Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 12/01/2014
      • PETER PAN EN DAVID BOWIE : une mise en scène de Bob Wilson au Théâtre de la Ville

          • Les représentations au Théâtre de la ville au Châtelet du 12 au 20 décembre 2013 affichaient « complet ». Après avoir vu le spectacle, on comprend pourquoi…(Guillaume)

             

            Une scénographie féérique

            La mise en scène de Bob Wilson, c’est avant tout une incroyable scénographie, à la fois simple et riche mais pleine de symboles (Patryk).

            Tout au début de la pièce, la chambre comporte des lumières qui tombent sur le plateau. Elles peuvent représenter les étoiles car la scène de la chambre se déroule la nuit. Ces lumières apportent un côté féérique à la scène qui est elle-même extraordinaire car Peter Pan arrive en volant par la fenêtre. (Marilou)

            De même lors de l’arrivée des parents après le départ de leurs enfants, on voit sur le mur de fond de scène de grosses gouttes qui représentent les pleurs des personnages. (Raphaël)

            Bob Wilson réussit à suggérer énormément avec peu de choses. Il s’est par exemple contenté de mettre en scène un mat qui bouge pour montrer l’action de la mer sur le navire, en faisant une sorte de métonymie. » (Patryk) Ce mât qui se balance de gauche à droite pour mimer la houle de la mer fait écho au bruit du crocodile, ce « tic tac, tic tac » qui représente le temps qui passe. Ce mât était une sorte d’aiguille d'horloge qui indique chaque seconde et qui rappelle l'urgence de la situation, l’urgence d'échapper au crocodile. (Marilou)

            Enfin, les décors de la première et de la dernière scène sont les mêmes ; au premier plan le monde réel avec la chambre de Wendy et ses frères et au second plan, derrière un mur avec une fenêtre, l’accès au monde imaginaire, comme pour faire une boucle et pour suggérer qu’au fond, on revient toujours chez soi. (Clara)

             

            Du bleu au vert : les lumières

            La lumière met en valeur le visage des personnages et leurs mimiques qui sont très importantes. Le metteur en scène a employé un bleu : un bleu inquiétant, qui fait des ombres (Angela).

            Grâce aux éclairages, le metteur en scène peut nous faire adopter le point de vue de son choix. Dans Peter Pan on voit des lumières fortes dans le monde réel et un éclairage vert, plus sombre, dans le monde de Peter Pan. (Clara)

            Le moment où les pirates tuent les indiens les uns après les autres est particulièrement marquant dans l’utilisation des lumières : le fond est sombre mais lors de chaque assassinat une lumière blanche qui nous éblouit. On ne distingue alors plus les traits des personnages, on ne voit plus que leurs contours, un peu à la manière d’ombres chinoises. Ce flash est très rapide, afin de provoquer un effet de surprise chez le spectateur mais aussi et surtout pour créer une rupture entre la lenteur des mouvements des personnages et la soudaineté des meurtres ainsi que la cruauté qu’ils peuvent représenter. Dans cette scène il existe un deuxième contraste, tout aussi fort : les enfants et Peter sont au premier plan, endormis sur la table et Wendy chante une berceuse qui a pour rôle d’apaiser le spectateur. La lumière est focalisée sur tous ces personnages. Dans le même temps au second plan, Crochet et ses hommes réalisent un acte monstrueux qui, à l’inverse du chant, nous met dans un état d’effroi total. (Raphaël)

             

            Surprise : les costumes

            Peter Pan met en scène des personnages avec des costumes surprenants. Surprenants par leur originalité car ce sont des costumes assez modernes : Peter Pan est en blouson en cuir vert. C’est un enfant qui ne veut pas grandir et pourtant, ses habits ne sont pas ceux d’un enfant. (Clara)

            Ici pas de costumes colorés, on est bien loin de l’adaptation du film de  Walt Disney ! Les costumes des comédiens sont très  étudiés. Chaque personnage possède une couleur  qui lui est propre. On sait alors tout de suite à quel monde ils appartiennent : Wendy et ses frères sont habillés tout en blanc ce qui représente leur pureté naïve et enfantine. Ils apparaissent vulnérables et sincères. Crochet et sa bande sont tous vêtus de noir, couleur inquiétante et maléfique. Clochette et Peter-Pan sont quant à eux en vert : ils appartiennent à une autre catégorie. Le vert est une couleur complexe : il y a plusieurs sortes de vert comme il y a plusieurs facettes dans la personnalité de Peter Pan. Il n’est pas enfant, ni adulte et manipule tout son monde.  Clochette a la même couleur que lui car elle est double face et fourbe. Le vert est peut être choisi car il porte malheur sur scène. (Guillaume)

             

            Des yeux noirs des visages blancs : le maquillage

            Les visages sont très blancs avec les contours des yeux et des sourcils très noirs. Les yeux sont maquillés avec de grand traits qui agrandissement le regard. Tous les comédiens ont le même maquillage qui les rend effrayants et qui crée une sorte de stupéfaction (Angela)

            Malgré ce maquillage blanc, chaque visage est unique car chaque trait noir marque une attitude et intensifie les caractéristiques des  personnages, qu’ils soient naïfs ou hostiles. Tout semble irréel merveilleux. (Guillaume)

            Quant au maquillage de Peter Pan, il semble davantage destiné à souligner la poésie et la beauté du personnage. Il nous fait penser, comme le costume, au chanteur David Bowie à l’époque de son célèbre disque Alladin Sane. » (Raphaël)

             

            Une boite à musique : l’univers sonore

            La précision des sons en lien avec les gestes des comédiens est impressionnante. Lorsque Clochette donne des coups de baguette on entend un « pschitt » ! Cet effet renforce l'aspect magique de l’univers qui est mis en scène. (Marilou)

            Lors de la scène sur le bateau des pirates, ces derniers veulent fuir le crocodile en se jetant à l'eau. On entend alors un « plouf ». Ce bruitage nous rappelle le monde de l'enfance et nous fait penser au dessin animé de Walt Disney. Enfin, certaines mélodies que joue l’orchestre nous font penser à une boite à musique qui permet de bercer les enfants le soir. (Raphaël)

            La musique contribue à faire de la pièce un univers plus cruel que celui du roman. Clochette avec des chansons gentilles-méchantes, lancinantes qui créent une peur sournoise. (Angela)

            La scène finale est la reprise par tous les comédiens d’une chanson sur la mort. Les paroles disent que la mort est le plus beau des voyages. Bob Wilson a choisi de telles paroles parce qu’en réalité ce que Peter Pan fait vivre à Wendy c’est un voyage, un voyage vers son monde, un monde qui est peut-être celui de la mort. (Clara)

             

            Du rire au sens : le jeu des comédiens

            Le jeu des comédiens est souvent très drôle, par exemple celui de la fée clochette, un personnage extravagant, très agité, ou celui du crocodile mangeur de réveil. (Clara)

            Au début de la pièce Peter Pan court sur scène saute et dit haut et fort : « Ich bin Peter Pan ! ». Cela a fait rire le public car nous l'avions justement tous reconnu. (Marilou)

            Pourtant, ce jeu très drôle suggère aussi beaucoup de choses : la mère de Wendy a une démarche très particulière, et on voit que cette démarche est adoptée par Wendy lorsqu’elle devient la mère des enfants oubliés, comme pour confirmer ce que pense Peter Pan : les mamans sont toutes les mêmes.  (Clara)

            Le capitaine Crochet, qui parlait calmement et avec un langage soutenu durant toute la pièce, dit au crocodile, juste avant de se faire manger : « Et maintenant bouffe le reste ! ». On sent son désespoir au fait qu’il parle de manière familière et en même temps, on ne peut s’empêcher de rire de sa formule. (Audrey)

            Lorsque la fée Clochette chante toute seule sur le devant du plateau, on a l'impression qu'elle se confie à nous, en nous avouant son amour pour Peter Pan. (Marilou)

             

            Peter Pan : un être fascinant parce qu’il est double

            J’ai vraiment  beaucoup aimé cette pièce de théâtre, la mise en scène est surprenante. Des le début de la pièce, j’ai été captivé. On rentre dans la pièce comme entrerait dans un rêve, on peut en sortir mais on veut bien y retourner. A la lecture du livre on se demande comment Bob Wilson mettra cela en scène. La réponse est : avec du talent et de l’imagination. Il y a de la magie dans cette pièce.  La séance passée, on n’oublie pas pour autant les personnages. L’ambiance de la pièce m’a fait penser au réalisateur Tim Burton avec ses personnages grimés et un peu fous. (Guillaume)

            J’ai beaucoup apprécié la mise en scène pour son ambiance contrastée avec à la fois des moments sombres et des chansons joyeuses ou des moments comiques. (Clara)

            La mise en scène m'a beaucoup plu, car je l'ai trouvée non seulement belle avec ses couleurs pâles et sombres, ses lumières qui tombent sur le plateau, ses nuages..., mais aussi très structurée et organisée. Le rythme du spectacle est entraînant et les acteurs savent tenir le public en haleine. (Marilou)

            A travers cette pièce on nous montre bien la difficulté de grandir, de partir du monde irréel des enfants, de quitter le cocon familial. (Angela)

            Dans cette œuvre, de nombreux éléments sont énigmatiques, ils permettent de faire appel à notre imagination. (Patryk)

            Pour moi,  le personnage de  Peter pan est fascinant  peut être parce qu’il est double. On pourrait peut être se faire avoir par lui car il est drôle et qu’il sait se montrer convaincant.  C’est un personnage complexe et on peut tous se retrouver à travers lui. (Guillaume)

             

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