Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 22/01/2014
      • LE PROJET DU JEUDI : une réécriture du "Petit Poucet"

          • La réécriture d'un texte comme "reflet" ou comme "réplique" à ce texte : c'est le projet mené cette année par le groupe du jeudi, un projet qui trouve son origine à la fois dans la thématique proposée par la Maison du Geste et de l'Image (Reflet/réplique) et dans l'envie de permettre une rencontre avec la classe ULIS du collège Montaigne.

            Les élèves de l'ULIS travaillent cette année sur le "Petit Poucet" : nous nous lançons donc dans la réécriture de ce conte, nourris par l'exemple des pièces-contes de Joël Pommerat.

            Extrait de notre réécriture :

            LE NARRATEUR :

            Mesdames et Messieurs bonsoir.

            J'espère que vous avez bien éteint vos téléphones portables…

            (un temps, regard sur le public)

            Et que vous avez bien fini vos discussions avec vos voisins

            Parce que je vais vous demander pendant un quart d’heure

            d’essayer de ne  plus parler du tout

            et de bien écouter

            J'aimerais vous raconter aujourd’hui l'histoire d'un jeune garçon,

            Un garçon qui n’avait aucune qualité particulière,

            qui n’avait absolument rien de remarquable.

            Tellement rien de remarquable

            qu’on pourrait même se demander pourquoi je raconte son histoire.

            La seule chose qui permettait de le distinguer des autres, c’était plutôt ses défauts

            En particulier sa taille : Il était tout petit,

            Et il ne parlait pas, enfin un petit peu, mais vraiment rarement.

            Du coup, forcément, tout le monde le prenait pour un… (un temps)

            un idiot.

            En tout cas, si lui n’avait rien de spécial, ses parents eux avaient une spécialité :

             ils pondaient les enfants par deux.

            Ce jeune garçon était donc le dernier né d'une famille de sept enfants.

            Sept enfants : trois paires de jumeaux plus un nabot.

            Rien que des garçons !

            Inutile de vous dire qu’on la remarquait, cette famille, lorsqu’elle marchait dans les rues. Les éclats de voix, les cris, les chutes, les caddies qui gênaient le passage.

            Dans le quartier cette famille dérangeait, on le voyait aux regards des passants,

            Dans l’immeuble, elle faisait trop de bruit, les voisins se plaignaient.

             

            LE PERE : Mais pourquoi est-ce qu’on a fait autant d’enfants ?

            LA MERE : Comment oses-tu dire ça ?

            C’est toi qui voulais absolument une fille !

            C’est complètement idiot de dire une chose pareille.

            Tu les aimes ces gamins, c’est toi qui m’a suppliée à chaque fois !

            LE PERE : Oui je les aime mais là, je ne pourrai pas en supporter un de plus !

            LA MERE : De toute manière ça ne tiendrait pas dans l’appartement.

            Heureusement que le dernier est si petit…

            LE PERE : Oui. Je me demande de qui il tient ça d’ailleurs.

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