Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 05/10/2016
      • UNE PRISON DE VERRE : NOBODY (Falk Richter-Cyril Teste/Monfort Théâtre)

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            OUVERTURE

            • Au début, tout est noir, sauf un espace où Jean Personne s'habille. Il met sa cravate, noue ses lacets, met sa montre. Il s'habille avec soin, il est élégant, il est bien coiffé, il est net. Il se prépare de manière méticuleuse. Cela donne de l'importance à ce qu'il va faire. On a le sentiment qu'il a des responsabilités, que son apparence a de l'importance. (Marion, Lilou, Thyl, Aurélien, Emilia)
            • Soudain, tout s'éclaire, et on découvre l'espace des bureaux, qui étaient invisible au départ. Cela surgit de manière surprenante (Thyl)
            • La musique est grave, elle instaure une forme de tension dramatique (Tania)
            • Sa voix est cassée, comme s'il était las, comme s'il manquait de vitalité (Vassilis)
            • Au début, Jean Personne parle d'une voie monocorde et mélancolique. Il n'en peut plus. Il est au bord de la rupture. (Marion, Thyl)

             

            PRISON DE VERRE

            • Il a une grande vitre entre les spectateurs et les comédiens : cela évoque les vitres des immeubles modernes. Cette vitre suggère une séparation, elle symbolise un enfermement : Jean est enfermé dans son travail, il en est prisonnier. Il ne rit pas, il n'a pas de vie privée, ne dort pas. Mais cet enfermement est invisible, transparent, insensible pour eux : ils ont l'impression d'être libres (Marion, Thyl) cela ressemblait à une prison transparente (Tania)
            • L'espace est placé sous le signe du blanc, tout est éclairé d'une lumière blanche et forte, comme dans un hôpital (Marion, Aurélien)
            • Dans cette vitre, nous voyons notre reflet : c'est notre univers qui est représenté sur scène ? Cela  nous renvoie à nous-mêmes ? (Joseph)
            • L'espace est éclairé par une lumière blanche, blafarde, sans couleur, il n'y a pas de vie (Emilia)
            • L'espace est compartimenté comme si ces employés devaient être dans des cases précises (Joseph)
            • Un espace à l'arrière symbolise la chambre : il est éclairé d'une lumière chaude, accueillante. On dirait un cocon douillet (Aurélien) Malgré tout, la chambre reste dépouillée, assez anonyme : comme s'il n'avait pas de vie privée (Lilou, Aurélien)
            • La seule lumière vient des bureaux, nous, nous étions dans le noir : un comédien dit : « j'ai l'impression qu'il fait tout le temps nuit ». Comme s'ils étaient dans une boite, dans une vie artificielle (Ulysse)

             

            LA VIE PRIVEE, QU’EST-CE QUE ÇA VEUT DIRE ?

            • La lumière du bureau est blanche, on ne sait pas s'il fait jour ou nuit (Ulysse)
            • Quand il est chez lui et qu'il y a la lumière, il reste dans l'espace du travail, comme s'il n'y avait pas de séparation entre espace professionnel et espace privé (Elian)
            • Il est froid avec sa femme : il ne la regarde jamais. Il est encore plus froid avec elle qu'avec ses collègues. Il est très fermé avec elle. Comme si il était contaminé par l'ambiance du travail dans sa vie privée (Paul)

             

            VISIONS

            • A chaque apparition de sa femme, elle avance tout droit avec une musique faible, elle regarde droit devant elle, comme s'ils étaient seuls, comme si elle était une apparition fantomatique. On a l'impression qu'elle est morte (Flavien)
            • Au début la mise en scène est très réaliste : on retrouve toutes les habitudes et les codes de la vie de bureau. Mais progressivement, des éléments fantastiques ou oniriques s'introduisent sur scène : cela rend compte de l'état intérieur de Jean Personne qui perd pied (Aurélien) et de la tension qui monte :  on voit alors des masques d'animaux faire irruption sur scène. L'homme qui a été licencié brutalement porte un masque d'oiseau et un autre le vise avec une carabine (Marion) : il est devenu un gibier ou un animal qu'on va exécuter sans pitié.

             

            CHASSEUR ET CHASSÉ

            • Régulièrement, on voit une femme convoquer les cadres de l'entreprise pour déterminer qui va partir. Elle leur pose des questions sur leur vie personnelle, leurs loisirs, elle est très intrusive. Elle fouille la vie affective des employés. On sent la pression qu'elle exerce. Cette femme est sérieuse, elle exprime peu d'émotion, elle est offensive. (Joseph)
            • Les employés sont souvent seuls lorsqu'ils sont convoqués : celui qui a son casque ne connaît que sa mère, il écoute une sorte de mantra pour se calmer (on l'entend en off, effet comique) ; un autre a été quitté par toute sa famille... Théophile)
            • A La fin, l'homme qui a été chassé est transformé en gibier... cela fait songer à un monde futuriste, à une élimination systématique et froide, comme dans des contre-utopies. On pense à 1984 par exemple, à ces mondes qui prétendent être parfaits et qui sont inhumains (Paul)

             

            LA PIECE ET LE FILM

            • La pièce est filmée en temps réel : les images sont montées en temps réel en régie pour former un film. On voit à la fois le film et la pièce. (Lola)
            • Le film nous permet de voir les acteurs de près, de saisir leurs émotions (Arthur)
            • Ils sont filmés également dans des lieux privés (toilettes) comme s'ils étaient observés, surveillés sans cesse (Emilia)
            • Le dispositif nous permet de choisir : soit nous regardons ce que la caméra veut nous montrer, soit nous regardons ce que nous voulons voir. Ce que nous montre la caméra n'est qu'une partie de ce qui existe. Tout ne s'arrête pas à l'image filmée, l'action, la vie, déborde le cadre (Thyl).

             

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