Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 31/10/2019
      • LIBERTÉ (écriture collective / groupe du mercredi)

          • SOUVENIR DE LIBERTÉ

             

            Je suis dans l’eau, il fait beau, l’eau est froide. On voit les bateaux passer avec de la marchandise, et de grosses vagues qui se forment après leur passage. Quand il y a des vagues là-bas, elles sont immenses, parfois jusqu’à trois mètres de hauteur. Je saute par dessus lorsqu’elles ne sont pas trop grandes, si elles font trois mètres, je plonge dedans. Le temps est comme arrêté. (Eva)

            Je ne peux pas dire qu’à un moment précis j’aie pensé « je suis libre », non, cette impression de liberté, elle est plutôt venue d’une prise de conscience, d’un processus. Ce qui compte, c’est qu’à la fin, j’ai compris deux choses : La première, c’est que je suis forte même si je suis faible. La seconde, c’est que même si je ne possède rien, je possède « moi », et « moi », c’est suffisant, c’est assez. La liberté, c’est pour moi une façon de vivre, c’est être fière et contente et forte et faible. (Eléni)

             

            Je m’assois, je regarde autour de moi : les enfants qui jouent, les parents qui prennent des photos, le ciel. Le bateau démarre, je mets mes écouteurs et je sens le vent. Plus personne pour me diriger. (Aminata)

             

            J’invite des amies chez moi pour la première fois sans avoir à demander d’autorisation spécifique à mes parents, sans avoir à les convaincre. Ils me laissent décider, je peux prendre l’initiative de le faire. Je sens que j’ai grandi d’un coup, que j’ai grimpé d’un niveau. (Kenza)

             

            J’ai 10 ans, c’est un peu avant les vacances de février. Mes parents me font une surprise : ils m’emmènent au Viet-Nam. Nous prenons l’avion. Et c'est là, c’est au moment précis où l'avion décolle du sol, et où je découvre la terre depuis le ciel. C’est à cet instant que je me sens libre. (Adèle)

             

            Je cours dans un champ, très vite et très loin. Je suis toute seule, j’ai 9 ans, je ne m’inquiéte pas du tout de la manière dont je vais rentrer chez moi. Il fait frais, l’air sent bon. (Sarah).

            Je vais au lycée pour la première fois, je fais ce trajet 30 minutes qui m’éloigne de chez moi, de l’autorité de mes parents, du collège où tout le monde se juge et se moque des autres. J’ai l’impression de pouvoir faire tout ce que je veux, même si je ne le fais pas car je suis peureuse et que je n’aime pas défier mes parents. (Emma)

             

            Sur le catamaran, l’une de nous savait très bien manoeuvrer, alors c’est elle qui a tout fait. Moi, je me suis allongée sur le bateau, il faisait beau mais pas trop chaud, il y avait un peu de vent. Pendant ces quelques instants sur l’eau, sans adultes et presque sans paroles, je me suis sentie vraiment libre. (Eliette)

            J’ai 7 ans, j’aime toucher, sentir, jouer ; mais la plupart des musées n’autorisent personne à manipuler les objets exposés. Alors que là-bas c’est possible : les machines fonctionnent avec de l’eau, d’autres avec du blé, je revois encore la grue : elle pouvait prendre une (fausse) brique et la déposer plus loin. (Matéo)

            C’est la fin des vacances,  pour garder cet instant, je m’allonge sur l’herbe tiède du jardin, les jambes et les bras étendus, mes doigts effleurent les brins. Je regarde le ciel étoilé de cette soirée sans nuage, je repère les constellations que je connais, je cherche une étoile filante. L’air sent le barbecue. Je me sens libre. (Charlotte)

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