Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 09/10/2019
      • L'ANIMAL IMAGINAIRE : LA PAROLE EN SCÈNE (Valère Novarina/Théâtre national de la Colline)

          • OUVERTURE : AVERTISSEMENT

            Lorsque le spectacle commence, on voit une table, une chaise, et une comédienne qui écrit puis  qui prend la parole pour nous dire qu’elle a commencé à écrire et que les mots sont venus sans réfléchir. Cette femme était une figure d’auteur qui donnait l’impression que la suite était le fruit de son écriture. (Alexandre).

            Elle dit « j’écris mais je n’ai pas commencé à penser ». Or on ne comprend pas tout dans ce spectacle : cette femme est peut-être une figure qui représente Valère Novarina au moment où il écrit son spectacle. Cette scène d’ouverture est une sorte d’avertissement, ou de mode d’emploi du spectacle. Une manière de nous dire qu’il n’est pas nécessaire de tout comprendre, que ce qui est dit n’est pas toujours rationnel. (Jeanne).

            Cette scène annonce le spectacle : « j’écris ce que je ne pense pas encore ». (Noha)

            On a l’impression que cette comédienne c’est Valère Novarina qui réfléchit à la pièce qu’il va écrire. (Thomas)

             

            LA REVUE DES PAROLES

            La pièce aborde tous les domaines de la parole, tous les types de parole :  la parole religieuse, la parole politique, éducative, le chant, la mort, la parole ethnographique, la langue des journalistes, des présentateurs, des professeurs. A chaque fois, elle les imite, les déforme, en fait la satire, les pousse dans leurs extrémités, les déforme, etc. Elle en fait la matière première du spectacle (Thomas)

             

            ABSTRACTION/FIGURES

            Au début de la pièce, on assiste à la présentation des différents peuples. Les tableaux qui bougeaient représentaient des cartes, cartes de leur ville. C’était abstrait, apparemment incompréhensible, mais on pouvait y voir des choses différentes. Le fait d’entendre les paroles donne sens à ce qui n’en a pas au départ. (Noha).

            Au début de la pièce on voit des tableaux abstraits, sans lien les uns avec les autres, mais lorsqu’ils sont placés d’une certaine manière, on voit qu’ils sont tous reliés entre eux. Comme les mots, séparés les uns des autres qui n’ont pas de sens, mais mis ensemble, ils forment des phrases (Blandine) On ne voit pas les éléments de liaisons au départ, on les découvre progressivement (Zoé)

             

            RACONTER SA VIE, PARLER ET ÊTRE EN VIE

            Un médecin pousse une table métallique à roulettes sur laquelle est allongé l’homme. Ces tables font penser à celles de la morgue. Celui qui est allongé s’éveille. Il est comme entre la vie et la mort. Il est assis mais il a l’air angoissé, il sait qu’il va mourir. Un personnage vient le chercher ensuite. Dans un débit de parole très rapide il raconte sa vie, c’est le matin puis l’hiver, c’est la vie qui défile puis il a des spasmes, le débit de parole s’accélère de plus en plus. Un troisième comédien s’approche de la table et l’emmène : il ne parle plus : il est mort. (Malou)

            Une femme raconte sa vie à toute allure. Puis un homme fait la même chose. Les deux moments sont en miroir : ils jouent avec les clichés : les deux textes sont presque les mêmes, mais la femme parle du jardin, des enfants, tandis que l’homme parle des outils… On a le sentiment que tout le monde a la même vie mais avec des variations selon les genres. Mais ils finissent au même endroit et de la même manière. (Ondine, Julien).

             

            L’UNIVERS DU CIRQUE ET LA PERFORMANCE

            Un moment m’a fait peur : on voit un tableau blanc carré, posé sur scène à jardin. Une femme est passée à travers ce tableau de manière brusque. Ça évoque une sorte de naissance car elle dit ensuite : « J’aime mon fils il est sorti de mon orifice ». (Safiya). Cela met en avant la violence de l’accouchement même s’il s’agit d’un acte qui donne vie (Malou) ça peut être aussi une apparition du langage (Thomas). C’est aussi un moment de cirque : l’animal, le fauve, saute dans le cerceau.

            Plusieurs éléments renvoient au cirque : la présence de Madame Loyal en blanc qui annonce les numéros, les projecteurs en poursuites qui découpent des ronds blancs par terre, la construction sous forme de numéros qui s’enchaînent, le côté performance, exploit (non pas physique mais verbal). Il y a un tempo très rapide : tout allait très vite, les groupes s’enchainaient très vite. (Arthur)

             

            L’HUMOUR

            Un passage qui m’a fait rire est celui du U : l’enseignant veut changer toutes les voyelles en U pour ne pas genrer les choses, comme en anglais. Puis ça contamine l’ensemble de sa parole (Thomas)

            Quand on assemble les mots, on y trouve un sens. Mais ce qui est à relever c’est que le texte lu est incompréhensible, alors que quand il est dit il fait rire. Les comédiens le portent par la parole, le rire est suscité par la façon dont c’est dit. On voit toute la différence entre un texte lu et un texte dit : ce qui les sépare, c’est la parole, le fait de prononcer les mots, les phrases, de donner vie. (Zoé)

            En général dans ce texte il y a beaucoup d’absurde mais aussi beaucoup de sens. Quand le politicien qui n’aime personne râle, dans son texte il y avait des passages qui avaient du sens et qui expliquaient comment se comportent les hommes entre eux, c’est cette variété qui est séduisante (Ondine)

             

            Si je devais résumer cette pièce en quelques mots : c’est l’apparition de la philosophie. Cette pièce nous conduit à nous poser des questions sur l’identité de l’homme, sa place dans le monde, mais de manière drôle. On est très étonnés devant ce texte, on se demande ce que ça veut dire. (Arthur) Lorsque certains comédiens chantent leur texte, le répètent en chantant, on avait le sentiment qu’ils cherchaient à dire la vérité sur la parole (Thomas)

             

             

             

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