Collège Lycée Montaigne Paris Ministère éducation nationale
      • Le 06/12/2015
      • "AU CINEMA, C'EST L'IMAGE QUI PRIME ; AU THEATRE, C'EST LE VERBE" : Rencontre avec Ronan Rivière, metteur en scène du Révizor

          •             Le 3 novembre, nous (la classe de 1ES3) avons rencontré Ronan Rivière, le metteur en scène d’une pièce que nous avions vue en octobre, Le Révizor, de Gogol.

                        Il est venu pour nous parler de la pièce, mais aussi de nos envies à nous de faire du théâtre, et le théâtre de demain.

                        Tout d’abord, qu’est-ce que le théâtre ? Sa définition à lui serait « la représentation d’une histoire vivante, incarnée et racontée à un public. » Ce qui fait la spécificité du théâtre, c’est que « chaque soir, c’est différent ».

                        Le metteur en scène a ensuite tourné la conversation vers la différence entre théâtre et cinéma. Avec l’interaction des élèves, on en a déduit que le cinéma se rapproche d’une certaine « perfection » au sens où l’on triche, avec l’aide de plusieurs prises de vue, et où l’on s’adapte à un certain public préalablement visé, ciblé : « l’œil s’adapte, le public s’adapte ». Au théâtre, on assiste à une véritable recherche, une prise de risques lorsque les comédiens tentent de nouvelles choses. Le spectateur voit les imperfections et les « fulgurances ». Il y a un contact d’homme à homme.

             

                        Il y a aussi ce qu’il appelle « l’écart poétique » : au cinéma, le texte n’est pas toujours de la grande littérature, alors que le théâtre est de la « poésie dramatique » : on a un travail sur les mots, le style, qui crée l’écart poétique entre l’art et la réalité, qu’on n’a pas toujours au cinéma.

                        Autre interrogation : qu’est-ce qui distingue œuvre d’art et œuvre industrielle ? L’œuvre d’art est un partage d’une expression personnelle, un travail des sentiments, alors que l’œuvre industrielle peut être définie comme « l’expression répertoriée d’un certain public pour plaire. » Il en vient même à expliquer cette différence par une comparaison entre haute gastronomie et Macdonald.

                        Au théâtre, c’est une création, c’est le verbe qui prime, la vie de troupe. Ce qu’il reproche au cinéma, c’est la neutralité de l’acteur qui n’a pas à faire preuve de virtuosité.

                        Le rôle de metteur en scène est d’apporter une certaine cohérence au groupe et de s’amuser ensemble. Il doit trouver les mots pour tirer le meilleur du comédien sans empiéter sur sa liberté de création afin de préserver sa spontanéité.

                        Mais revenons à la pièce. Gogol est considéré comme un illuminé. C’est lui qui ouvre le champ du fantastique en Russie. Sa pièce relève de l’absurde. Pour cela, R. R. a choisi un décor ouvert et adaptable. La fenêtre illuminée permet une ouverture sur l’univers extérieur, car la pièce est un enchaînement d’événements qui se passent dehors.

                        Cette pièce est une vision du passé, vu sous différents angles, mais l’histoire est toujours d’actualité.

            Emilie MORANDO

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