Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 29/10/2018
      • TEXTE REUNIFICATION (Ménage, séparation, mariage)

          • MENAGE

             

            NICOLE (passe la serpillère dans une quasi obscurité. Un homme pendu au dessus d’elle) : C’est dingue quand même. Faut qu’y répare, merde.

            FEMME DE MENAGE 2 (entrant, une lampe de poche à la main) : C’est pas la première fois que ça arrive ce genre de panne. Ils nous prennent vraiment pour des chauves souris. (Elle aperçoit le corps pendu). Nicole !

            NICOLE (continuant à travailler) : Quoi ?

            FEMME DE MENAGE 2 : Viens vers moi. Pose ta brosse.

            NICOLE : Qu’est-ce qui se passe ?

            FEMME DE MENAGE 2 : Viens vers moi. (La femme 1 remarque finalement le corps pendu, elle court vers la seconde, affolée. Un temps). C’est qui ?

            NICOLE : Viens, on va appeler… (la femme 2 se déplace vers le corps). Qu’est ce que tu fais ?

            FEMME 2 (s’approchant du corps avec la lampe) : C’est qui ce type ? C’est dingue de venir faire ça ici quand même.

            NICOLE : T’es dingue toi ?

            FEMME 2 (éclairant le corps et découvrant son identité) : Oh putain ! Elle est où Corinne ?

            NICOLE : Qu’est ce que tu racontes

            FEMME 2 : Le connard. Faut qu’on aille téléphoner.

            CORINNE (entrant avec un seau et un balai brosse à la main) : Vous êtes où ? Moi j’en ai marre. Qu’est ce que vous faites ? Qu’est-ce qu’y a ? Vous avez fini ?

            FEMME 2 : Non.

            Corinne, qui n’a pas remarqué le corps pendu, s’est arrêtée en dessous. Elle pose son seau et son balai.

            CORINNE : Vous en faites une de ces gueules. C’est vrai, on va finir par se faire virer si on continue comme ça. (sortant un paquet de cigarettes) Moi je m’en fous si je me fais virer, je vais bientôt toucher une pension alimentaire.

            FEMME 2 (mal à l’aise) : Ah oui ?

            CORINNE : Je blague, il la versera jamais. La gueule qu’il a faite hier quand le juge lui a dit la somme. (temps). Il n’y croyait pas que j’irais jusqu’au bout de ce divorce. (La lumière revient. Corinne au dessous du corps pendu ne remarque pas sa présence. Elle s’allume une cigarette). Ça part, ça revient. C’est grave ce qui se passe ici avec l’électricité.

            NICOLE cherchant à entraîner Corinne loin du corps : Bon, Corinne on va sortir.

            CORINNE : Sortir ? Pourquoi ?

            NICOLE : Faut qu’on te parle.

            CORINNE : Me parler de quoi ? On sort ? On finit pas ?

            NICOLE : On sort un petit moment d’abord.

            CORINNE : Vous voulez parler de quoi ?

            NICOLE : C’est au sujet de Patrice ? Il vous a téléphoné ? Il vous a dit qu’il allait tuer les enfants ? Je sais, il me l’a déjà dit.

            FEMMES 1 ET 2 : Ah bon ??

            CORINNE : Mes enfants sont chez ma sœur et elle vient de m’appeler. Vous voulez me parler de quoi ?

            NICOLE : De quelque chose. Mais pas ici.

            CORINNE : S’il vous a dit qu’il allait se remettre en couple avec la première connasse venue je le savais aussi.

            NICOLE : De toute façon t’en as plus rien à foutre ?

            CORINNE : Je sais que c’est pour m’emmerder qu’il dit ça.

            FEMME 2 : Après tout ce que tu as enduré avec ce mec.

            NICOLE : Viens Corinne, on va dehors.

            CORINNE : Je vais vous dire : je crois pas qu’il arrivera à se remettre avec quelqu’un. Il y croyait pas que j’irai au bout, donc il est bien emmerdé maintenant et il va bien en baver à son tour… C’est comme une stratégie dans ma tête… Aller au bout des choses, c’est une stratégie. Maintenant, avec le recul, il va se mettre à réfléchir. Il va prendre conscience de toutes ses conneries. (…) Quand il en pourra plus de cette situation, il sera obligé d’évoluer et alors… tout redeviendra possible à nouveau…

            FEMME 2 : Quoi ?

            CORINNE : On reprendra notre vie mais différemment… pas comme aujourd’hui, mais comme on était au début. Quand il était pas encore devenu comme il est maintenant. Je sais que c’est comme ça que les choses vont se passer. Alors rien à foutre de passer encore six mois, un an, encore séparés et divorcés. C’est mon Patrice, c’est mon grand amour, tout comme moi je sais que je suis son grand amour.

            NICOLE : Corinne, t’as pas arrêté de nous dire que t’en pouvais plus de lui.

            CORINNE (poursuivant sa pensée) : …ce que j’imagine en fait, je sais que c’est con, c’est qu’après qu’on se soit retrouvés et qu’il ait changé alors on se remariera. On se remariera en plus grand encore que la première fois parce que finalement l’amour c’est encore plus beau quand c’est difficile, quand c’est compliqué avec des épreuves. Ce sera lui qui me le redemandera et on le fera… Mais attention, j’ai dit à mes conditions, pas aux siennes…

            VOIX D’UN HOMME : Vous avez terminé ?

            NICOLE : Oui, tout va bien.

             

            SEPARATION

             

            HOMME 1 : C’est marrant, tu n’as jamais envie de parler avec les gens que moi je trouve sympathiques.

            MURIEL : Ah bon ? Tu trouves qu’ils étaient sympathiques ces gens ?

            HOMME 1 : Tu te moques de moi ?

            MURIEL : Mais non, j’étais un peu fatiguée, c’est tout.

            HOMME 2 : Bonsoir. (le couple s’arrête, se retourne vers la voix) Bonsoir Muriel.

            MURIEL : Oui ? C’est qui ?

            HOMME 2 : Je te laisse hésiter encore quelques secondes ? Tu veux ?

            MURIEL : Vous me connaissez ?

            HOMME 2 : Ben oui ! et toi aussi tu me connais je crois.

            MURIEL (reconnaissant l’homme, bouleversée) : C’est pas possible… je rêve… Qu’est-ce que c’est que ça. Cette histoire !

            HOMME 2 : C’est peu inattendu de me croiser ici j’imagine.

            MURIEL : C’est pas possible ?

            HOMME 2 (très ému) : Pardon je ne pouvais pas te laisser passer comme ça sur le chemin. Sans t’arrêter, sans t’adresser la parole.

            HOMME 1 (à la femme) : Tu parles plus ? (à l’inconnu) En tout cas, vous lui faites de l’effet.

            MURIEL : On s’est connus nous deux, il y a très longtemps.

            HOMME 1 : Ah bon.

            MURIEL : Et on n’en a jamais parlé toi et moi.

            HOMME 1 : Non je crois pas, je m’en souviendrais.

            MURIEL : Je ne savais pas comment t’en parler, c’est une histoire d’enfance.

            HOMME 1 : ah bon ? C’est pas grave, on n’est pas obligés de tout se dire. (A l’inconnu) Excusez-moi, vous faites quoi ici ? Vous êtes de la région ? Ou en vacances ?

            HOMME 2 : Non non, j’attendais Muriel. C’est tout.

            HOMME 1 : Vous attendiez le passage de Muriel ici ? A 11 heures du soir ? Mais comment vous saviez qu’elle passerait là ?

            HOMME 2 : Je savais que vous alliez venir par ici, alors je vous attendais.

            HOMME 1 : C’est quoi ces conneries à la fin ! Excuse-moi Muriel. Je m’en fous, tu parles à qui tu veux, tu fais ce que tu veux de ta vie. D’ailleurs on n’est pas mariés. Mais là, je veux juste qu’on me prenne pas pour un imbécile.

            MURIEL : J’ai pas les moyens de t’expliquer mieux la situation

            HOMME 1 : Vous aviez rendez-vous ? Y a pas de problème.

            MURIEL : Dis pas de bêtises (…)

            HOMME 1 : ALors explique-moi mieux !

            HOMME 2 : Pardon, je veux préciser quelque chose : il ne s’est rien passé entre votre femme et moi. Seulement un amour d’enfance, des choses d’enfants, c’est tout. L’essentiel a eu lieu dans la tête je crois.

            HOMME 1 : Ce n’est pas ma femme.

            HOMME 2  (s’approchant de plus en plus) : Muriel. Je suis venu jusqu’ici pour que tu viennes avec moi, comme on l’avait dit.

            MURIEL : Je comprends plus rien à tout ça.

            HOMME 2 : Tu n’as pas envie qu’on parle maintenant ?

            MURIEL : Où veux-tu qu’on parte maintenant ? Je comprends pas que tu puisses être là devant moi. Je deviens complètement dingue.

            HOMME 1 : Vous voulez quoi au juste exactement ? Je ne comprends pas bien. Je doute pas que vous ayez eu une grande histoire tous les deux mais à part ça si elle, elle n’a pas envie de vous suivre vous allez devoir la laisser tranquille.

            HOMME 2 : Je crois pas qu’elle n’ait pas envie de me suivre.

            MURIEL : Non je n’ai pas envie et j’ai très peur de toi.

            HOMME 2 : Il n’y a aucune raison d’avoir peur et je crois pas que tu as enterré tous tes désirs.

            MURIEL : La vie que j’ai me va très bien… Je t’ai oublié pour ce qui est de la vraie vie et pour l’autre vie tu m’accompagnes toujours et je n’ai pas besoin de plus.

            HOMME 2 : C’est pas vrai ce que tu dis, je te crois pas. Tu es déjà pleine d’amertume. Demande-lui à lui, lui-même l’a remarqué et il en souffre d’ailleurs. Il est incapable de te rendre heureuse.

            HOMME 1 : Il est complètement fracassé ce type.

            HOMME 2 : Excusez-moi si ce que je vous dis vous blesse, sincèrement. Muriel, arrête d’hésiter et viens, on part maintenant. (Il lui prend le bras)

            HOMME 1 : Laissez-la maintenant ! ça suffit ! Vous avez entendu ce qu’elle vous a dit, elle veut pas vous suivre.

            HOMME 2 : Viens avec moi.

            MURIEL : Tu devrais pas être là.

            HOMME 1 : Arrêtez maintenant, c’est bon. (à la femme) Sois plus claire avec lui aussi ! Vous vous embrouillez la tête tous les deux. (à l’homme) Arrêtez d’insister maintenant, c’est totalement irrespectueux votre attitude. C’est ma compagne et pour le moment c’est la femme de ma vie. Ma vie pas votre vie.

            HOMME 2 : Qu’est-ce que ça veut dire « pour le moment » ? Vous n’êtes pas très sûr de vous ?

            HOMME 1 : Mais ça va pas la tête ? Vous êtes totalement malade. Viens on se barre Muriel, j’en peux plus. (la femme ne bouge pas). Qu’est-ce que tu fais ? Qu’est-ce que tu fais ?

            MURIEL : Excuse-moi, je vais peut-être faire quelque chose que tu ne vas pas comprendre. (elle commence à partir avec le 2e homme)

            HOMME 1 : C'est-à-dire ?

            MURIEL : Je vais peut-être pas rentrer avec toi.

            HOMME 1 : Ca va pas ?

            MURIEL : Et je vais te laisser. Je vais y aller. Je vais aller avec lui. Je vais essayer. Je te jure, je comprends rien à ce qui se passe.

            HOMME 1 : Mais ça va pas, vous êtes totalement cinglés, je peux pas laisser faire ! La vie c’est pas ça. On décide pas comme ça Muriel. Muriel ! Muriel ! Muriel !

             

             

            MARIAGE

             

            Christelle (la future mariée), Caroline, Nathalie, Marie-Eve et Myriam (sœurs de Christelle), Christian (futur marié), le mari de Myriam.

            Christelle et Christian se dirigent vers la salle des mariés, suivis de Nathalie.

            CAROLINE : Christelle arrête-toi !

            CHRISTIAN : Quoi ?

            CHRISTELLE : Qu’est-ce qui se passe encore ?

            CAROLINE : Vous pouvez pas faire ça, c’est pas possible !

            CHRISTELLE : Tu… Quoi ? Qu’est-ce qui est pas possible ?

            CAROLINE : Vous pouvez pas vous marier, j’ai bien réfléchi… Je peux pas…

            NATHALIE : C’est quoi encore cette histoire Caroline ?

            CHRISTELLE : Et pourquoi s’il te plaît ?

            CAROLINE : Christelle, je crois que t’as pas conscience du mal que tu es en train de me faire.

            CHRISTIAN : Quoi ?

            CHRISTELLE : Ecoute Caroline, c’est très sérieux ce qui est en train de se passer dans ma vie aujourd’hui.

            CAROLINE : Je suis bien placée pour le savoir que c’est sérieux. C’est de ma vie dont il est question à moi aussi… Je crois que je survivrai pas si vous allez au bout de ce que vous faites.

            CHRISTELLE : Quoi ?

            CHRISTIAN : C’est quoi ce délire ?

            CHRISTELLE : T’as gâché une grande partie de la vie de notre famille… Mais aujourd’hui c’est plus possible, c’est mon mariage… Je te tue si tu fous ta merde.

            CAROLINE : Je te jure Christelle, c’est pas un coup de folie. C’est sérieux. Je te demande un vrai service de sœur, ne vous mariez pas. Je ne le supporterai pas.

            CHRISTELLE : T’es amoureuse de Christian ?

            CAROLINE : Oui, à la folie et lui aussi y m’aime… A la folie. Je le sais, je le sens.

            CHRISTIAN : M’enfin c’est quoi cette histoire ?

            CHRISTELLE : Et ça sort aujourd’hui ? C’est pour m’emmerder que tu fais ça ?

            MARIE EVE (entrant, affolée) : Qu’est-ce que vous foutez ? Y a un problème ?

            CHRISTELLE : C’est Caroline qui est en train de bousiller mon mariage.

            NATHALIE : Laisse-nous tranquille Caroline… Aujourd’hui on ne peut plus rien pour toi. Ce que tu fais là c’est très très grave, si tu gâches ce moment de la vie de Christelle personne ne te le pardonneras jamais dans la famille.

            CAROLINE : Vous comprenez vraiment rien on dirait.

            CHRISTIAN : Excusez-moi, ça me concerne un peu j’aimerais bien dire un mot…

            CHRISTELLE : Et depuis quand tu es amoureuse de Christian dis-moi ?

            MARIE EVE : Elle est amoureuse de Christian ?

            NATHALIE : Oui il paraît… Fallait s’y attendre… J’étais sûre qu’elle allait nous faire quelque chose aujourd’hui.

            MARIE EVE (entraînant Christelle) : Mais bordel, vous occupez pas d’elle, elle est en train de faire son cirque. Y a tout le monde là-bas qui est en train de se demander ce qui se passe. Allez foncez.

            CAROLINE : Putain tu me déçois toi aussi, je pensais pas !

            CHRISTELLE : Mais depuis quand est-ce que tu aimes Christian ?

            CAROLINE : Depuis qu’on est tout petits, depuis toujours !

            CHRISTIAN : N’importe quoi.

            NATHALIE : Mais c’est n’importe quoi, mais pourquoi on discute ?

            CHRISTELLE : Bon, ben voilà, admettons, mais aujourd’hui je l’aime, moi et c’est moi qu’il aime, lui. La preuve c’est qu’on se marie.

            NATHALIE : Mais pourquoi est-ce que tu discutes ?

            CAROLINE : Se marier c’est pas une preuve… Qui te dit qu’il t’aime vraiment toi et pas moi ?

            CHRISTELLE : Bon ben demande-lui !

            CHRISTIAN : Mais pourquoi est-ce que tu discutes avec elle alors que les gens nous attendent ?

            CAROLINE : N’essaie pas de fuir Christian.

            CHRISTELLE : Christian m’a choisie et je suis désolée pour toi, je ne savais pas que tu l’aimais secrètement.

            CAROLINE : Il m’aime aussi.

            CHRISTIAN : Mais c’est pas vrai.

            CAROLINE : Alors prouve-moi que tu l’aimes elle et pas moi.

            CHRISTIAN : Je me marie avec ta sœur et pas avec toi.

            CAROLINE : ça c’est pas une preuve, des tas de gens se marient par nécessité ou pour respecter une parole qu’ils ont donnée un jour où ils étaient bourrés par exemple. Mais toi c’est moi que tu aimes et tu le sais bien.

            NATHALIE : Bon là c’est grave ! C’est une très grosse crise.

            CAROLINE : Et la preuve c’est qu’on s’est embrassés, tu m’as embrassée. (aux autres) Il m’a embrassée…

            CHRISTELLE : Quoi ?

            NATHALIE : Quoi ?

            CHRISTIAN : Comment ça je t’ai embrassée ?

            MARIE EVE : Elle est folle !

            CAROLINE : Comment ça je suis folle, on ne s’est pas embrassés Christian ? Tu ne m’as pas embrassée ?

            CHRISTIAN : Tu veux tout détruire c’est ça ?

            CHRISTELLE : Vous vous êtes embrassés ?

            CHRISTIAN : Mais non !

            CAROLINE : Tu nies ? Quel jeu tu joues Christian ? Pourquoi tu mens ? Pourquoi tu veux te sacrifier comme ça en épousant Christelle alors que tu l’aimes seulement comme une amie et pas d’amour et que t’as surtout pitié d’elle, comme tu me l’as dit, parce qu’elle a beaucoup souffert avec son mari d’avant.

            CHRISTELLE : Bon, moi j’abandonne, j’arrête ! Allez dire à tout le monde qu’on annule. On arrête tout. Moi je rentre chez moi, j’en peux plus.

            NATHALIE : Mais ça va pas ? C’est pas parce qu’elle est malade et en crise que tu dois foutre ta vie en l’air… Sa maladie c’est d’essayer de détruire justement… Et elle est en train d’y arriver.

            CHRISTELLE : Et tu l’as embrassée ou tu l’as pas embrassée cette timbrée ? (temps). Réponds-moi s’il te plait !

            CHRISTIAN : On s’est fait un baiser, oui c’est vrai. Je sais pas pourquoi j’ai fait ça. C’était une impulsion. J’avais envie, un soir où j’étais perdu, en raccompagnant ta sœur en bagnole, mais le lendemain je lui ai parlé pour remettre les choses à leur place et on avait décidé de plus en rediscuter.

            CHRISTELLE : Oh làlàlà putain !!

            MARIE EVE : Tu l’as embrassée ?

            CHRISTIAN : Oui. Je sais c’est pas très intelligent.

            CAROLINE : Sois pas trop cruel avec moi s’il te plaît, je sais que tu veux la préserver elle mais quand même.

            CHRISTELLE : Mais pourquoi tu l’as embrassée ?

            NATHALIE : Elle est fragile, elle est malade, Christian. Tu savais bien le risque que tu prenais quand même en faisant ça !

            MYRIAM (entrant suivie de son mari) : Qu’est-ce qui se passe ici ? L’adjoint de la mairie doit partir dans deux minutes… Il est totalement fou de rage…

            LE MARI DE MYRIAM : Et il est vraiment con en plus.

            MYRIAM : Qu’est-ce qui se passe ?

            NATHALIE : C’est la crise.

            CHRISTELLE : Mais pourquoi t’as fait ça ?

            CHRISTIAN : Mais je sais pas, j’étais fatigué, c’est tout… Je l’ai embrassée, je lui ai pas fait l’amour.
            CAROLINE : C’était à deux doigts quand même.

            CHRISTIAN : Je l’ai embrassée on va pas sacrifier notre vie d’adultes et notre avenir pour un baiser. Merde.

            MARIE EVE : En fait t’as embrassé toutes les femmes de la famille toi ?

            CHRISTELLE : Qu’est-ce que tu veux dire ?

            MARIE EVE : Ben y a 5 ans on a eu notre petite embrassade à nous aussi Christian et moi, c’est tout.

            CHRISTIAN : Mais ça n’a rien à voir. C’est pas la même période en plus et c’était à une soirée et on était totalement ivres.

            LE MARI DE MYRIAM : On annule tout alors ? Bon ben je vais prévenir les autres.

            CHRISTIAN : Mais non ! Je rêve. Vous vous rendez compte qu’on est en train de foutre en l’air notre projet de vie à Christelle et à moi. Tout ça pour des histoires de baisers sur la bouche. C’est surréaliste. On se croirait dans une secte catholique au fin fond d’une campagne au XIXe siècle.

            CHRISTELLE : Pourquoi ? Etre évolué c’est séduire toutes les sœurs d’une même famille, c’est ça ?

            CHRISTIAN : Mais enfin tu dis n’importe quoi. On se connaît depuis toujours, toi et ta famille. Je connais toutes tes sœurs quasiment aussi bien que toi. J’étais même plus proche de Nathalie que de toi pendant longtemps

            CHRISTELLE : Oui mais avec Nathalie il s’est rien passé que je sache, c’est ce que tu m’as toujours dit.

            CHRISTIAN : Mais non…Demande-lui si tu veux.

            CHRISTELLE (elle pleure) : C’est horrible ce que je ressens Christian, comme ça d’un coup, c’est horrible. Nathalie m’a parlé il y a un an… quand notre relation à nous devenait sérieuse. Elle m’a dit qu’il s’était passé quelque chose entre vous quand vous étiez ados.

            CHRISTIAN : Oh làlàlàlàlàlà !!!

            MARIE EVE : Elle est vachement compliquée en fait cette situation !

            CAROLINE : Ce qui est bien je trouve, c’est que ça met bien en évidence que ce mariage est une erreur.

            CHRISTIAN (à Nathalie) : Mais putain, pourquoi est-ce que tu lui as dit ?

            NATHALIE : Parce que c’est la vérité… Je lui ai dit la vérité, c’est ma sœur quand même, elle venait de m’annoncer qu’elle était follement amoureuse de toi et que vous alliez peut-être vous marier.

            CHRISTIAN : Ohlàlàlàlàlà !!

            MARIE EVE : Vous vous êtes juste embrassés ou vous êtes allés plus loin ?

            NATHALIE : Non, on s’est juste embrassés, on a flirté pendan

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