Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 26/01/2017
      • L'EVANGILE DES REFUGIES : VANGELO (Pippo Delbono, Théâtre du Rond Point)

          • C’est un spectacle à la fois vivant et captivant, d’une grande beauté visuelle, avec des images très travaillées. Il adopte un point de vue singulier sur la religion, à la fois critique sur l’Eglise et proche de l’esprit de l’Evangile, ce qui nous fait réfléchir sur nos contradictions. On est ressortis de la salle vraiment émus et secoués (Anaïs, Ambre, Malo, Marine)

            Un tableau m'a marqué, celui qui évoque le dernier moment du Christ : tous les comédiens sont habillés en rose, ils ont des cagoules. Ils sont assis en deux rangées face à face, le Christ marche au milieu d'eux. L'image était belle. Cela évoque l'image d'un groupe agressif contre un être sans défense (Lucie, Vassilis)

            Je me souviens du moment où Pippo Delbono semble à la fois tirer et repousser un mur : l’espace se rétrécit progressivement, il est comme progressivement pris au piège. C'était pour moi une image de la mort, de la fatalité, un écho à Sisyphe ? (Marine)

            Le moment le plus fort pour moi, c'est celui du réfugié qui nous regarde sans parler. Le fait qu'il soit silencieux était puissant : ce sont des gens qui n’ont pas la parole d'habitude. Ici Pippo Delbono témoigne pour lui. On voyait sur l’écran une image immense de la mer : une eau calme, lumineuse, a priori positive. Cette image de l'eau est importante car elle occupe une place décisive dans les Evangiles : elle est l'eau du baptême, elle est un passage par la mort et une renaissance Mais on entendait le récit de ces réfugiés qui finissent noyés et l'image prenait un autre sens pour nous, plus angoissant (Ambre, Apolline, Anaïs)

            Ce qui m'a marquée, c'est le début de la pièce : il y avait 11 chaises, 6 femmes et 5 hommes se sont assis sur ces chaises et nous ont regardés. Ca m'a paru une éternité ce temps d'observation. J'avais l'impression que c'était à nous de les regarder, de les juger. Ils étaient habillés de manière très élégante, presque trop élégante. C'était comme une cérémonie. On avait l'impression d'un repas de famille important, d'un tableau, d’un concert.  (Tania, Lucie, Joseph)

            Certaines images étaient étranges. A un moment, voyait un homme debout sur un escabeau, avec une tête de bouc, qui agissait comme un chef d'orchestre. Ce bouc avait quelque chose de satanique. Pippo Delbono affirme qu'on a fait de Dieu un être masculin, blanc, très stéréotypé. Lui déclare préférer Satan parce qu'il est féminin, il est la tentation, la liberté. (Garance, Joseph, Vassilis)

            La première fois que Pippo Delbono parle de sa vie, il énumère des faits sur la religion qui l'ont concerné directement : l'autorité, la peur, la culpabilisation, des caresses des prêtres. Il parle du fait que la religion empêche d'être soi-même, de la peur qu’elle cherche à faire naître pour nous dominer. On comprend qu’il critique la religion qui lui a été inculquée. Il critique la façon dont la religion est imposée et en même temps, il fait un éloge de certaines valeurs du christianisme : dans le texte des Evangiles, on parle de l’acceptation de l’autre (Marine, Camille)

            Pendant la projection du film sur les réfugiés, Pippo Delbono lit un extrait de l'Evangile où il est question de fuite et de persécution. On voit des réfugiés dans un champ tout vert et on entend le récit de l’Evangile : Jésus dit à ses apôtres qu’ils seront persécutés à cause de lui et qu’ils doivent fuir. Pippo Delbono crie ce mot : fuyez ! Il assimile d’une certaine manière les réfugiés aux apôtres ou même au Christ lui-même. C’est une manière de mettre ce texte en rapport avec l’actualité et de questionner ceux qui affirment être chrétiens, qui se revendiquent des Evangiles et qui refusent d'accueillir les réfugiés (Vassilis)

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