Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 24/01/2017
      • LE CIEL AU-DESSUS DU LIT : POLYEUCTE (Corneille/Brigitte Jaques/Théâtre de la Ville)

          • LE CIEL, LE LIT, LES MURS

            • On voit une toile en fond de scène qui représente un ciel bleu entouré de quelques nuages. Cela évoque la religion : l'image du Ciel au sens métaphorique est présente du début à la fin. (Ambre)
            • Il y a un lit défait au milieu de la scène, Pauline y dort, sa jambe nue sort des draps : cela suggère la relation amoureuse, le désir physique, la nuit d'amour. (Malo)
            • Deux grands murs foncés sont présents sur scène, ils s'ouvrent et se ferment à différents moments, ils bougent seuls ou sont repoussés par un personnage. Cela suggère les changements de lieux, par exemple la prison, l'enfermement (les deux murs sont alors collés l'un contre l'autre) (Jeanne, Avner), cela permet de traduire l'état intérieur des personnages : Polyeucte, énervé, pousse les deux murs violemment (Mariam). On peut y voir une image de pierres tombales, une annonce des morts à venir (Apolline). Cela matérialise aussi le conflit, la séparation entre les personnages qui ne se comprennent plus, qui sont comme coupés les uns des autres (Marine). Peut-être pouvons-nous penser aussi au Mur saint, Mur des Lamentations en raison de la localisation géographique de l'action ? (Lucie)
            • Cette scénographie est très épurée, simple, peu chargée : elle laisse la première place aux comédiens, au jeu. Elle est stylisée, ne cherche pas à refléter une époque en particulier. (Apolline)

            DU BLANC IMMACULÉ À L’HABIT EN LAMBEAUX

            • Les costumes sont modernes : ils évoquent notre époque. C'est une manière de rapprocher cette histoire de nous, cela suggère aussi le caractère intemporel de cette histoire. (Lina). C'est une manière de montrer son actualité, son lien avec des événements contemporains : les attentats que nous voyons se produire partout dans le monde (Samuel)
            • Tous les personnages sont vêtus de costumes sombres sauf Polyeucte qui est habillé de blanc. Le blanc est la couleur de la pureté : cela renvoie au fait qu'il est en recherche de pureté, que la pièce le présente comme un saint, et qu’il va se faire baptiser (Anaïs).
            • Pauline est le seul personnage qui change de costume : au début elle est vêtue d'une nuisette blanche, puis d'une robe rouge, enfin d'une robe bleu clair. Cela évoque ses différents états : la robe rouge traduit sa passion (pour Sévère ? Pour Polyeucte?) (Sylvain) A la fin elle est vêtue de blanc et sa robe finit tachée de sang : cela montre son évolution, elle aussi se convertit au christianisme (Lola). Cela montre peut-être son acceptation de la décision de Polyeucte (Camille). La robe est recouverte de sang : il s'agit du sang de Polyeucte dont elle a dû étreindre le corps (image de son amour) on peut y voir une image chrétienne : une référence à la Passion du Christ ? (Anaïs) On a l'impression que le sang de Polyeucte est comme contagieux : à son contact, Pauline se convertit, puis elle enduit le visage de son père Félix avec ce sang et lui aussi se convertira (Anaïs).
            • Le costume de Polyeucte se détériore au fil de la pièce : il est en costume blanc, immaculé, puis il perd sa veste, puis sa chemise est abîmée, son pantalon est déchiré, Pauline le protège avec une couverture. Le geste de Pauline vise à protéger ce corps qu'elle aime, tandis que Polyeucte méprise la vie terrestre (Lola). Son costume traduit peut-être aussi la manière dont il est perçu par les autres personnages (gendre idéal au début, réprouvé à la fin) (Anaïs)

             

            UNE VIOLENCE AUDIBLE

            • Le plateau est assez sombre, assez peu éclairé : cela renvoie au caractère tragique de l'action (Emilia)
            • On entendait des sons violents comme des coups de tonnerre lorsque Polyeucte détruit les statues (Camille) La violence n'est pas montrée sur scène mais elle est audible (Ambre)
            • A certains moments, on entendait des sons étranges comme des gouttes d'eau, du vent, le tonnerre : des bruits qui renvoyaient à la nature ? (Apolline) Ou qui évoquaient une cave, un enfermement, une menace ? (Lucie)

             

            VERS LE VERTIGE

            • Pauline, lorsqu'elle parle avec Stratonice de Polyeucte, est très agitée, on sent sa tension intérieure (Vassilis)
            • Les retrouvailles entre Pauline et Sévère montrent la force de leur amour : un grand silence et une immobilité traduisent leur choc. Progressivement, ils se rapprochent et entrent en contact de manière sensuelle : Sévère la prend dans ses bras, Pauline se jette sur lui, ils tombent sur le lit, puis se séparent. (Garance)
            • Au moment du monologue de Polyeucte, lorsqu'il songe à sa mort et parle de sa foi, il tourne sur lui-même avec vitesse : une image de la folie ? On peut y voir une critique : il se rend comme ivre, il se donne le vertige. Cela suggère que sa démarche n'est pas rationnelle ? (Camille)
            • Le passage où Pauline vient supplier Polyeucte de renoncer à sa foi pour protéger sa vie est décisif : Pauline lui fait face, elle le déshabille, puis se dénude elle-même, elle lui saute dessus, le chevauche pour faire naître son désir, puis c'est lui qui se place au-dessus d'elle : on sent son attirance physique pour elle. Brutalement, il la repousse. Elle veut lui montrer ce qu'il va perdre (Tania)
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