Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 29/03/2017
      • PROJETER NOTRE IMAGINAIRE : JECROISENUNSEULDIEU (Stefano Massini/Arnaud Meunier/Théâtre du Rond Point)

          • On pouvait avoir des appréhensions en allant voir ce spectacle car il repose sur une comédienne seule en scène et cela peut exiger beaucoup de la part du spectateur. Pourtant, On est complètement pris par la pièce, pendant toute la durée de la représentation (Avner). Le début du spectacle est particulièrement marquant, c’est le moment qui me reste le plus fortement en tête (Tania).

            Le texte peut sembler compliqué à la lecture mais la mise en scène le rend extrêmement clair, tout nous parvient, nous construisons naturellement le sens de cette action qui est pourtant complexe (Ambre).

            Le caractère dépouillé du décor nous permet d'imaginer énormément de choses. La mise en scène est subtile parce qu'elle semble assez neutre, mais avec de très légères variations, elle permet à chaque spectateur de projeter son imaginaire (Marine)

            Le jeu de Rachida Brakni est très impressionnant : elle passe avec une rapidité extrême d'une émotion à l'autre (Lola). Elle rend le texte vivant, elle porte tout, elle réussit à nous captiver du début à la fin (Camille).

            TROIS FEMMES, TROIS RELIGIONS, TROIS PORTES

            Trois portes sont placées sur le plateau, à cour, à jardin, au centre. On peut y voir une figuration des trois femmes qui s'expriment dans la pièce. Ces trois portes conduisent au même endroit : c’est peut-être une manière de montrer que ces femmes sont liées, que leur chemin aboutira au même endroit (Sylvain). On peut aussi considérer que les trois portes représentent les trois religions : face à face islam et judaïsme, au centre le christianisme, en observateur ? (Apolline)

            Une quatrième ouverture se trouve en hauteur, au dessus du plateau : elle diffuse de la lumière, des lumières de couleurs différentes, comme si chaque religion avait « sa » lumière spécifique. (Camille) Lorsqu’Eden Golan, la professeure, parle, on voit une lumière chaude apparaît, créant une ambiance rassurante. Lorsque c'est l'étudiante palestinienne, la lumière est blafarde, lugubre, l'environnement est plus froid, inquiétant (Ambre)

            Le fait que le sol soit en moquette permettait de laisser visible les traces de tous les pas : finalement, on avait le sentiment que les chemins de ces trois femmes se croisaient, qu’elles passaient parfois par le même chemin (Marine)

            Lorsque l'étudiante palestinienne intègre le groupe Al-qassam, la lumière est rouge : cela évoque le sang, la souffrance, l'enfer, ou bien au contraire la passion, ou encore la colère, ou le danger. On hésite entre plusieurs sens possibles, c’est toute la richesse de ce qui est proposé. Il n’y a pas un sens univoque (Lina)

            Lorsque l'Américaine est sur scène la lumière a des teintes verdâtres : cela fait écho au treillis des militaires. (Lucie)

            LUMIERES

            Contrairement aux indications données par Stefano Massini dans son texte, ce n'est pas la lumière qui permet d'identifier les différentes femmes, c’est un élément plus subtil, par exemple un geste qui suffit à les incarner. L'Américaine semblait être au garde à vous : elle avait les jambes bien plantées dans le sol, écartées, les bras dans le dos, mains tenues. La Palestinienne avait les poings serrés, l'air résolu (Lucie)

            Pendant les moments d'explosion, on voyait une lumière aveuglante, blanche, qui remplissait tout l'espace, qui dominait tout, comme un flash : cela traduisait le traumatisme, le choc, c'était envahissant. L'explosion ne faisait pas de bruit mais le silence était assourdissant (Mathilde)

            La pièce dans laquelle la comédienne se trouve est grise : sur les murs, un dégradé noir vers le bas, plus clair vers le haut : un blockhaus ? Une cellule de prison ? Un immeuble désaffecté ? (Emilia)

            Le haut du mur est très foncé, comme pesant, cela pèse sur eux, cela annonce la mort (Dong Nghi)

            Plus on monte, plus cela s'assombrit : une manière de dire que la religion pèse sur les personnages ? Sur leur vie ? Qu'elle l'assombrit ? (Apolline)

            Le décor est gris : cela suggère l'évolution des personnages, mais cela évoque surtout l'impossibilité de dire qu'il y a un camp « blanc » et un camp « noir », un camp « innocent » et un camp « coupable », que tout est mélangé, inextricable (Joseph, Cindy). Le noir et le blanc symbolisent le vrai ou le faux : ici, la pièce ne prend pas parti pour l'un ou l'autre camp, elle laisse le spectateur réfléchir (Dong Nghi)

            PRECISION DES GESTES

            Tout au long de la pièce, on sent une sorte de chorégraphie très fine : Rachida Brakni changeait de gestes ou de posture pour chaque femme incarnée : la professeure israëlienne croisait les bras et posait sa main sur son menton, sur son visage, la palestinienne était très droite , poings serrés, un peu raide.  Les mains avaient une importance très grande, y compris parce qu'elle n'avait pas d'accessoires : elle les faisait exister avec précision (Apolline)

            Le jeu de Rachida Brakni est d'une extrême précision, chaque geste, chaque déplacement a un sens, est fait avec une extrême concentration (Samuel). Elle est chargée d'une émotion très forte, qu'elle retient et projette sur le plateau.  (Mathilde)

            Vers la fin, elle fait une sorte de chorégraphie très légère qui évoque une prière, des gestes gracieux, souples, comme une danse. On ne l’associe pas forcément à une religion précise, c’est une sorte de rite (Marine)

             

            VARIETE DES VOIX

            Au-delà  des gestes, elle avait une voix ou une intonation différente pour chaque personnage : la palestinienne avait une voix jeune, la GI une voix plus grave, plus hachée, un peu stricte, énergique, autoritaire, l'universitaire une voix fluide, plus douce, sereine, suave (Camille)

            A certains moments, à son rythme de voix, on sent si c’est elle qui parle ou s’il s'agit de son interlocuteur (Avner)

            La comédienne met une émotion très intense dans son interprétation, ses larmes ont coulé à plusieurs reprises (Anaïs)

             

            LE SENS DE LA FIN

            Nous nous posons beaucoup de questions sur la fin du spectacle. L’avons-nous bien comprise ? A-t-elle un seul sens ? L’hésitation est-elle voulue par le texte ?

            On se pose d’abord des questions sur la jeune fille au sac à dos orange. Elle n'a peut-être pas de bombe, mais les GI tuent les trois femmes malgré tout, par précaution. Il y a trois femmes à la fin : on peut penser qu'elles n'ont rien à voir avec un attentat, qu'elles vont mourir pour rien ? (Tania)

            En tout cas, ce que la fin met en évidence, c’est le cliché « tu es voilée, donc tu es terroriste » car l'israélienne porte un foulard et elle est prise potentiellement pour une terroriste alors qu’elle est tout le contraire. (Anaïs)

            A la fin du spectacle, une fumée se dégage des cintres : que représente-t-elle ? C'est peut-être une image de la bombe qui explose (Tania, Jeanne)

            En même temps, cela avait l'air doux, calme, c'était contradictoire avec l'idée de bombe. Comme si la mort était plus douce que la vie dans cette angoisse, dans l'attente de l'événement. Comme une libération ? (Marine)

            La fumée qui enveloppe la comédienne est une image de la mort, on a l'impression qu'elle va disparaître dans cette vapeur (Garance, Apolline)

             

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