Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 15/10/2019
      • POMPIERS : Jean-Daniel Patricot/Catherine Schaub (Théâtre du Rond Point)

          • SCÉNOGRAPHIE :

            On voit que la scène est divisée en deux : un mur de 3 mètres de larges et de haut, un morceau situé à jardin, un autre à cour, deux bancs en bois sont posés au milieu. C’est une scénographie assez simple. Cela représente la salle d’attente du tribunal, juste devant l’entrée de la salle des jugements. Les murs sont sombres, gris anthracite. Ces deux murs symbolisent les deux parties : l’accusé et la victime (Aminata).

            Ces murs sont disposés en oblique. Cela forme une sorte de passage, de porte, d’ouverture vers le tribunal. On ne voit pas ce qu’il y a derrière mais on l’imagine (Vincent). Chacun des deux comédiens a son espace. Le 3e mur, moins grand symbolise peut être le juge ou la justice ? Ou un médiateur ? Ce mur semble être métallique, il est sombre, semble lourd, il forme un contraste avec le costume blanc, la robe de la jeune fille (Julien)

            Ce mur qui occupe l’espace du plateau est important : il rappelle ce qui sépare les deux personnages, il fait penser aux expressions qui renvoient à l’impossibilité de communiquer : faire face à un mur, parler à un mur, un mur nous sépare.

             

            UTILISATION DE L’ESPACE PAR LES COMÉDIENS :

            Au départ, les deux comédiens se tournent presque le dos, il ne se voient pas (Pierre)

            Au début, le banc côté jardin est pour la fille, et le côté cour est pour le pompier, mais ensuite les positions varient (Oleg).

            Durant toute la pièce, ils sont à distance, parfois le pompier se rapproche, sans la toucher.

            Le seul moment où ils sont en contact physique c’est le moment où il essaie de lui prendre son sac, il la force, elle ne parle plus, elle s’accroche à son sac, elle est au sol, elle reste. Cette image fait penser à un viol (Anouk)

            Quand le pompier dit que c’est de sa faute, il la désigne des mains (Elyette)

            La mise en scène souligne la force psychologique du pompier : il la fait reculer, elle essaie de répondre, le rapport de force se traduit dans l’espace (Oleg).

            Quand il essaie de l’amadouer, il vient du même côté du mur qu’elle, il se rapproche (Elena). A la fin elle est côté cour et lui côté jardin : elle dit non, elle domine (Eva)

            Au début elle est sûre d’elle, et lui est défait (Vincent)

            La symbolique de l’espace suggère que quand on est à jardin, on a la justice avec soi, mais on est en position de faiblesse psychologique (la fille se sent faible, alors que le pompier domine psychologiquement, de l’autre côté c’est l’inverse. (Samuel)

            Le pompier est plus fort psychologiquement : il crie et avance sur elle, l’espace traduit le rapport de force (Oleg). Quand il vient lui dire des mots doux, il vient du côté des dominés, quand il se dispute, il va dans l’autre partie. (Eva)

             

            LUMIERES :

            Les lumières aussi ont leur symbolique : trois « douches » sont utilisées pour les moments de disputes, cela représente l’espace du conflit, cela les met en valeur. (Julien) Cette lumière qui délimite un espace au sol montre qu’ils sont enfermés dans leur logique (Elena)

            La lumière met en lumière leurs sentiments, les élève (Sarah).

            Vers la fin de la pièce, la lumière provient du fond du plateau, derrière les murs.

            L’entrée dans le tribunal la lumière extérieure s’assombrit à l’extérieur des murs, et seul le « contre » (la lumière venant du fond de scène) éclaire le plateau. Cette lumière vire au rouge. Puis un noir. On entend la vibration des infra basses : cela traduit peut-être le bruit des réactions du public à la sentence, ou bien le suspense… (Julien). On pense à l’écroulement d’un bâtiment après l’incendie, ou à la fin de l’espoir (Orlando). Puis on entend un souffle. Le noir se fait.

            Le pompier rit, il éprouve une joie folle. Il explique ce qu’il ressent. (Eva)

            Ce souffle, c’est le souffle du soulagement, c’est le coup qui devient caresse dont il parle ensuite (Vincent). C’est l’illusion de la justice qui s’évapore. (Sarah). C’est la sentence qui éteint l’incendie (Samuel). C’est la justice qui fait s’envoler l’espoir de la fille (Oleg)

             

            COSTUMES :

            La fille porte une salopette en jean bleu, un débardeur jaune moutarde, elle n’a pas de soutien gorge. Cette salopette donne l’impression qu’elle est habillé comme une enfant, qu’elle est un peu une enfant. Le fait qu’elle ne porte pas de soutien gorge va dans le même sens : c’est comme si elle n’avait pas conscience qu’elle est une femme, qu’elle a des formes. (Elena)

            Le pompier porte un T-shirt rouge qui évoque le costume de pompier il est moulé dans ses vêtements qui mettaient en valeur ses muscles. (Vincent, Oleg). Il porte des bottines qui évoque les rangers, c’est-à-dire des chaussures de type militaire (Vincent)

            Lorsque la fille met sa robe blanche, elle passe d’enfant au statut de femme. (Oleg). Le pompier critique d’ailleurs le fait qu’elle porte une robe, il lui dénie le droit d’en porter une. (Eva) Elle a un décolleté en V et des volants sur les bras. Son décolleté s’ouvre et laisse voir sa poitrine. On sent qu’elle n’a pas l’habitude de porter de robe ou que la robe n’est pas tout à fait à sa taille. (Eva).

             

            ELLE / LUI :

            La voix de la comédienne est une voix naïve, qui évoque la simplicité, l’enfance, l’innocence (Jean). C’est la voix de la naïveté contre la voix de la manipulation (Oleg)

            On observe les stratégies de manipulation du pompier à l’égard de la jeune fille et de la justice (Sarah). Le pompier dit des mots d’amour à la fille pour qu’elle change son histoire. Il lui promet de l’amour. Il s’approche d’elle, il vient sur son banc, il change de camp, puis revient à sa place initiale. (Pierre)

            Le pompier est très tendu, ses mains sont parfois ouvertes comme pour montrer son exaspération : on sent son potentiel de violence physique (Vincent).

            Il a du mal à maitriser son corps : il se frotte les yeux (Eva). La fin inverse le début : lorsqu’il apprend qu’il a gagné, il se sent fort, il veut montrer sa force.

            A cour, le personnage est en colère. Il cache sa tête dans les mains dans une attitude de désespoir, (Matéo)

             

            LE BAL : A un moment, les lumières baissent d’intensité, on entend la musique, la chanson, une boule disco est illuminée, cela crée une ambiance de bal. Elle commence à danser. Lui danse, il la voit, c’est lui qui s’avance vers elle, puis qui recule pour l’attirer (Elena) Elle entre dans un combat  qui est d’abord celui de la séduction (Kenza). C’est l’Image de l’harmonie possible du couple (Sarah). Le pompier réduit progressivement la distance des déplacements, il a une tactique d’approche.

             

            LA FIN : Lorsqu’elle l’entend dire qu’elle est normale, lorsqu’elle apprend que la justice la considère comme une adulte responsable, elle se métamorphose intérieurement. Elle devient capable de dire « non ». Ce sentiment qu’elle est normale lui donne l’envie de se respecter. Face à la demande insistante du pompier, elle hurle : « Non » et on pense à la phrase de Jane Fonda citée dans le dossier de presse du spectacle : « Non est une phrase complète ». Elle a perdu le procès, mais elle a gagné le respect d’elle-même. (Anouk)

             

             

            Comment la mise en scène de Pompiers donne-t-elle à voir l’évolution des rapports de domination entre les deux personnages ?

            En quoi ce dialogue est-il mis en scène comme un combat ?

            Comment évoluent les deux personnages au cours de cette mise en scène ?

            En quoi cette mise en scène questionne-t-elle notre difficulté à communiquer ?

            En quoi consiste la violence de la relation qui est mise en scène dans Pompiers ?

            Comment la mise en scène traduit-elle la violence des rapports dans Pompiers ?

            En quoi la mise en scène de Pompiers donne-t-elle à voir un trajet de libération ?

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