Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 13/01/2014
      • VENDRE A TOUT PRIX : La Grande et Fabuleuse histoire du commerce de J. Pommerat

          •  

            Samedi soir, nous découvrons une pièce de Joël Pommerat au Théâtre des Bouffes du Nord. Entre deux "noirs", comme par magie, le décor se transforme insensiblement. Nous passons de chambres en chambres.

            CHAMBRES D’HOTEL : TOUT CHANGE ET RIEN NE CHANGE

            La scène représente une chambre d’hôtel dans laquelle on retrouve lit, fauteuil, téléphone, télévision. A chaque soir sa chambre, qui n’est par ailleurs jamais la même tout en ayant la même atmosphère pesante digne d’un grand complot. Ces chambres constituent un point de rencontre nocturne pour ces vendeurs. Il y a tout un jeu autour du lit : à chaque scène, une personne y est adossée ou couchée. Le lit est le symbole du repos après une longue journée de travail. (Cristina)

            Cette scénographie est très sobre (un lit, une armoire, une table de chevet). Cette sobriété reflète bien le manque d’âme de ces chambres d’hôtel où vivent les représentants de commerce. Ils n’y prêtent pas attention tant ils sont obsédés par leur carnet de commande (Jean-Yves).

            Le téléphone, que l’on retrouve à chaque changement de décor, est le seul lien qui relie tous les personnages de cet huis-clos avec l’extérieur. On apprend par lui des nouvelles qui sont rarement bonnes : le divorce de l’un des vendeurs puis la séparation d’un autre.

            La télévision est un autre instrument d’ouverture sur l’extérieur, mais vers le marché économique et vers les mouvements sociaux et non plus vers la vie privée. La télévision donne des informations sur les moments de crise que traverse la société (il est question des manifestations de Mai 68).

            La scénographie joue un rôle important pour nous aider à situer l’action dans le temps. A un moment de la pièce, le décor est entièrement modifié : on passe d’un décor ancien, tout en bois marron, qui est l’indice des années 1960, à un décor moderne en laque blanche. Ce changement est aussi marqué par l’évolution du design du téléphone et de la télévision. Ce qui est étrange c’est que tout a changé mais que tout reste finalement semblable : un lit, une télévision, des fauteuils, un téléphone. Ce décor est toujours celui, anonyme, d’une chambre d’hôtel qui n’a rien de personnel. (Cristina)

             

            DEDANS / DEHORS : LA VIDEO

            On nous propose un court extrait vidéo sur un écran blanc, dans lequel on voit un enchaînement de couloirs et d’escaliers ainsi que des façades d’immeubles. Cela illustre la journée d’un vendeur, en accéléré. Cette courte vidéo permet de nous montrer le métier de ces hommes que nous ne voyons jamais en action à l’extérieur : nous ne les voyons qu’au moment du bilan du soir. Ce film permet aussi de séparer les années 1960 des années 2000. Elle offre en quelque sorte une représentation de la vie de Franck en accéléré : une suite d’escaliers à monter, de portes auxquelles il faut frapper, etc.  (Cristina)

            Dans le film, la caméra filme vers le bas des marches. Cette vidéo exprime une certaine monotonie, une sorte de fatigue et de tristesse. Elle donne l’impression que le vendeur marche lentement et tête baissée. (Raphaël)

          • photo Pommerat Histoire du commerce.jpg