans les improvisations. Ces premières manières d’approcher le conte par le jeu nous permettent de constituer un début de ligne conductrice pour notre travail au fil de l’année.

             

            Entrée dans le texte : Pinocchio, scène 1

            Pour terminer la séance, nous avons commencé une lecture de la pièce de Joël Pommerat, que nous avons comparée avec le début du conte de Collodi. La première chose qui nous a frappés est la dimension plus sombre du texte de Pommerat. Les deux textes montrent un présentateur et insistent sur le caractère fictionnel du récit.

            Une première analyse de la pièce de Pommerat pourrait nous amener à penser que le présentateur serait Pinocchio, plus âgé, racontant son histoire. Pommerat joue sur des doubles sens : le présentateur est aveugle au sens propre comme au figuré, il refuse de voir la réalité en s’enfermant dans un monde imaginaire. Il insiste sur la vérité, et utilise à quelques reprises le mot « compagnie » qui pourrait faire référence à la compagnie de théâtre et crée par cette allusion un effet métathéâtral. Dès le début de la pièce, nous sommes invités à nous demander quel rapport cette pièce entretient avec le théâtre. Peut-être dit-elle quelque chose du théâtre ? Du comédien ? Du metteur en scène ? De la manière de donner vie à un personnage ?

            Le thème de la solitude et de la monotonie apparaissent dans le personnage du vieil homme et se ressentent dans le récit qui marque une froideur pouvant aussi représenter une misère sociale (donnée sociale très présente dans la pièce de Joël Pommerat). Le personnage du vieil homme est étrange : il tient des discussions incompréhensible.

            Cette première scène évoque pour nous certains univers : l’esthétique des films d’horreur par exemple (la nuit d’orage, la créature et son créateur qui nous rappelle Frankenstein, la tronçonneuse même qui rappelle un célèbre film d’horreur).  Nous remarquons la présence importante de bruitages : l’action est narrée, on remarque plus de bruits que de dialogues, ce qui pourrait être traduit par des scènes uniquement d’images sur le plateau. Nous avons également eu un premier aperçu du personnage de Pinocchio, insolent et semblant tirer les ficelles à la place de son créateur.

             

            Cette première séance nous a permis de nous familiariser avec notre méthode de travail cette année ainsi qu’avec notre objet d’étude qu’est le conte Pinocchio et sa réécriture au théâtre par Joël Pommerat.

             

             

            SÉANCE DE MARDI 17 SEPTEMBRE (Youna)

            Lors notre première heure de théorie, nous avons rapidement fait la répartition des groupes artistiques afin qu’ils soient bien équilibrés. Suite à cela, deux anciens élèves d’option facultative de théâtre nous ont rejoints. Ils nous ont expliqué le déroulé de l’épreuve de bac avec leur ressenti : les questions les plus fréquentes durant l’entretien sont celles sur le choix du sujet de recherche, notre rôle au sein du groupe, ou encore des questions sur les pièces de théâtre vues dans l’année. Le principal conseil qu’ils nous ont donné est d’élaborer son dossier de recherche tout au long de l’année et de façon régulière (parce que l’année passe très vite et on est vite submergés de travail).                                                                                                        
            Après le passage des anciens élèves, nous avons débuté la lecture d’exemples de journaux de bord afin de nous initier dans ce domaine. Chaque semaine deux personnes seront chargées de prendre des notes tout au long du cours afin d’élaborer un journal de bord pour laisser une trace de notre travail. Ce journal, relatant l’ensemble de notre travail de l’année, pourra nous être très utile pour l’épreuve de bac, notamment lors de l’entretien. Cette semaine c’est Salomé et moi-même (Youna) qui sommes chargées de ce travail. Le premier extrait de journal de bord que nous avons lu était incomplet et manquait d’analyse. Le deuxième extrait d’un journal de bord était beaucoup plus détaillé et nous montrait à quoi devrait ressembler le travail que nous devrions faire : l’élève met en évidence les difficultés et les problèmes rencontrés au cours de leur séance, il explique leur travail dramaturgique, et il donne une description très concrète du travail au plateau.                                                             
            Ensuite, nous avons mis en commun notre imaginaire de Pinocchio :

            • Eugénie a le souvenir d’un dessin animé effrayant avec notamment la scène des enfants qui se changent en âne. Elle assimile également l’image de Pinocchio à une marionnette qu’elle possède depuis toute petite.
            • Salomé se remémore un film italien dont l’atmosphère mystérieuse l’a marquée (avec la présence d’une fée). Les émotions qu’elle évoque sont la tristesse, la peur, et la mélancolie.
            • Mathias se souvient de la scène avec la branche, et parle de la laideur d’une reprise 3D.
            • Charlotte n’a pas de souvenir précis, mais évoque tout de même différents lieux comme la rue où se promène Pinocchio, ou encore le ventre de la baleine.
            • Aliénor garde le souvenir d’un pantin dont le nez s’allonge.
            • Louise n’a pas de souvenir, mais elle ressent un véritable rejet par rapport à cette histoire.
            • Léa apprécie le film. Elle est fascinée par la première scène avec la vue du ciel étoilé, la naissance de Pinocchio, les étoiles qui se transforment en fées, et Gepetto qui donne une partie de son âme au pantin.
            • Nathan assimile la scène de la baleine à une référence biblique.
            • Clara explique que l’histoire de Pinocchio a été un véritable traumatisme dans sa jeunesse. Le seul souvenir qu’elle en a ce sont les hurlements atroces des ânes provenant d’un conte audio.
            • Grégoire a le souvenir d’une affiche de film de Pinocchio avec Roberto Benigni. Il évoque également un dessin qu’il qualifie de « glauque » où Pinocchio est représenté pendu.
            • Lucrezia évoque le souvenir de son grand-père qui pendant la guerre jouait avec des morceaux de bois, ce qui lui rappelle Pinocchio.
            • Camille ne se souvient que de l’adaptation de Disney avec la transformation de Pinocchio. Il évoque également la parole de sa mère qui lui disait que s’il mentait son nez s’allongerait.
            • Clémentine garde le souvenir d’un film surréaliste. Elle nous explique également une « expérience » assez troublante où lors d’une attraction elle se sentait dans la peau de Pinocchio.
            • Apolline se souvient de l’île de tous les plaisirs avec le marchand d’âne, et également de la transformation en âne à cause des tromperies.
            • Marguerite déteste le dessin animé qu’elle qualifie « d’angoissant ». Elle évoque également une transformation mi-homme mi- bête.
            • Ella explique que Pinocchio est son dessin animé préféré. Elle garde un très bon souvenir de celui-ci puisqu’étant petite, elle a assisté à l’adaptation à la radio de Pinocchio.
            • Jeanne énumère des images de la baleine, de Gepetto et Pinocchio. Elle garde également un souvenir du dessin animé avec Alain Chabat : « Avez-vous déjà vu ? ».
            • Gustave se souvient de l’adaptation de Disney avec notamment le personnage de Jiminy Cricket et Figaro.
            • Armelle éprouve une grande peur et semble encore profondément marquée par cette histoire. Elle décrit des corps informes avec des oreilles d’âne.
            • Solerine décrit l’adaptation Disney comme étant oppressante lorsqu’on la regarde, mais contrairement aux autres cela ne l’a pas marquée.
            • Taïna éprouve de l’admiration pour le personnage de Gepetto avec son don de la vie et ses valeurs.
            • Antoine n’a aucun souvenir de Pinocchio.
            • Berfin évoque l’image des vagues avec la baleine, et elle parle également de solitude.
            • Yannick explique avoir lu le livre en cm1, mais il n’en a gardé aucun souvenir.
            • Pour ma part je n’ai jamais visionné de film ou dessin animé sur Pinocchio, mais je sais Pinocchio est un enfant naïf et dès qu’il ment son nez s’allonge.

            Suite au généreux goûter apporté par Armelle, Grégoire et Louise, nous passons à la pratique. On a commencé tout d’abord par un échauffement : l’ensemble du groupe s’est placé en cercle sur le plateau. Chaque personne devait dire son prénom puis l’associer à un geste. Puis on devait répéter celui de la personne avant nous. Cet exercice simple a pour objectif d’unifier notre groupe afin que nous puissions connaitre les prénoms de tout le monde. Le second exercice d’échauffement consistait à nous envoyer une balle imaginaire : il faut rester concentré afin de créer un contact visuel avec un camarade pour lui envoyer la balle, et celui-ci doit la recevoir de manière concrète. C’est-à-dire que si Berfin envoie la balle très rapidement à Yannick, celui-ci devra avoir en conséquence un mouvement de recul proportionnel. L’important est d’être concret dans sa manière de recevoir, pour faire exister l’envoi.                                                                                                                                

            Après cet échauffement, nous avons travaillé la figure du pantin sur le plateau, nous nous sommes exercés à manipuler un corps inerte ou à être ce corps sans vie. Ce travail consiste à manipuler le corps d’une personne par groupe de trois, puis à l’immobiliser dans une position au choix. Aucune parole n’est autorisée, le travail de groupe doit se faire en symbiose. À l’issue de ce travail, on peut distinguer deux types de pantins différents : le pantin articulé qui lorsqu’on lui lève le bras par exemple reste en place (corps rigide), et le pantin que l’on peut qualifier de « mou » qui a les membres extrêmement détendus (corps relâché). Une fois que les pantins sont positionnés comme le veut son groupe, celui-ci se retire du plateau et nous assistons alors au réveil des pantins. Les pantins découvrent alors leur corps et l’espace qui les entoure. Certains sont habiles et se lèvent immédiatement. D’autres font bouger un à un les membres de leur corps et apprennent petit à petit à marcher.
            Nous enchainons ensuite par des improvisations en petit groupe allant de deux à quatre personnes. La consigne : faire une proposition d’improvisation ayant un lien avec Pinocchio sans parler :

            • Solerine / Jeanne / Taïna / Armelle : confection d’un pantin (Jeanne) par les trois créatrices : gestes de sculptrices.
            • Gustave / Yannick / Antoine : un enfant seul marche (Gustave) et deux hommes viennent l’accoster et tente de l’amadouer (arnaqueurs ?).
            • Clémentine / Ella / Lucrezia : un enfant heureux marche (Lucrezia) puis deux personnes semblent le critiquer et l’enfant devenu triste tombe à genou.
            • Grégoire / Nathan / Camille : deux enfants (Grégoire et Camille) semblent se gaver de nourriture et marchent sur tout le plateau. Au contraire, Nathan (l’adulte ?) reste en arrière immobile en les observant.
            • Léa / Louise / Aliénor : un pantin tente de se lever (Léa) mais échoue à plusieurs reprises et tombe. Son créateur (Louise) tente de lui apprendre à marcher, et son assistant (Aliénor) le soutient.
            • Apolline / Marguerite : un enfant marche seul (Marguerite), puis Apolline l’accoste et l’enfant la suit.
            • Mathias / Salomé : le créateur (Salomé) perd le contrôle de son pantin (Mathias) qui fait des gestes au public. Le créateur tente alors de reprendre le contrôle de son pantin et lui apprend à marcher, sans succès.
            • Berfin / Eugénie : le créateur (Eugénie) est en pleine confection de son pantin (Berfin). Il prend ses mesures et commence à le sculpter. Les membres du pantin se détendent à chaque passage du créateur. Une fois le pantin mis sur pied, le créateur lui chuchote quelque chose à l’oreille, et c’est à cet instant que le pantin prend vie.

            En ce qui concerne mon groupe (Clara / Charlotte / Youna) nous voulions montrer comment un homme peut prendre le contrôle d’autres personnes. Charlotte et moi-même marchons sereinement sur le plateau lorsque nous entendons soudainement un bruit sourd. Nous perdons alors immédiatement le contrôle de nos corps et Clara peut alors nous manipuler comme elle le souhaite.

            Nous terminons ce cours par la lecture adressée de la pièce que nous allons interpréter : Pinocchio par Joël Pommerat. Nous avons commencé par comparer le début du texte de Pommerat avec celui de l’œuvre originale Les Aventures de Pinocchio de Carlo Collodi. Nous avons remarqué que le texte de Pommerat est plus sombre comparé au texte de Collodi. En effet, le texte de Collodi est plutôt adressé aux enfants, alors que celui Pommerat insiste sur le fond de l’œuvre. C’est-à-dire la vérité. D’ailleurs il insiste énormément sur cette idée de vérité, et affirme même que l’histoire qui va se dérouler est véridique, alors que c’est une fiction. Cela crée un paradoxe. De plus, chez Pommerat il y a une adresse directe au public. On se demande alors comment introduire le début de la pièce. Et pour finir, nous avons remarqué qu’il y a deux versions différentes du texte de Pommerat entre l’édition poche et l’autre : certains mots ont disparu ou sont modifiés.

             

             

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