Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 23/10/2017
      • LES TROIS SOEURS : Distribution (1ères et Terminales)

          • Anton TCHEKHOV : Les Trois Sœurs (1901) traduction André Markowicz ACTE I

             

             

            OLGA : Tania, Hindou, Capucine, Lorraine

            IRINA : Léah, Anouk ; Lucy, Camille, Eloise, Marion

            MACHA : Allyssia, Louise, Léa Y

            NATACHA : Alice, Jade

            Nicolas TOUZENBACH : Aurélien et Jules ;

            Ivan TCHEBOUTYKINE : Vassilis et Ernesto

            VERCHININE : Malo

            KOULIGUINE : Sylvain

             

            1/SOUVENIR

            OLGA : Tania et Capucine ; IRINA : Léah et Camille ; (MACHA : Allyssia, Léa Y.)

            Nicolas TOUZENBACH : Aurélien et Jules ; (Ivan TCHEBOUTYKINE : Vassilis et Ernesto)

             

            Midi ; dehors, le soleil brille, tout est joyeux

            OLGA : Papa est mort il y a juste un an, un an aujourd’hui même,

            le cinq mai, le jour de ta fête, Irina. Il faisait très froid, il neigeait, ce jour-là.

            Je me disais que je n’y survivrais pas, tu étais allongée, évanouie, comme morte.

            Mais voilà un an de passé, et tout cela, nous nous en souvenons si légèrement,

            tu es déjà en robe blanche, resplendissante.

            Je me souviens, pendant qu’ils portaient le corps de papa, on a tiré une salve, au cimetière.

            Il était général, et il n’y avait pas grand monde, pourtant.

            Mais aussi, il pleuvait, ce jour-là. Une pluie violente, et de la neige.

            IRINA : A quoi bon se souvenir !

            Dans la salle, à côté de la table, apparaissent le baron Touzenbach, Tcheboutykine et Saliony.

            OLGA : Aujourd’hui, il fait doux, on peut laisser les fenêtres grandes ouvertes.

            Papa a reçu une brigade, et il a quitté Moscou avec nous, il y a onze ans ;

            je m’en souviens parfaitement,

            Ça remonte à onze ans, et je revois tout là-bas, comme si c’était hier que nous étions partis.

            Je me suis réveillée ce matin, j’ai vu le printemps, et j’ai voulu avec passion retrouver notre patrie !

            TCHEBOUTYKINE : Compte là-dessus !

            TOUZENBACH : Mais oui, bêtises.

            Macha, songeuse, penchée sur son livre, siffle doucement une chanson.

            OLGA : Ne siffle pas, Macha !

            Moi, je suis au lycée tous les jours, et après ça je donne des leçons, jusqu’au soir,

            j’ai tout le temps mal à la tête.

            Chaque jour depuis quatre ans que je travaille au lycée,

            je sens sortie de moi, comme goutte à goutte, mes forces et ma jeunesse.

            Il n’y a qu’un seul rêve qui grandit, qui s’impose…

            IRINA : Partir à Moscou. Vendre la maison, en finir avec tout ici, et… à Moscou…

            OLGA : Oui ! Vite, à Moscou.

            Tcheboutykine et Touzenbach rient.

            IRINA : Notre frère, sans doute, il sera professeur d’université ; de toute façon il ne restera pas vivre ici. Le seul obstacle, c’est la pauvre Macha.

            OLGA : Macha viendra chaque année passer tout l’été à Moscou.

            Macha sifflote doucement sa chanson.

            IRINA regardant par la fenêtre : Il fait beau aujourd’hui.

            Ce matin, je me suis souvenue que c’était ma fête. Je me suis sentie pleine de joie.

            OLGA : Tu es incroyablement belle aujourd’hui. Et Macha aussi, elle est belle.

            Andréï, il pourrait être beau, mais il a beaucoup grossi, ça ne lui va pas du tout.

            moi, j’ai vieilli, j’ai beaucoup maigri,

            à force de me mettre en colère contre les élèves au lycée.

            Aujourd’hui, bon, je suis libre, je suis à la maison et je n’ai pas mal à la tête.

            Je me sens plus jeune qu’hier. J’ai vingt-huit ans.

            Il me semble que si je me mariais, et si je pouvais rester chez moi toute la journée, ce serait mieux. (Pause). Mon mari, je l’aimerais.

            TOUZENBACH : Ces bêtises que vous dites… Vous m’agacez à la fin…

            (Entrant dans le salon)  Vous aurez la visite de notre nouveau commandant de batterie, Verchinine.

            OLGA : Bonne nouvelle !

            IRINA : Il est vieux ?

            TOUZENBACH : Non, ça va. Quarante, quarante-cinq maximum. (Il pianote doucement). Un brave type, ça se voit. Pas bête, ça c’est sûr. Seulement, il parle beaucoup.

            IRINA : Il est bien ?

            TOUZENBACH : Oui, pas mal, seulement il a une femme, une belle-mère, et deux petites filles. Sa femme, c’est une espèce de folle, elle n’a que de grands mots à la bouche, elle fait de la philosophie, et des tentatives de suicide, sans doute pour énerver son mari.

             

            2/LE TRAVAIL

            IRINA : Louise et Eloïse ; OLGA : Lorraine et Tania ; (MACHA : Allyssia et Léa Y)

            TCHEBOUTYKINE : Vassilis et Ernesto ; TOUZENBACH : Aurélien et Jules

            TCHEBOUTYKINE (lisant le journal en marchant) : Contre la chute des cheveux… deux billes de naphtaline pour une demi-bouteille d’alcool… bien agiter et appliquer chaque jour… (il note dans un carnet). Je me le note !

            IRINA : Ivan, Ivan !

            TCHEBOUTYKINE : Quoi ma petite ?

            IRINA : Pourquoi suis-je si heureuse aujourd’hui ? Pourquoi ?

            Aujourd’hui, quand je me suis réveillée,

            brusquement, j’ai eu l’impression que tout était clair, pour moi, que je savais comment il fallait vivre.

            Ivan, je sais tout. L’homme doit travailler, c’est ça le sens et le but de sa vie.

            Il vaut mieux être un bœuf, et travailler, plutôt que d’être une jeune femme qui se lève à midi !

            Si je ne commence pas à me lever et à travailler, refuse-moi ton amitié, Ivan.

            TCHEBOUTYKINE : Mais oui, d’accord…

            OLGA : Papa nous avait dressés à nous lever à sept heures.

            Aujourd’hui, Irina se réveille à sept heures, mais elle reste au lit au moins jusqu’à neuf heures !

            TOUZENBACH : La nostalgie du travail, comme je comprends ça !

            Moi, je n’ai jamais travaillé de ma vie.

            Quand je rentrais de l’école militaire, le domestique me retirait mes bottes

            et moi, pendant ce temps-là, je faisais des caprices.

             Ma mère me regardait avec adoration. On me préservait du travail.

            Mais le temps est arrivé, et dans trente ans tout au plus,

            chaque homme travaillera. Chaque homme !

            TCHEBOUTYKINE : Je ne travaillerai pas, moi.

            TOUZENBACH : Toi, tu ne comptes pas. Dans vingt-cinq ans, tu seras mort.

            TCHEBOUTYKINE : Moi, c’est vrai que je n’ai jamais rien fait.

            Depuis que j’ai eu mon diplôme, je n’ai pas levé le petit doigt,

            je n’ai pas lu un seul livre, je n’ai lu que des journaux.

            Ah ! On m’appelle ! Je reviens tout de suite.

            IRINA : Il mijote quelque chose.

            TOUZENBACH : Oui. Je parie qu’il va t’apporter un cadeau.

            IRINA : Non !

            MACHA (récite un vers. Elle se lève et chantonne tout bas).

            OLGA : Tu n’est pas gaie aujourd’hui, Macha. (Macha, tout en chantonnant, remet son chapeau)

            Où vas-tu ?

            MACHA : Je rentre

            TOUZENBACH : Partir un jour de fête !

            MACHA : Pas d’importance… Je reviendrai ce soir.

            (Elle embrasse Irina) Je te le souhaite une fois de plus : sois heureuse.

            Du temps de papa, à nos fêtes, il y avait trente ou quarante officiers, c’était bruyant.

            Aujourd’hui, il n’y a pas un chat…

            Je m’en vais… Je ne me sens pas bien gaie, ne m’écoute pas. Je vais marcher un peu.

            IRINA (mécontente) : Toi alors…

            OLGA : Je te comprends, Macha.

            MACHA : Tu ne vas pas pleurnicher !

            Entre Tcheboutykine avec son cadeau. Rumeur de surprise et de réprobation :

            OLGA : Un samovar ! C’est monstrueux ! (Elle s’en va vers la table)

            IRINA : Ivan, qu’est-ce que tu as fait !

            TOUZENBACH : Je vous l’avais dit.

            TCHEBOUTYKINE : Mes petites, vous êtes tout ce que j’ai, ce que j’ai de plus cher au monde.

            J’ai bientôt soixante ans, je suis un vieillard, je n’ai rien de bon en moi, à part l’amour que j’ai pour vous.

            IRINA : Mais pourquoi des cadeaux aussi chers !

             

            3/VERCHININE

            IRINA : Leah et Lucy ; MACHA : Allyssia et Lea Y ; OLGA :

            VERCHININE : Malo (TOUZENBACH : Aurélien/Jules ; TCHEBOUTYKINE : Vassilis/Ernesto)

             

            Verchinine apparaît

            TOUZENBACH le présente : Ah ! Lieutenant-colonel Alexandre Verchinine.

            VERCHININE (à Macha et Irina) : Bonjour, Verchinine. Très heureux de me trouver enfin chez vous.

            IRINA : Asseyez-vous, je vous en prie. C’est un grand plaisir pour nous.

            VERCHININE : Comme je suis heureux !

            Mais, vous êtes trois sœurs. Je me souviens – trois petites filles. Je ne me souviens plus de vos visages, mais je me souviens que votre père, le colonel Prozorov, avait trois petites filles, et je vous ai vues, de mes yeux vues. Comme le temps passe !

            TOUZENBACH : Alexandre est de Moscou.

            IRINA : De Moscou ? Vous êtes de Moscou ?

            VERCHININE : Oui, de Moscou. Votre père y était commandant de batterie, moi, j’étais officier dans la même brigade. (A Macha) Votre visage à vous, je crois que je m’en souviens un peu.

            MACHA : Moi, pas du tout !

            IRINA : Olga ! Olga ! (Elle crie vers la salle) Olga, mais viens donc ! (Olga, venant de la salle, entre dans le salon). Figure-toi que le lieutenant-colonel Verchinine est de Moscou.

            VERCHININE : Vous devez être Olga, l’aînée… Et vous, Maria… Et vous, Irina, la benjamine…

            OLGA : Vous êtes de Moscou ?

            VERCHININE : Oui, et je viens de recevoir une batterie dans cette ville, me voilà transféré.

            Je ne me souviens pas vraiment de vous, mais je me souviens que vous étiez trois sœurs.

            J’allais souvent chez vous, à Moscou…

            OLGA : Moi qui croyais me souvenir de tout le monde…

            VERCHININE : Je m’appelle Alexandre.

            IRINA : Alexandre, vous êtes de Moscou. Quelle surprise !

            MACHA : Oh, mais je me souviens maintenant ! Tu te souviens, Olga, on disait chez nous : « le major amoureux ». Vous étiez lieutenant, à l’époque, et je ne sais pas de qui vous étiez amoureux, mais histoire de se moquer, on vous appelait le « major »…

            VERCHININE rit : Mais oui, oui, Le major amoureux, c’est ça…

            MACHA : Comme vous avez vieilli ! (au bord des larmes) Comme vous avez vieilli !

            VERCHININE : Oui, quand on m’appelait le major amoureux, j’étais jeune encore, j’étais amoureux. A présent, c’est fini, tout ça.

            OLGA : A présent, moi aussi, je me souviens de vous. Je me souviens.

            VERCHININE : J’ai connu votre maman.

            IRINA : Elle est enterrée à Moscou.

            MACHA  : Figurez-vous que je commence déjà à oublier son visage. Nous aussi, c’est pareil, on ne se souviendra plus de nous. On nous oubliera.

            VERCHININE : Oui. On nous oubliera. C’est notre destin, rien à faire. Ce qui nous semble grave, important, sérieux, ce sera oublié, ça n’aura plus la moindre gravité. (Pause)

            Et nous ne pouvons absolument pas savoir, à présent, ce qui, en fin de compte, passera pour grave, ou ridicule. Il est bien possible que notre vie à nous, nous semble au fil du temps étrange, sans pureté, et peut-être même coupable…

            TOUZENBACH : Qui sait ? Peut-être aussi la trouvera-t-on élevée, notre vie.

            TCHEBOUTYKINE : Mais les gens, pourtant, ils sont petits. (Il se lève) Regardez, moi, je suis petit. C’est pour me consoler qu’il faut le dire, qu’elle est élevée, ma vie.

            (En coulisses, on joue du violon)

            MACHA : C’est Andréï qui joue, notre frère.

            IRINA : Le savant de la famille. Il sera professeur, sans doute.

            OLGA : Nous nous sommes trop moquées de lui aujourd’hui. Il est un peu amoureux, on dirait.

            IRINA : D’une demoiselle d’ici. Elle va venir aujourd’hui normalement.

            MACHA : Mon Dieu, comme elle s’habille ! ça n’est pas que ce soit laid, ou démodé,

            ça fait tout simplement pitié. Une espèce de petite jupe, criarde, jaunâtre,

            avec une petite frange vulgaire, comme ça, et un petit haut cerise.

            OLGA : Andréï n’est pas amoureux, je ne peux pas croire une chose pareille,

            tout de même, il a du goût. C’est juste pour se moquer de nous, pour faire l’intéressant.

            (vers la porte) Andréï, viens donc, rien qu’une minute !

            (Andreï entre) Voici mon frère, Andréï.

            VERCHININE : Verchinine.

            ANDREI : Prosorov. Vous êtes notre commandant de batterie ?

            OLGA : Tu t’imagines, Alexandre est de Moscou.

            ANDREI : Vraiment ? Alors félicitations, mes sœurs ne vous laisseront plus en paix, à présent.

             

            4/NATACHA

            OLGA : Hindou ; IRINA : Anouk/Marion ; MACHA : Allyssia/Léa Y ; NATACHA : Alice/Jade

            VERCHININE : Malo ; KOULIGUINE : Sylvain

            KOULIGUINE (entre, en habit de professeur) : Ma chère Irina, permets-moI de te souhaiter une bonne fête, et de t’offrir ce livre en cadeau. L’histoire de notre lycée depuis un demi-siècle, écrite par moi. Bonjour, chers amis ! (A Verchinine) Kouliguine, professeur au lycée. (A Irina) Dans ce livre, tu trouveras la liste de tous ceux qui sont sortis diplômés de notre lycée en l’espace d’un demi-siècle. Feci quod potui, faciant meliora potentes. (Il embrasse Macha)

            IRINA : Mais tu m’as déjà offert le même livre à Pâques.

            KOULIGUINE : Pas possible ! Dans ce cas, rends-le-moi, ou tiens, donne le au colonel. Tenez colonel, vous le lirez un jour. (à Macha) Macha, à quatre heures aujourd’hui, nous sommes chez le directeur. On prépare une promenade des enseignants et de leurs familles.

            MACHA : Je n’irai pas.

            VERCHININE : Je vous remercie. Je suis très heureux d’avoir fait votre connaissance…

            OLGA : Vous partez ? Non, non !

            IRINA : Restez déjeuner avec nous, je vous en prie.

            OLGA : Je vous le demande.

            VERCHININE : Il me semble que j’arrive pour une fête. Pardonnez-moi, je ne savais pas…

            OLGA : Mes amis, je vous en prie, le repas est servi ! Un pâté en croûte !

            TCHEBOUTYKINE : Un pâté ? Epatant !

            MACHA : Mais attention : tu ne bois rien aujourd’hui. Tu as entendu ? ça te fait mal de boire.

            KOULIGUINE : A la vôtre colonel ! Je suis le mari de Macha. Ici aussi je me sens chez moi. Macha est si gentille, très gentille…

            VERCHININE : A la vôtre ! (tous se dirigent vers la table, sauf Irina et Touzenbach)

            IRINA (à Touzenbach) : Macha est de mauvaise humeur aujourd’hui. Elle s’est mariée à dix-huit ans – elle le prenait pour l’homme le plus intelligent du monde. A présent, ce n’est plus ça. C’est le meilleur des hommes, mais pas le plus intelligent.

            OLGA : Andréï, mais viens donc à la fin !

            ANDREI (en coulisses) : J’arrive. (Il entre et se dirige vers la table)

            TOUZENBACH : Laisse-les se mettre à table. A quoi penses-tu ? (Pause) Tu as vingt ans, je n’en ai pas encore trente. Nous avons encore tant d’années devant nous, une longue suite de journées toutes pleines de mon amour pour toi…

            IRINA : Nicolas, ne me parle pas d’amour.

            TOUZENBACH : J’ai une soif passionnée de vivre, de lutter, de travailler, et cette soif s’est mélangée dans mon âme avec mon amour pour toi, Irina. A quoi penses-tu ?

            IRINA : Tu dis : La vie est belle. Mais pour nous, les trois sœurs, la vie n’a pas encore été belle. Elle nous a étouffées comme de la mauvaise herbe. (Elle s’essuie le visage et sourit). Il faut travailler, travailler. Nous sommes nés de gens qui méprisaient le travail…

            Entre Natalia, elle porte une robe rose à ceinture verte.

            NATACHA : Ils passent déjà à table… je suis en retard. (Elle s’arrange devant la glace). La coiffure, je crois que ça peut aller… (apercevant Irina) Irina, bonne fête ! Bonjour Nicolas.

            OLGA : Ah, voilà Natalia. Bonjour ! (Elles s’embrassent)

            NATACHA : Bonne fête à vous toutes. Vous recevez beaucoup de monde, je suis confuse…

            OLGA : Ce sont des amis. (Apeurée) Vous avez mis une ceinture verte !

            NATACHA : Ca porte malheur ?

            OLGA : Non, simplement, ça ne va pas… ça fait bizarre…

            NATACHA : Vous croyez ? Mais ce n’est pas exactement vert… (Elle suit Olga. Tous à table).

            KOULIGUINE : Je te souhaite, Irina, un fiancé très bien. Il est temps que tu te maries.

            TCHEBOUTYKINE : Natalia, toi aussi, je te souhaite un petit fiancé.

            KOULIGUINE : Natalia, elle l’a déjà, son petit fiancé.

            OLGA : Ce soir, nous aurons de la dinde rôtie et de la tarte aux pommes. Revenez pour le dîner.

            NATACHA : Chez eux, c’est à la bonne franquette !

            TCHEBOUTYKINE (chante) : Nature pour le seul Amour, nous a tous mis au monde un jour…

            KOULIGUINE : On est treize à table ! Quand on est treize à table, c’est qu’il y a des amoureux.

            TCHEBOUTYKINE : Natalia a rougi, là, tout d’un coup. Je me demande bien pourquoi.

            Rires sonores. Natacha se lève d’un bond, sort de la salle et court au salon, suivie d’Andréi.

            ANDREI : Ne fais pas attention. Attends, reste un peu.

            NATACHA : (texte à venir)

             

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