Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 15/10/2017
      • LE SINGULIER ET LE PLURIEL EN COMPAGNIE : GALA (Jérôme Bel/Théâtre du Rond Point)

          • OUVERTURE

            Au tout début apparaît un grand écran sur lequel sont projetées beaucoup d’images de salles, de plateau de théâtre, amateurs ou professionnels, des salles de théâtres modernes, vieillottes, antiques, des dispositifs simples ou complexes. On peut remarquer une progression : on voit les premiers rangs, puis on voit la scène, puis de la scène on voit la salle puis la scène et la salle dans un même plan, comme si le regard se déplaçait, ou bien comme si la position des gens évoluait : d’abord un rapport frontal, puis une union symbolique. (Lou, Daria)

            L’accent est mis sur la diversité des espaces théâtraux : certains sont situés dans un jardin, d’autres dans des salles en dur, comme si on avait juste besoin de spectateurs pour qu’un spectacle existe. Peut-être pour signifier qu’on peut danser n’importe où ? (Daria)

            Ces images établissent un parallélisme entre les scènes professionnelles et les scènes des amateurs : l’ensemble est placé sous le signe du mélange plus que de l’opposition (‘Apolline)

            C’est aussi une façon de mettre le spectateur en question : on s’interroge, on se demande si ce début est normal : où sont les acteurs ? (Lola)

            C’est surtout un début troublant : on se demande comment le public devoit réagir : on ne sait pas si le metteur en scène souhaite que cela soit drôle ou pas : certains rient, d’autres sont impatients. (Inès)

            Il s’est produit quelque chose d’étonnant dans la salle à ce moment là : il y avait de la surprise, de l’incompréhension, on riait pour un rien, et les gens ont commencé à tousser, tout le monde a commencé à tousser, et le public a pris conscience de ce bruit, de son rythme, des effets de synchronisation voulus ou accidentels. Cela a créé une sorte de complicité chez les spectateurs qui devenaient les interprètes d’une sorte de concert de toux (Lou)

             

            COSTUMES

            Quand ils reviennent pour la partie intitulée « compagnie compagnie », ils ont tous changés leurs costumes, ou plutôt ils ont échangé leurs costumes les uns avec les autres : le danseur professionnel porte un tutu, l’adolescent en jogging porte le diadème de la danseuse classique, etc. Cela provoque l’hilarité du public. (Lola, Joseph)

            Pourquoi cet échange ? C’est peut-être une manière de souligner la cohésion et le partage entre tous (Apolline)

            On a l’impression que la première fois qu’ils se présentent devant nous ils portent l’habit qu’ils aiment, puis que le mélange des costumes représente ce qu’ils ont appris, ce qu’ils ont reçu en travaillant d’autres styles de danse : ces tenues matérialisent la rencontre entre eux (Joseph)

            En réalité, on observe trois étapes dans les costumes : ils ont d’abord leur costume à eux au début, lorsqu’ils dansent seuls, lorsqu’ils sont séparés ; puis on observe le mélange des costumes quand ils sont ensemble ; à la fin, ils ôtent leur costume et se retrouvent en sous-vêtements : leur nudité les réunit (Daria)

             Le nu à la fin représente l’ultime épreuve d’un acteur sur scène : ils ont beaucoup donné, ils ont fait des choses parfois un peu ridicules et ils se sont mis à nu, ils ont réussi à venir sur scène et à dépasser comme des vrais acteurs (Elian)

            On peut aussi dire qu’au début ils ont leurs habits, qu’ensuite ils reçoivent quelque chose des autres, puis qu’ils montrent une nouvelle version d’eux-mêmes avec cette nudité, comme s’ils avaient assimilé ce qu’ils ont reçu. Ils sortent grandis, changés par cette expérience. (Joseph)

            Ces variations de costumes posent en tout cas la question de l’intimité dans la danse : qu’est-ce qu’on dévoile de soi en dansant, qu’est-ce qu’on expose ? (Elena)

             

            JOUER AVEC LA DANSE

            A un moment, un enfant mène la chorégraphie. C’est intéressant de voir comme il utilise l’espace d’une manière différente des adultes : il joue à cache cache et va dans les coulisses et tout le monde doit le suivre. (Daria)

            C’est un spectacle de danse mais qui joue avec les frontières de cet art : à un moment, une vieille femme entre sur scène et chante une chanson de Dalida. (Lou) C’est un très beau passage, très émouvant, elle a une voix qui flanche un peu mais elle va jusqu’au bout et on sent son plaisir (Joseph)

            On pouvait voir des moments un peu flottants, un peu imprécis : les danseurs ont parfois du mal à se placer, ils échangent quelques mots ; c’est une sorte de miroir pour nous, les amateurs. (Joseph)

             

            PROGRESSION

            Le spectacle présente une progression dramaturgique : au début, ils sont gênés, ils entrent un par un, le plateau semble immense et écrasants, eux paraissent tout petits. Mais progressivement, ils deviennent plus à l’aise, ils prennent confiance, ils deviennent une vraie compagnie, et le public s’implique lui aussi davantage, une communication, voire une communion, s’établit entre la scène et la salle (Paul, Apolline)

            Quelque chose se construit durant le spectacle : une relation entre eux et aussi une relation de complicité avec nous. Simultanément, quelque chose est d’une certaine manière détruit par la représentation : les codes de la danse, et l’idée que pour former une compagnie il faut se ressembler. (Daria)

             

            LES APPLAUDISSEMENTS

            L’échange avec le public passe beaucoup par les applaudissements qui ponctuent le spectacle. Le public manifeste son soutien ou son admiration à certains moments. On était davantage dans l’encouragement pour la femme en fauteuil roulant par exemple (Paul)

            En même temps, ces applaudissements soulèvent des questions : pendant un moment de la pièce je ne savais pas si je pouvais rire ou pas, face au handicap (Elena). Un danseur était trisomique et prenait manifestement un grand plaisir à ce qu’il faisait : c’est lui qui invitait le public à rire par la joie qui émanait de lui. (Paul) Je pense que le metteur en scène a voulu nous faire prendre conscience de notre manière de réagir : pour ma part, je pense qu’il ne fallait pas faire de différences entre les danseurs en matière d’applaudissements. (Gabrielle)

            Les réactions du public sont en tout cas diverses et posent la question de la réception de ce spectacle par les spectateurs. Certains participaient beaucoup par leurs chants, leurs applaudissements, leurs rires, d’autres étaient silencieux. Derrière nous, on nous a fait des réflexions. (Joseph)

            Contrairement au spectacle Stadium que nous venions de voir, je n’avais pas l’impression qu’ici le spectacle avait pour but de « chauffer la salle » : on avait plutôt l’impression que les danseurs étaient dans leur monde, qu’ils n’avaient pas la volonté de nous faire forcément entrer dans leur mode d’expression, mais qu’ils s’exprimaient librement, c’est tout. Les émotions étaient diverses chez les spectateurs : certains avaient du respect pour le travail de ceux qui étaient sur scène, certaines personnes voulaient participer, soutenir, en applaudissant, d’autres se contentaient de regarder (Lou)

             

            Ce spectacle offre une sorte de tableau de la vie qui insiste sur la singularité de chacun : les vieux, les jeunes, les professionnels, les amateurs, les personnes en situation de handicap, etc. Gala fait naître aussi un sentiment de reconnaissance à certains moments lorsque l’on entend une chanson qu’on aime (Joseph)

             

            Comment Gala fait-il évoluer l'idée de compagnie ?

            En quoi ce spectacle est-il placé sous le signe du mélange ?

            Par quelles étapes ce spectacle nous fait-il passer ?

            Comment Gala questionne-t-il les notions de singularité et de différence ?

            Quel rapport avec le public établit Gala ?

            Que détruit et que construit ce spectacle ?

            Comment  Gala propose-t-il une réflexion sur l'uniformité et la diversité ?

            En quoi Gala joue-t-il avec les codes ?

            Gala : un miroir pour le spectateur ?

             

             

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