Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 29/12/2014
      • LE SACRE ET LA SOUILLURE : You are my destiny (Angelica Liddell, Théâtre de l'Odéon)

          • Angelica LIDDELL : You are my destiny (Lo stupro di Lucrezia)

            Théâtre de l’Odéon

             

            (par Juliette, Jenny et Adèle)

            Ouverture

            J'ai entendu la metteure en scène lire une lettre, comme un prologue qui relaterait l'origine de sa création artistique, en rapport avec ses échecs du passé à Venise.

             

            Sacré

            J'ai vu des hommes jouer du tambour pendant un long moment et énergiquement, ce rythme me rappelait des rituels de sacrifice.

            Des figures christiques et des ambiances d'église suggéraient la dimension religieuse de la pièce et de la souffrance

            J'ai vu une femme laver des hommes et cela m'a fait penser à une scène de la Bible.

            Trois hommes ukrainiens chantaient a cappella un chant religieux dans une cathédrale, on sentait le côté spirituel et solennel en réponse à  l'atmosphère de la pièce, le mélange de sacré et de profane.

            Ces moines qui chantaient des chants liturgiques m'ont fait penser à des chants grégoriens. Ces chants étaient comme les seules traces de pureté dans cette pièce.

             

            Innocence

            Au début de la pièce j'ai vu une femme au milieu du plateau dans une robe bleue que pourrait porter une princesse Disney. Cela m'a donné l'impression d'un conte de fée qui, comme on le verra par la suite, va très mal finir.

            J'ai vu une dizaine d'enfants torses nus avec une cape verte tenant un ballon dans leur main, cela m'a fait penser à l'image de l'innocence mais aussi de la vérité car "la vérité sort de la bouche des enfants". Comme l'explique l'homme au pantalon noir, ils représentent le monde, l'avenir. Leurs ballons colorés qui contrastaient complètement avec l'univers assez sombre et inquiétant de la pièce.

             

            Désirs et souillure

            J'ai vu une femme entrer en transe dans une musique forte de tambours, comme en un geste de folie ou le dépassement de soi

            J'ai vu une femme dans un rôle muet pendant tout le spectacle, une pure présence. Cette femme s’est déshabillée seule devant tout le monde, comme si elle se livrait à tous

            Cette femme nue est passée d'homme en homme et subissant des actes sexuels, cela suggérait la violence, la souillure du corps.

            J'ai vu des hommes se déshabiller après avoir violé Lucrèce : ils sont coupables et ils se livrent à nous aussi

            J'ai vu une femme apporter sur scène un cageot de bière puis une à une les ouvrir et verser son contenu sur son corps : mélange  de sensualité et de folie, cette scène montre la place du corps, son attraction. Tous ses gestes sont le fruit d'un désir profond. Cela m'a fait penser à une orgie, bien qu'elle soit à ce moment seule sur scène.

            La femme pose par terre des grappes de raisins, les écrase pour en faire du vin, puis elle essuie tour à tour les hommes qui souffrent en position de chaise, en parlant d'amour, en les injuriant, comme en un enchevêtrement d'actes de folie. Elle semble se persuader qu'elle domine aussi bien l'homme que la nature.

            Une scène inoubliable : l'auto-flagellation d'une femme qui frappe son corps, ses seins, avec violence comme si elle voulait le quitter, s'en séparer. Le viol n'entache que son corps, son esprit souhaite se détacher de cet objet profané.

             

            Souffrance :

            J'ai vu sol devenir rouge vif, comme si c'était du sang.

            J'ai vu une femme pousser des cris, comme si elle était animale et des hommes se frapper le dos avec des linges mouillés, comme dans une scène de flagellation médiévale.
            J'ai vu des hommes faire la chaise contre un mur pendant un temps très long, ils grimaçaient de douleur. Cela m'a donné l'impression d'une grande souffrance que le public était forcé de recevoir. Ils poussaient de temps à autres des cris de douleurs.

            J'ai vu une femme essuyer ces hommes qui hurlaient de douleur, comme si elle était là pour les "aider"

            Ce tableau très long était d’abord incompréhensible pour nous, nous attendions quelque chose. Cela m'a donné l'impression que le personnage féminin voulait dominer les hommes physiquement, en les rabaissant à l’état de corps, en leur faisant perdre leur raison. Les hommes violeront sans réfléchir la même femme et se flagelleront avec des serpillières, comme pour expier leur mal, pour obtenir leur rédemption.

             

            Enfer

            Le vacarme qui allait jusqu'à faire trembler la salle, produit par l'unisson de 10 tambours. Cela m'a fait penser à l'enfer, ces hommes étaient obligés de reproduire ce geste systématique comme si ils étaient esclaves, l'accélération du rythme les obligeait à puiser dans leur réserves d'énergie, on voyait leur souffrance physique sur leur visage

            J'ai vu une religieuse avec le visage peint en rouge, couleur à celle du diable. Pour moi cette religieuse était comme une complice de satan.

             

            Ecart

            J'ai vu un homme bien habillé et bien coiffé, comme un aristocrate, tandis que tous les autres personnages étaient habillés "normalement" : est-il tout puissant ou totalement indifférent ?

            J'ai vu un homme jongler avec un ballon pendant que la pièce continuait. Tout d'abord je n'ai pas compris pourquoi il était resté sur scène car tous les autres hommes qui l'accompagnaient étaient partis puis je ne suis demandée s’il n'était pas indifférent, comme dans une bulle par rapport à tout ce qui se passait autour de lui.

             

            Vie et mort

            J'ai vu une femme et un homme se faire peindre en blanc et être ''decorés'' de feuilles et branchages. Lorsqu'ils se sont relevés ils m'ont rappelé des tableaux d’Adam et Ève.

            J'ai vu une scène de naissance suivie d'une scène de mort comme un bref résumé de notre vie

            J'ai vu une voiture descendre du ''ciel''. Elle m'a fait penser à une comédie musicale américaine ou à une voiture de mariés comme on voit dans les films. Mais elle était aussi un corbillard qui symbolisait notre mort, notre destinée

             

            Envoi

            J'ai entendu une musique très entraînante à la fin de la pièce, les comédiens étaient fiers de leur représentation et ont décidé de partager avec nous ce moment de joie

            J'ai entendu très peu de texte, comme si la metteure en scène avait décidé de faire appel à notre réflexion pour "faire" la pièce.

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