Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 30/12/2018
      • NUIT DES ROIS (répartition du texte - début)

          • SCENE 1 : NAUFRAGE (tous) : (musique : Les dents de la mer : Marion puis bande-son). Fin : tous les noyés au sol.

             

            SCENE 2 : VIOLA (Camille) ET CAPITAINE (?) RESCAPES SUR LE RIVAGE

            VIOLA (Camille) (à terre, essoufflée) : Dans quel pays sommes-nous ?

            CAPITAINE : En Illyrie, Madame

            VIOLA: Mais qu’est-ce que je vais bien faire en Illyrie, toute seule ?

            Tandis que mon frère, lui, est certainement mort dans le naufrage.

            Mais peut être que par miracle, il ne s’est pas noyé. Qu’en pensez-vous ?

            CAPITAINE : Vous êtes sauvée, c’est déjà un miracle !

            VIOLA: Espérons que le même miracle aura sauvé mon frère. Mon salut me fait espérer le sien. Connais-tu ce pays ? Sais-tu qui gouverne ?

            CAPITAINE : Le duc Orsino

            VIOLA: Orsino, ce nom… j’ai entendu mon père le prononcer. Il était encore célibataire.

            CAPITAINE : Il l’est encore, mais on dit qu’il recherche l’amour de la belle Olivia.

            VIOLA: Qui est-elle ?

            CAPITAINE : La fille d’un comte, mort il y a un an. Elle a renoncé à la compagnie des hommes.

            VIOLA: Oh je veux servir cette dame. Et on cachera mon identité et ma véritable position.

            CAPITAINE : L’opération est trop difficile. Elle n’accepte aucune demande.

            VIOLA: Alors je servirai ce duc. Capitaine, je te demande de ne jamais dire qui je suis.

            Je vais te payer très généreusement pour cela.

            Cache ce que je suis, aide-moi à trouver le déguisement qui servira mon projet.

            Moi, je servirai le duc. Pour la suite, laissons le temps agir. Conduis-moi.

             

            SCENE 3 : VIOLA SE TRAVESTIT EN GARCON (toutes) (prévoir casquettes, capuches) (Musique : Marion puis James Brown It’s a man’s world).

             

            SCENE 4 : SEBASTIAN (Hugo) SUR LE RIVAGE veut quitter ANTONIO ( ?)

            ANTONIO : Vous ne voulez pas rester ? Vous ne voulez pas non plus que je vous accompagne ?

            SEBASTIAN (Hugo) : Avec votre permission, non. Mon étoile est noire, elle risque d’assombrir la vôtre. Je vous en conjure, laissez-moi endurer cette série de malheurs tout seul.

            Vous les faire partager, même en partie, ce serait mal récompenser votre tendresse.

            ANTONIO : Laissez-moi au moins savoir où vous vous dirigez.

            SEBASTIAN : Je perçois chez vous une remarquable délicatesse qui vous retient de m’extorquer ce que je tiens à garder secret. Cela m’oblige en retour à user de bonnes manières et à vous révéler qui je suis. Je dois vous en dire plus sur moi : Antonio, je ne m’appelle pas Roderigo, mais Sebastian. Mon père aussi… Sebastian, celui de Messaline, si ça vous rappelle quelque chose… Il nous a laissés derrière lui, ma sœur et moi, tous deux nés au même instant. Nous aurions dû mourir de la même façon, ensemble – si le ciel l’avait voulu.  Vous avez bouleversé cette issue, Monsieur, une heure à peine avant que vous ne m’arrachiez des larmes déferlantes, ma sœur se noyait.

            ANTONIO : Quel malheur !

            SEBASTIAN : Une jeune femme… on la trouvait belle – même si on disait qu’elle me ressemblait trait pour trait. Elle est tout au fond de l’eau salée Monsieur, mes larmes vont noyer sa mémoire encore une fois.

            ANTONIO : Désolé, Monsieur, je ne vous ai pas assez rendu les honneurs.

            SEBASTIAN : Oh, mon cher Antonio, pardon d’avoir provoqué tous ces… troubles.

            ANTONIO : Si vous ne voulez pas m’anéantir à cause de mon amour pour vous, laissez-moi au moins devenir votre serviteur.

            SEBASTIAN : Si vous ne voulez pas défaire ce que vous avez fait, c’est-à-dire tuer celui que vous avez sauvé, ne me demandez pas cela.

            Alors, adieu. Immédiatement adieu. Je me rends à la cour du duc Orsino, adieu. (Il sort.)

            ANTONIO : J’ai beaucoup d’ennemis à la cour d’Orsino… Mais advienne que pourra, j’ai une telle adoration pour toi. N’importe quel danger me semblera un jeu. J’y vais.

            SCENE 5 : LES NARRATEURS (Arthur, Ernesto, Aurélien)

            NARRATEUR 1 : I give you my greetings and welcome you to this show : Twelfth Night. We are but the humble vessels of knowledge at thy service.

            Narrateur 2 : Oui, donc hello, euh…

            Narrateur 3 : On est les narrateurs de la Nuit des rois

            Narrateur 2 : Oui c’est ça. Et des traducteurs. D’ailleurs La Nuit des rois c’est pas terrible comme traduction pour Twelfth Night. En fait c’est la 12e nuit, mais aujourd’hui on ne sait plus trop ce que c’est la 12e nuit, hein ? Vous savez vous ?

            NARRATEUR 1 : T’is the tale of two twins, a brother and a sister, Sebastian and Viola. Bound by wood, they sunk into darkerst depths, bound by blood, they lost one another.

            Narrateur 2 : Donc basically c’est l’histoire de Sebastan et Cesario…

            Narrateur 3 : Non, elle ne s’appelle pas Cesario au début, elle s’appelle Viola.

            Narrateur 2 : Sorry Viola.

            Narrateur 3 : Leurs bateaux coulent et ils se retrouvent ici, en Illyrie. Ah oui, et ils sont jumeaux.

            Narrateur 2 : Ouais mais comme les comédiens qui jouent les rôles ne se ressemblent pas vraiment, ça risque d’être un peu confus pour vous.

            Narrateur 3 : C’est pour ça qu’on est là, pour vous aider, sinon personne comprendrait, c’est normal, c’est normal, c’est du Shakespeare. En plus la pièce dure trois heures et là on n’a droit qu’à 30 minutes, alors il va falloir vous concentrer.

            NARRATEUR 1 : To save herself Viola changes her shape into that of a man named Cesario.

            Narrateur 2 : Peut-être que ça n’était pas clair, mais la fille que vous avez vue, enfin les filles, mais en réalité il n’y en a qu’une, cette fille donc c’est Cesario, enfin Viola, elle a changé… son appearence.

            Narrateur 3 : Parce qu’elle voulait être homme.

            Narrateur 2 : Mais non elle ne voulait pas être un homme, elle voulait se cacher !

            NARRATEUR 1 : Her brother turns wanderer to seek his fortune.

            Narrateur 2 et 3 : Et son frère part.

            NARRATEUR 1 : On the stage we now see the duc Orsino who laments hither the pain love brings unto him, for he is enamoured by the sweet Olivia.

            Narrator 2 : Là on voit donc Orsini

            Narrateur 3 : Non Orsoni !

            Narrateur 2 : Non Orino !

            Narrateur 3 : On ne dit pas Oto-rhino ?

            Narrateur 2 : Non : Or-si-no !

            Narrateur 3 : Merci. Donc Orisno est amoureux de la belle Olivia, mais elle refuse de l’aimer.

            NARRATEUR 1 : So he is sad, do you see how sad he is ?

             

            SCENE 6 : MELANCOLIE D’ORSINO (Malo) qui envoie CESARIO (Camille) plaider sa cause auprès d’Olivia

            ORSINO (Malo) (première tirade en anglais) :

            If music be the food of love, play on,

            Give me excess of it ; that, surfeiting,

            The appetite may sicken, and so die…

            That strain again ! It had a dying fall :

            O, it came o’er my ear like the sweet bound

            That breathes upon a bank of violets ;

            Stealing and giving adour… (music again) Enough, no more !

            ‘Tis not so sweet as i twas before.

            O spirit of love, how quick and fresh art thou (…)

            (…) So full of shapes is fancy,

            That it alone is high fantastical

            On dit que la musique alimente l’amour / alors, musique !

            Servez-m’en jusqu’à la lie / au maximum

            L’envie en tombe malade / Et déjà / L’appétit se meurt

            Allez, encore cette montée, / sa chute est mortelle /

            Elle envoie un son délicieux à mes oreilles

            On dirait le va et vient d’un souffle sur un carré de violettes/

            Il diffuse le parfum qu’il capture

            Stop ! Arrêtez tout / C’est moins bien qu’avant. (la musique cesse)

            Amour, ta nature est si sauvage / si avide / (…)

            Désir / ah tu débordes tellement de formes / Le comble de la magie c’est toi.

            CURIO : Envie de chasser, votre Grâce ?

            ORSINO : Chasser quoi, Curio ?

            CURIO : Le cerf…

            ORSINO : … ou un cœur ? Mais c’est déjà celui que je sers, le plus noble – c’est le mien ! Quand j’ai vu Olivia pour la première fois, on aurait dit qu’elle purifiait l’air vicié de sa seule présence. Et, en un clin d’œil, me voilà devenu cerf, à mon tour, aux abois – tous mes désirs en meute surexcitée à mes trousses.

            ORSINO : Où est Césario ?

            VIOLA (Camille) : Ici, à vos ordres, votre Grâce.

            ORSINO : [Aux serviteurs] Eloignez-vous un peu. [A Viola] Césario, je t’ai tout dit, ce n’est pas rien. Je t’ai ouvert le livre de mon âme. Alors, dirige-toi vers cette femme, en bon jeune homme, ne te fais pas refuser, reste devant sa porte. Dis-leur à tous que, tant que tu n’auras pas d’audience, ton pied désespérément fixe prendra racine sur son seuil.

            VIOLA : Entendu, votre Grâce, mais si elle est aussi noyée dans son chagrin qu’on le dit, elle ne me recevra jamais.

            ORSINO : Elève la voix, fais un scandale, dépasse les bornes, mais ne reviens pas sans résultat.

            VIOLA : Bon, et si je lui parle, je lui dis quoi ?

            ORSINO : Déplie en grand la carte de mon amour. Surprends-la par l’intensité de mon engagement. Ta jeunesse retiendra son attention, mieux que la tête sinistre d’un ambassadeur.

            VIOLA : Je ne crois pas, Monsieur.

            ORSINO : Cher garçon, tu dois me croire. Ce serait passer à côté de ta magnifique jeunesse que de te voir en homme. Tu as les lèvres de Diane, douces et vermeilles. Ta voix est tout en haut du clavier – on dirait l’organe d’une jeune fille. Tu as tout ce qu’il faut pour fabriquer un rôle de femme. J’en suis sûr. (Aux serviteurs) Accompagnez-le ! Plus je suis seul, mieux je me porte.

            VIOLA (A part) Voilà une épreuve étrange. Faire la cour à une autre – moi qui voudrais être sa femme.

             

            SCENE 7 : CHEZ OLIVIA, MALVOLIO (Jules) ANNONCE l’arrivée de Viola à Olivia (Héloïse) (p. 43-44)

            MALVOLIO (Jules) : Madame, il y a un jeune homme qui désire vous parler. Je lui ai dit que vous étiez malade. Il dit qu’il le savait et que c’est justement pour cela qu’il veut vous parler. J’ai dit que vous dormiez. Il prétend en avoir eu le pressentiment, et que c’est pour cela justement qu’il veut vous parler. Que faut-il lui dire, Madame ? Il est comme barricadé devant tous les refus.

            OLIVIA (Héloïse) : Dis-lui qu’il ne me parlera pas.

            MALVOLIO : On le lui a fait savoir. Il répond qu’il restera planté là devant votre porte, comme un poteau dans la terre, et qu’il vous parlera.

            OLIVIA : C’est quel genre d’homme ?

            MALVOLIO : Genre humain.

            OLIVIA : Mais quel genre ?

            MALVOLIO : Très mauvais genre. Il veut vous parler à tout prix que vous le vouliez ou non.

            OLIVIA : Âge et apparence ?

            MALVOLIO : Pas assez âgé pour être un homme, ni assez jeune pour ressembler à un garçon ; une graine avant la tige, un pépin avant la pomme. Il est juste entre l’enfant et l’homme. Il est bien fait, et sa voix est si… acide. On dirait qu’il vient juste de renoncer au lait de sa mère.

            OLIVIA : Laisse-le approcher. Ecoutons encore une fois l’ambassadeur d’Orsino.

             

            SCENE 8 : VIOLA (Lucy) CHERCHE A CONVAINCRE OLIVIA (Héloïse) de l’amour d’Orsino (texte à partir d’improvisations). Malvolio : Jules

            VIOLA (Lucy) : Tu lis quoi ?

            OLIVIA (Héloïse) : La Nuit des Rois de Shakespeare.

            VIOLA : Ah je l’ai lu. J’ai bien aimé mais j’ai pas tout compris. (Léger blanc). Tu sais j’étais avec Orsino tout à l’heure, enfin je viens de lui parler…

            OLIVIA : Ah lui, celui qui…

            VIOLA : Tu le connais ?

            OLIVIA : Indirectement… Vu que tu es la quatrième personne qui vient me voir pour me parler de lui je commence à le connaître.

            VIOLA : Et t’en penses quoi ?

            OLIVIA : Bah il a l’air gentil, mais faut dire que c’est pas mon genre. Désolé hein, mais je le trouve pas très attirant, pas très beau, il m’intéresse pas. Après je comprends que plein de filles puissent le trouver mignon, attachant… Mais pas moi.

            VIOLA : Mais tu ne te dis pas qu’il est intimidé, qu’il a peut-être peur de toi ? Tu dois l’impressionner : prends cette maladresse comme un beau compliment, un signe d’amour. En plus, c’est un homme inventif, créatif. Moi il m’impressionne, je l’admire, je suis fière de l’avoir comme ami tu vois. Il t’a envoyé des lettres je crois.

            OLIVIA : Oui oui. C’était un peu ridicule d’ailleurs, ça m’a fait rire. C’est le seul garçon qui envoie encore des lettres.

            VIOLA : Ah voilà, il te fait rire, c’est déjà ça. Y a un truc entre vous. Il aime lire, écrire, les vieux livres, tu sais ceux qu’on sent dans les vieilles bibliothèques, et bien lui il adore vraiment, il adore. Il mange les bouquins, il les dévore. Moi il m’apporte beaucoup dans la vie. Enfin c’est un mec génial, je comprends pas que tu sois pas intéressée. C’est quoi le problème ? C’est quoi ton problème ? T’aimes… t’aimes pas les garçons ?

            OLIVIA

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