Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 02/04/2019
      • LE COMEDIEN ET L'ENTREPRISE : Le Direktor (Lars von Trier/Oscar Gomez Mata)

          • Lorsqu’on entre on voit de grands murs blancs à carreaux et un sol de la même allure, une table blanche qui donne l’impression d’être une table chirurgicale. On a le sentiment d’être dans un hôpital et le comportement des salariés, pour le moins étrange, nous fait songer à un hôpital psychiatrique (Ernesto).

            La scénographie fait songer à Nobody (Cyril teste) : un espace de travail dont les employés ne sortent pas et qui en deviennent fous (Marion).

            Au début du spectacle, les comédiens sont déjà sur scène et se mettent à danser, à bouger des morceaux de plastique. On a l’impression d’un grand n’importe quoi. On ne comprend pas du tout ce qui se passe, cela n’a pas de sens (Zoé, Julien).

            La musique de type techno pousse les acteurs à danser de manière énergique sans que l’on comprenne exactement pourquoi ils s’agitent au sein de leur entreprise. (Marion)

            L’un d’eux utilise un tableau blanc sur lequel sont écrites des phrases, des questions : « How do you feel ? » « Respire », « Lâchez prise » : Ce sont des phrases clichées pour motiver les salariés de l’entreprise. On comprend qu’on assiste à une séance (ridicule) de motivation collective (Zoé). La pièce commence de manière très grotesque.

             

            Ensuite, tout se calme et rentre dans l’ordre. Deux hommes entrent en scène. L’un d’eux a une feuille dans la main et déclame : « Bonjour, je suis le directeur. Ravi de vous rencontrer ». Il le répète plusieurs fois, avec des tonalités différentes. On comprend qu’il essaie d’apprendre un texte. Un texte indigent. Cela n’a rien d’un texte de théâtre. L’effet est ridicule, pourtant le comédien le présente comme un texte génial. (Aliénor, Zoé, Julien). L’autre semble stressé et l’observe avec inquiétude (Julien). Il s’agit du duo : directeur et comédien, le comédien devant se faire passer pour le directeur. D’emblée on comprend que le comédien est un peu stupide, mais très impliqué. Il s’extasie devant un texte nullissime, il ne cesse de donner des conseils et des leçons sur le jeu d’acteur, d’un air inspiré, en se référant à son modèle « Gambini ». (Zoé, Julien, Aliénor).

             

            Le comique de la pièce provient de la situation cocasse qui est mise en scène : un homme qui doit jouer un directeur d’une entreprise informatique et qui n’y connaît rien (Zoé). Il répond systématiquement à côté, il a des stratégies d’esquive (Julien). Il se retrouve face à des salariés qui ont tous une idée différente de lui, les situations sont embarrassantes. Les « trucs » pour s’en sortir ne sont pas toujours efficaces.

             

            Le vrai directeur joue parfois le rôle du metteur en scène, les deux acteurs sortent alors de l’espace blanc pour aller dans la « zone neutre », éclairée différemment, où ils sortent du rôle et échangent sur leur « stratégie », leur « jeu » (Zoé, Aliénor, Julien).

             

            Il y a une part de texte issu d’improvisation (par rapport au texte de départ de Lars von Trier) : les considérations sur le Fouquets brûlé, les Français qui n’aiment pas les entrepreneurs. A un moment, un stylo tombe par hasard, et le comédien intègre cet événement à son jeu (Julien)

             

            Deux employés sont habillés en combinaison à carreaux blancs, comme pour se fondre dans le décor. Ils assurent une fonction de nettoyage de l’entreprise / ou de régie pour la pièce de théâtre. A un moment, l’un d’eux se met à nous parler : il nous raconte son enfance, pourquoi il ne parle pas italien. A la fin de son histoire il explique qu’il a utilisé une technique de manipulation pour nous émouvoir. Le deuxième homme se révèle être également un manipulateur. On a le sentiment, en raison de leurs costumes, qu’ils symbolisent l’entreprise entière, et sa capacité à manipuler ses salariés. (Jules)

            Le sol à carreaux blancs et recouvert par un lino mobile qui a le même motif : il dissimule un sol qui lui est identique, ce qui suggère une stratégie de dissimulation (Aurélien). Ce morceau se trouve décalé par rapport aux lignes du sol et les deux employés le replacent pour parfaire l’illusion (Jules).

            Comment ce spectacle procède-t-il à une mise en abyme du théâtre ?

            satire du métier d’acteur ou un hommage ?

            En quoi le Direktor est-il compris à la fois une satire de l’entreprise et une satire du théâtre ?

            En quoi peut-on considérer le Direktor comme une pièce sur la manipulation ?

            Comment la pièce associe-t-elle humour grotesque et critique politique ?

            Quel lien ce spectacle propose-t-il entre le monde du théâtre et le monde de l’entreprise ? Au service de quelle critique ?

          • theatre de la bastille 2 v9.jpg